Ivre au volant, il fournissait son passager en drogue: le dealer et le consommateurs condamnés

Repérés par les policiers, ils ont été interpellés en possession de plusieurs pochons de cocaïne. Le tribunal vient de les condamner récemment : un mois avec sursis pour chacun. Et une mention au casier judiciaire.

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JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 08/02/2022 à 05:06, mis à jour le 08/02/2022 à 11:33
Les deux prévenus écopent d’une peine avec sursis. Mais avec sur leur casier une mention pour trafic de stupéfiants. Photo Sébastien Botella

En marge d’une affaire d’importation de cocaïne depuis la Tunisie, un trafiquant de drogue s’en est tiré à bon compte. Il était interpellé le 3 juillet dernier, vers 4 heures, au moment de son retour sur le territoire monégasque, ivre au volant de son véhicule avec un taux de 0,58 mg/l.

Pochons de coke dans la voiture

Les policiers trouvaient des pochons de coke dans les vide-poches de la voiture, sur les tapis de sol et dans les poches des deux occupants.

Le conducteur, un ressortissant portugais, âgé de 27 ans, a été condamné à un mois d’emprisonnement avec sursis et 500 euros d’amende à l’issue de sa comparution devant le tribunal correctionnel. Son passager, un consommateur britannique de 39 ans absent à l’audience, a écopé de la même peine.

Au moment de rendre leur décision, les juges ont préféré mettre chacun des prévenus sur un pied d’égalité. Le premier, importateur de coke depuis la Tunisie retrouvée en Principauté, devait-il être jugé selon l’équité? L’appréciation est plus subtile de la part des magistrats.

D’abord, dans ses réquisitions, le procureur général adjoint Olivier Zamphiroff, n’apparaît ni clément ni laxiste. Au contraire, il préconise la sévérité et une réponse pénale exemplaire en matière de trafic de drogue avec une nuance d’importance.

 

"En étant au bout de la chaîne, il fait partie du cartel"

"Ce jeune ouvrier plaquiste continue à se perdre, alors qu’il travaille dans une société monégasque. Il ne s’agit pas de favoriser quelque éclat festif dans le milieu de la création. En étant au bout de la chaîne pour l’importation de cocaïne à Monaco, il fait partie du cartel. Comme c’est un primo-délinquant, la seule bienveillance c’est l’accession au sursis. Vous entrerez en voie de condamnation avec une sanction de trois mois d’emprisonnement assortie du sursis et une amende de 1.000 euros pour conduite en état d’ivresse."

A son tour, à l’issue du délibéré, le président Florestan Bellinzona est très clair au moment de rendre la décision: "Le tribunal vous condamne à un mois avec sursis et 500 euros d’amende. N’oubliez pas surtout, vous repartez cette fois avec un casier pour trafic de stupéfiants et une épée de Damoclès pendant cinq ans! Quant au second prévenu sa peine sera identique."

Stratégie payante des policiers

On apprendra également au cours de l’instruction du dossier, la stratégie payante des policiers. Vers 2h45, dans le périmètre d’un établissement réputé de la Darse sud, ils remarquaient le départ précipité de deux individus avec leur voiture.

Le numéro de la plaque d’immatriculation était aussitôt noté. Combien les agents avaient finement joué sur ce coup. Vers 4 heures, le même véhicule était aperçu dès son franchissement de la frontière ouest. Et c’était l’interpellation...

 

Au cours des débats, le passager n’apparaît pas comme une connaissance du dealer.

Cette nuit-là, il avait une envie de consommer et le trafiquant lui proposait d’aller se ravitailler en poudre blanche à Nice. Montant de la transaction: 400 euros.

A l’audience, le jeune prévenu essaiera de convaincre le tribunal de sa bonne foi entre regrets, pleurs et peur de perdre son emploi. "J’ai tout arrêté affirme-t-il. Je regrette cette erreur. Je suis si bien dans mon travail..."

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