Ivres au volant à Monaco: deux conductrices récidivistes lourdement condamnées

Les prévenues, récidivistes, ont été condamnées à des peines de prison ferme et avec sursis pour avoir pris le volant sous l’emprise de l’alcool dans le périmètre du Carré d’Or.

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JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 26/09/2022 à 12:10, mis à jour le 26/09/2022 à 13:28
Le tribunal s’est montré ferme face à deux cas de récidive. Photo archives S. B.

Deux conductrices récidivistes ont comparu menottées à l’audience de flagrance de ce mercredi 21 septembre. L’une et l’autre avaient pris leurs véhicules en ayant consommé plusieurs verres d’alcool fort dans des établissements de nuit du Carré d’Or. Outre leurs condamnations à des peines d’emprisonnement ferme et assortie du sursis, elles ne pourront plus prendre le volant de leur voiture pendant quelque temps pour circuler en Principauté.

Ce n’était pas la première fois, en effet, qu’une Lituanienne d’une trentaine d’années se laissait aller à de capiteuses libations, qui lui avaient déjà valu de la prison avec sursis. Outre le 20 octobre 2019, le samedi 17 septembre 2022, dès potron-minet, au virage du Fairmont, elle heurtait avec sa Range Rover un véhicule qui s’engageait dans l’entrée du parking du palace. Les policiers, alertés, constataient l’état d’ébriété bien avancé de la ressortissante balte, confirmé par un test positif. Emmenée dans les locaux de la Sûreté publique, cette femme sans profession refusait toute opération supplémentaire.

Prison ferme et révocation du sursis

Pour compléter l’instruction de l’affaire, le président Jérôme Fougeras Lavergnolle a mitraillé de questions la prévenue. "Qu’aviez-vous bu pour vous retrouver dans un tel état d’ivresse?

- C’était au Twiga, a annoncé clairement l’intéressée, deux bouteilles de champagne partagées avec une autre personne. Je me sentais en état de conduire.

- Peut-être pas… Pourquoi avez-vous doublé sur la gauche le véhicule percuté?

 

- C’est parce que je conduisais avec des talons hauts…

- N’est-ce pas l’excès de champagne? Pourquoi avoir refusé de vous soumettre à un dépistage d’alcoolémie et salivaire après un accident de la circulation?

- Je craignais l’incompréhension à cause de la barrière de la langue.

- Vous êtes sans travail. De quoi vivez-vous?

- C’est mon fiancé qui m’aide financièrement."

 

À son tour, le substitut Emmanuelle Carniello a évoqué des faits et un comportement alcoolisé d’une femme très peu coopérante. "Avec une peine de prison sur la tête, vous avez encore consommé de l’alcool et pris le volant. C’était s’attendre au risque de partir en prison. Vous auriez dû appeler votre fiancé ou quelqu’un d’autre pour vous ramener à votre domicile de Roquebrune-Cap-Martin. Je requiers quinze jours de prison ferme et une interdiction de conduire conséquente."

Le tribunal a prononcé une peine de dix jours ferme et une interdiction de conduite en Principauté d’un an. La révocation du sursis alourdira le court séjour à la maison d’arrêt de huit jours supplémentaires. Au suivant !

Deux fois en 6 mois

C’est, cette foi, une jeune fille de 26 ans. L’affliction et la tristesse ont marqué son visage touché jusqu’aux larmes. Debout, dans le box, elle essaie bien d’esquisser quelque sourire pour masquer son émotion dépressive. Mais elle ne réussit pas à cacher cette sensation pénible ressentie de comparaître avec les "bracelets".

Et pour cause: le mercredi 21 septembre 2022, cette hôtesse d’accueil voulait prendre un verre avec des amies qu’elle rejoignait au "Tip-Top". Les verres de whisky s’enchaînaient et vers 3 heures, l’esprit plein de dévouement, elle proposait de ramener ses copines aux domiciles respectifs. Mais arrivée au niveau de l’Office du Tourisme, les policiers de faction contrôlaient sa Lancia. La conductrice affichait une alcoolémie de 0,90 mg/l.

Le président lui a rappelé une infraction identique "le 13 mars 2022, avec une peine d’amende de 700 euros. La première comparution ne vous avait pas servi de leçon?"

En réponse, cette résidente de Saint-Laurent-du-Var a déclaré: "Si j’avais su que j’étais au-dessus du taux, je rentrais au boulevard de Suisse, chez mon compagnon, à pied."

 

La parquetière s’est demandé s’il n’y avait pas plutôt un problème avec l’alcool? "Ce sont deux infractions identiques et très rapprochées dans le temps. Concernant la peine, on peut se poser la question de la liberté d’épreuve. Pour la dernière fois, et afin de souligner le danger de l’interdit, je sollicite trois mois assortie du sursis et une interdiction de conduire en Principauté."

Le tribunal a ramené les réquisitions du ministère public à trente jours de prison avec sursis et trois mois d’interdiction de conduire sur le territoire monégasque.

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