Rubriques




Se connecter à

Ivre, il tente de mordre un policier aux testicules

Un ressortissant allemand a comparu menotté devant le tribunal correctionnel de Monaco. L'homme, ivre au moment des faits, a notamment blessé des policiers en mordant et donnant des coups de tête.

JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 12/09/2018 à 08:30, mis à jour le 12/09/2018 à 08:31
Evidemment, le prévenu a plaidé le « trou noir ». Photo illustration JFO

Quand le prévenu apparaît menotté devant le tribunal correctionnel, il est très calme. Même larmoyant! Pourtant les infractions reprochées qui ont conduit ce ressortissant allemand à l'audience de flagrance forment une violation successive des lois dans un minimum de temps: outrages, rébellion, voies de fait, blessures… Avec quatre policiers pour victimes!

Alors, sans parler de virtuosité dans le délire, ce gérant de casino quinquagénaire assume ses actes… sans risque! Pendant toute la phase d'instruction, en effet, il semble faire l'éloge de la folie éthylique pour minimiser sa responsabilité. Il se gardera aussi de dénoncer ses travers alcooliques dans son étrange sermon, où il déplore son inconscience et une mémoire noyée au fond de la boisson…

Insultes et coups de boule

Malgré ses regrets, samedi dernier, vers 23h30, à la place d'Armes, cet homme était bel et bien ivre.

Au point d'obliger un chauffeur de bus de dénoncer ce client agressif, insultant, aux forces de l'ordre. D'autant qu'il le menaçait et rebutait le paiement du ticket!

 

Au moment du contrôle, agacé, surexcité, le ressortissant allemand distribuait insultes et coups de boule aux agents. Un fonctionnaire le repoussait pour se protéger et tentait de l'immobiliser pour le menotter. L'individu le mordait avidement jusqu'au sang!

Il lâchera l'avant-bras du policier sous une percussion de défense. Puis il tentera, sans succès, une morsure des testicules d'un autre agent. Conduit dans les locaux de la Sûreté publique, l'intéressé refusait toute vérification d'alcoolémie. Quant au policier blessé, il était transporté au CHPGpour être soigné. Une ITT de huit jours était prescrite pour ses lésions multiples.

À l'audience, au cours des débats, la présidente Geneviève Vallar exhorte le prévenu à expliquer les raisons de son comportement des plus violents. Qu'il s'explique sur la quantité d'alcool consommée mais aussi sur ses réponses évasives mises sur le compte de lacunes amnésiques.

"Je ne me souviens même pas d'être monté dans un bus, étaie le détenu. Et encore moins le nombre de bouteilles descendues…"

"C'est la première fois que je vois un individu aboyer avant de mordre"

Au moins trois, plus du schnaps, d'après une déclaration de sa compagne lettone, également ivre ce soir-là, avec un taux de 0,97 mg/l. "Avez-vous conscience des conséquences des faits?", s'inquiète la magistrate. Ivresse et ignorance favoriseront encore "le trou noir" du provocateur aux casiers vierges!

À la suite du témoignage de l'agent mordu, Me Hervé Campana, pour la partie civile, apparaît choqué.

 

"J'ai connu toutes sortes de comportements depuis que je défends les fonctionnaires. Mais c'est la première fois que je vois un individu aboyer avant de mordre. Des agents ont été blessés et les huit jours d'arrêt de travail donnent la mesure des compétences dommageables. Mon client sollicite la somme de 2.500 euros."

"Cet homme doit payer le prix"

Dans ses réquisitions, le premier substitut, Olivier Zamphiroff, évoque "un prévenu devenu un animal avec l'alcool. Pire: un robot insensible, déshumanisé par la boisson. Avec un groupe de motards qui s'arrête à Monaco, il va boire jusqu'à plus soif. C'est inadmissible! Arrêtons d'accuser l'alcool. Cet homme doit payer le prix. Faut-il prononcer une peine avec sursis parce qu'il est primo-délinquant ? Non ! Je réclame huit jours ferme et 5.000 euros d'amende."

En défense, Me Thomas Brezzo admet que le comportement de son client "doit déboucher sur une condamnation. Mais c'est un père de famille et il n'a jamais été condamné. Orientez-vous vers du sursis avec le régime de la liberté d'épreuve et le dédommagement de la partie civile. Prenez en compte son émotion dans le box. S'il a été très loin, je n'ai aucun doute sur sa volonté…"

Le tribunal prononcera la relaxe pour les violences, quinze jours avec sursis, 5.000 euros d'amende et 2.000 euros pour la partie civile. Le Parquet n'a pas caché l'éventuelle intention de faire appel de la décision.

Offre numérique MM+

...

commentaires

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.