Ivre, le multirécidiviste frappe, blesse, crache et insulte les policiers venus lui apporter assistance à Monaco

Un jeune Monégasque, très éméché, a donné du fil à retordre aux agents venus le conduire au CHPG pour calmer son excitation. Condamné à trois mois ferme, sa peine a été doublée.

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JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 07/09/2022 à 15:01, mis à jour le 07/09/2022 à 14:08
Six agents de police ont eu besoin du renfort de pompiers pour maîtriser le prévenu, éméché et violent, au petit matin. Photo d'Illustration Jean-François Ottonello

Une incrimination a concentré l’attention des magistrats et avocats présents à l’audience de fragrance ce lundi. Celle de la violence couplée à des propos offensants, de la rébellion, des crachats, des coups… pour quatre fonctionnaires venus assister un jeune homme éméché et excité. Jusqu’à dégrader leur véhicule de fonction.

Le vendredi 2 septembre, ce Monégasque, rattrapé par de multiples problèmes familiaux, s’était attablé à La Rascasse avec un groupe de personnes pour oublier pendant un instant ses tourments. Mais l’excès de boissons aggravait plutôt sa misère présente.

Vers 3 heures, en effet, le service de sécurité l’expulsait de l’établissement de nuit du port Hercule après une altercation avec un client et alertait la Sûreté publique. Un simple échange de mauvais regards, sans raison apparente, avait suffi pour en venir aux mains et infliger au plaignant des lésions aux vertèbres cervicales. Arrivé menotté à l’audience, le prévenu n’a aucune souvenance de son comportement déplaisant. Mais il n’a pas contesté pour autant les infractions reprochées. Le président Jérôme Fougeras Lavergnolle est demeuré attentif au moindre détail tout au long de l’instruction du dossier.

"Nous étions obligés de déclencher la procédure d’urgence"

"La victime a été hospitalisée avec trois jours d’ITT. Les caméras ont confirmé votre emportement soudain et des témoins ont déclaré que vous l’aviez violemment poussé au sol. Quand deux policiers sont intervenus pour vous maîtriser et vous conduire au CHPG, vous leur avez craché dessus et donné des coups de tête. Certes, vous étiez tellement alcoolisé qu’à 11 heures, vous aviez encore un taux de 0,75 mg/l. Pourquoi pareil déchaînement de violences?"

Dans le box, ce personnage en recherche d’emploi ne se reconnaît aucune excuse, à part un état d’ébriété nuisible et une profonde affliction causée par un climat familial pénible. Qu’en est-il de la version des victimes? À tour de rôle, les fonctionnaires ont attesté du mépris du prévenu.

 

"Nous étions obligés de déclencher la procédure d’urgence. C’était une salve d’insultes, de coups, de jets de salive, de résistance impétueuse, note-t-on dans les récits des policiers humiliés. L’individu avait même brisé la porte arrière de notre véhicule à coups de pied. Malgré les renforts, avec six agents et quatre voitures, c’était bien insuffisant pour le calmer. Nous avons dû faire appel aux pompiers…"

Le président n’apprendra rien de plus de la part du prévenu qui s’est contenté d’une formule fastidieuse: "Je ne sais pas ce qu’il m’a pris!".

"L’obligation de soins ne sert à rien"

Son casier judiciaire monégasque est cependant plus bavard. "Vous avez commencé votre parcours délictuel à 16 ans, a relevé le magistrat. Stupéfiants, violences, consommation de drogue ont provoqué cinq comparutions devant ce même tribunal, accompagnées de mois de détention. Pourquoi vous ne travaillez pas?"

Le jeune homme a bien candidaté à divers postes. Mais essuyé chaque fois un refus compréhensible à cause de ses antécédents.

Voix des parties civiles, Me Hervé Campana a préféré faire court et saluer le professionnalisme des victimes face à l’irritation et à l’excitation d’un homme qu’il considérait d’emblée coupable. "Mes clients ont mis en danger leur sécurité afin de protéger le prévenu. Ses infractions sont gravissimes et tous ont subi d’importants dommages."

 

Pour le brigadier le plus atteint, il est réclamé la somme de 1.800 euros. Pour les trois autres demandeurs, 1.000 euros chacun. Le consommateur pris à partie à La Rascasse, encore porteur d’une minerve, après un rapide calcul de ses jours d’absence auprès de son employeur, a sollicité un montant de 400 euros.

Côté parquet, le substitut Emmanuelle Carniello s’en est tenu à la gravité des faits. "Le commun des mortels ne doit pas commettre de tels actes. On ne détruit pas! D’autant que ce n’est pas la première fois et ces infractions inadmissibles vont crescendo, avec les circonstances aggravantes de l’alcool. C’est un délinquant! Il avait toutes les cartes en main avec les mesures d’assistance et de surveillance de sa précédente peine. L’obligation de soins ne sert à rien. Je requiers six mois ferme et la révocation de la période en cours de la liberté d’épreuve."

Qu’en pense la défense? Son client n’aurait pas mauvaise presse…

"Son casier lui colle à la peau"

"C’est même un gentil garçon loin d’être stupide, d’après Me Clyde Billaud dans sa plaidoirie. Mais il a le don de faire n’importe quoi, car son casier lui colle à la peau. Aucun doute sur sa responsabilité: il a dépassé les bornes et il sera sanctionné. Mais ne le laissez pas fêter ses 25 ans à la maison d’arrêt. Il n’a aucun souci avec la Sûreté publique. Alors, six mois, est-ce une peine utile? Orientez plutôt votre décision sur l’intérêt du travail général et la poursuite de l’obligation de soins. Pour le dédommagement des parties civiles, nous nous en tiendrons à votre sagesse."

Si le tribunal a divisé de moitié les réquisitions du ministère public et révoqué le sursis de trois mois, le Monégasque passera ses prochains cent quatre-vingts jours en cellule. Il devra également verser une somme globale de 4.300€ aux parties civiles.

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