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Interdit de territoire monégasque, un Géorgien revient et écope d'une 5e condamnation

Mis à jour le 09/05/2018 à 10:42 Publié le 09/05/2018 à 05:15
« Vous ne saviez pas qu'en descendant du train vous étiez à Monaco ? », a lancé le magistrat sur un ton caustique.

« Vous ne saviez pas qu'en descendant du train vous étiez à Monaco ? », a lancé le magistrat sur un ton caustique. Photo Cyril Dodergny

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Interdit de territoire monégasque, un Géorgien revient et écope d'une 5e condamnation

Ce n'est pas commode de reconnaître ses erreurs devant la Justice monégasque! Surtout quand on est confronté à une cinquième condamnation successive pour avoir pénétré sur le territoire de la Principauté, malgré une mesure de refoulement notifiée le 24 avril 2009.

C'est la situation vécue par un Géorgien de 45 ans, sans emploi, résidant à Beausoleil, présenté lundi après-midi à l'audience de flagrance du tribunal correctionnel. Cette infraction cache surtout une condition difficile à dénouer pour ce récidiviste marginal de nature bipolaire, réduit à vivre d'aumônes et de rapines.

Menotté et entouré du personnel pénitentiaire dans le box, le prévenu ne peut s'empêcher d'interrompre fréquemment le président Jérôme Fougeras Lavergnolle quand il établit la chronologie des faits. D'où quelques rappels à l'ordre sévères…

"J'ai été interné dix mois à Sainte-Marie"

Dimanche 6 mai, vers 19 heures, en gare de Monaco, un policier de faction identifie facilement l'individu qui emprunte l'escalator pour sortir de la station ferroviaire. C'est une vieille connaissance pour le fonctionnaire… Il l'interpelle dans la foulée et le conduit dans les locaux de la Sûreté publique.

"Vous ne saviez pas qu'en descendant du train vous étiez à Monaco?", lance sur un ton caustique le magistrat. "Je revenais de Nice où j'avais rencontré un prêtre qui m'aide financièrement, répond l'intéressé en mêlant insinuations et sous-entendus. À peine descendu sur le quai, je voulais vite rentrer à Beausoleil où je suis hébergé par une personne… Ne me faites pas rater mon prochain rendez-vous à la préfecture afin d'obtenir mon titre de séjour. Comprenez-moi ! Comment puis-je aller autrement chez moi sans passer par la gare?"

Le président est clair: "Vous devez vous arrêter à Cap-d'Ail ! Vous avez déjà été condamné quatre fois par ce tribunal pour la même infraction. La dernière date du 20 janvier dernier! Sans oublier de la prison en 2014, à Grasse, pour vols!"

Le Georgien, frondeur, estime: "Si je vole, c'est parce que je dois manger ! J'ai été interné dix mois à l'hôpital Sainte-Marie pour des troubles liés à la bipolarité. J'en suis sorti en septembre dernier. Cela à cause d'un accident de voiture à 19 ans avec un traumatisme crânien…"

"Il a besoin de ce titre de séjour"

Ce n'est pas suffisant pour émouvoir le procureur Alexia Brianti. "C'est la cinquième condamnation pour ce personnage récidiviste avec des peines comprises entre huit jours et un mois d'emprisonnement. La mesure de refoulement a été prise à la suite de faits concernant une mineure de 16 ans. Or, il n'a jamais demandé la main levée… J'ai peur que ce ne soit pas l'ultime fois que ce monsieur comparaisse… Compte tenu de ses antécédents, vous prononcez une peine de deux mois ferme!"

Mais pour Me Clyde Billaud, son client "n'est pas un vrai délinquant. Il était allé chercher de l'aide. Comme il a loupé le bus en partance pour Beausoleil, il ne pouvait plus rentrer chez lui s'il ne prenait pas le train. Cet homme cherche à s'en sortir. Il a besoin de ce titre de séjour pour obtenir l'allocation d'handicapé. Laissez-la avancer dans la vie…"

Le tribunal réduira les réquisitions du ministère public à quinze jours ferme.


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