Ivre après avoir raté un entretien d'embauche à Monaco, il agresse le pompier venu le secourir

Perturbé par un entretien d’embauche compromis, un quinquagénaire avait bu deux bouteilles d’alcool. Il a été condamné à dix jours de prison avec sursis.

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JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 13/12/2022 à 10:18, mis à jour le 13/12/2022 à 11:05
Un Niçois a bu jusqu'à l'ivresse après avoir raté son entretien d'embauche à Monaco Photo Sébastien Botella

"Fais du bien à Bertrand..." Ce proverbe populaire et très imagé symbolise l’ingratitude. Idéal pour spécifier une affaire de violences évoquée devant le tribunal correctionnel.

À la base, une banale histoire de débordement de force a provoqué la comparution d’un quinquagénaire niçois en fin de droits et au RSA.

Le 22 septembre dernier, il était venu en Principauté afin de postuler à un emploi. Mais à l’issue de l’entrevue avec le DRH d’une boîte d’intérim, la place convoitée était compromise. À cause de propos inconsidérés? Le président Jérôme Fougeras Lavergnolle s’est surtout intéressé aux raisons liées au comportement du prévenu.

"Je n’avais aucune souvenance"

"Ce même jour, vers 14h50, les services de secours étaient alertés pour conduire au CHPG une personne éprise de boisson titubant dans la gare SNCF. Pendant votre transport à l’hôpital, vous avez insulté et porté un coup au pompier qui vous accompagnait. Jusqu’à le blesser au biceps gauche. Pourquoi agir de la sorte envers une personne qui ne cherchait qu’à vous assister dans vos tourments?" Le Niçois, l’air accablé, a fait une triste confession sur un entretien d’embauche catastrophique.

"Tout avait foiré, a-t-il reconnu. J’étais très mal! Au point d’acheter deux bouteilles d’alcool fort pour boire et altérer ma mémoire, avant de retourner chez moi en train. Le coup porté? Je n’avais aucune souvenance sur les faits passés. J’en ai pris connaissance le lendemain, par l’OPJ, quand j’ai demandé les raisons de ma présence en garde à vue. Je suis navré... J’avais vraiment trop bu... Cet événement a été un élément déclencheur. J’ai consulté un médecin afin d’éviter pareil incident à l’avenir. Je sais trop ce que l’uniforme représente comme valeurs. Je ne suis pas violent..."

"Aucune animosité avec l’uniforme"

Suffirait-il toutefois de connaître son casier judiciaire français pour comprendre? Quatre condamnations pour conduite en état d’ivresse ont sanctionné le récidiviste depuis 2013. Si ce genre d’agitation gratuite est intolérable pour le responsable de corps, le conseil de la partie civile a employé les mots justes pour défendre "ce beau métier". "Un des plus nobles, pour Me Hervé Campana: porter secours aux personnes. Ce ne sont plus des violences verbales subies par mon client, mais physiques. S’il n’est pas blessé, il est là pour supporter l’action publique: l’euro symbolique."

Personne n’est contraint de boire jusqu’à l’ivresse pour le parquet. "Or, Monsieur a des problèmes avec l’alcool, en déduit le substitut Emmanuelle Carniello. Son casier français l’atteste. L’envoyer en prison n’est pas la bonne solution. Il peut bénéficier exceptionnellement d’un sursis monégasque à hauteur de quinze jours."

Pour la défense, seule la boisson a poussé son client vers ce comportement consternant. "Croyez-moi, il n’a aucune animosité avec l’uniforme. Cet homme doit cesser de se réfugier dans son addiction au moindre ennui. Il est mal à l’aise à cette audience. Il s’est rendu compte de l’impossibilité de poursuivre son existence de cette manière. Un travail difficile sur lui-même a été entrepris. C’est un prévenu sincère et accessible au sursis."

Le tribunal a acquiescé avec une peine de dix jours, plus le versement de l’euro symbolique à la partie civile.

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