Ils volent dans une pâtisserie de Monaco en pleine journée : 45 jours de prison ferme

Jeudi dernier, ils dérobaient un portefeuille, cinq cartes bancaires et 450 euros en espèces dans un local privatif du boulevard des Moulins. Avant d’être rattrapés.

Jean-Marie Fiorucci Publié le 12/08/2021 à 11:45, mis à jour le 12/08/2021 à 11:50
A Monaco, les voleurs ont tenté des retraits d’argent sans avoir les codes des cartes volées... Illustration NM

Quel culot ! Jeudi dernier, en fin d’après-midi, deux résidents du Luxembourg ont profité d’une réunion du personnel de l’enseigne Cova – 19, boulevard des Moulins – pour une brève incursion dans un local privatif. Ils ont pu faire main basse sur cinq cartes bancaires et 450 euros en numéraires laissés par le manager. Finalement, ce mini-cambriolage n’aura pas été payant.

Grâce à la réactivité des policiers, les suspects étaient placés en détention dans la soirée et présentés mardi après-midi devant le tribunal correctionnel. L’étudiant espagnol de 28 ans et son complice, un serveur français de 23 ans, ont comparu menottés à l’audience de flagrance.

Ils tentent de retirer de l’argent… sans codes


Comment les deux prévenus ont pu être confondus en un éclair au sortir de la pâtisserie ? Certes, ils avaient joué aux clients pour écarter d’éventuelles suspicions au moment d’entrer dans la boutique. Mais en quittant le local privatif, ils se retrouvaient nez à nez avec un membre du personnel.

Plus grotesque, ces touristes avaient effectué des tentatives de retraits dans des distributeurs automatiques de billets de la place des Moulins. Sans codes secrets, on a autant de chance de valider le bon numéro que de gagner le jackpot au Loto. Les établissements bancaires concernés informaient à leur tour la Sûreté publique.
Patiemment, le président Jérôme Fougeras Lavergnolle (*) a essayé d’obtenir la confession complète des deux individus dans le box.

On apprend juste que l’étudiant, en état d’ébriété avec 0,63 mg/l, était rentré le premier pour prendre le portefeuille. Puis, les deux compères se dirigeaient vers le quartier Saint-Charles avant d’essayer de piéger les cartes de crédit et de prendre un bus. Ils étaient interpellés une heure plus tard à la gare SNCF dans l’attente de prendre le train pour Nice. Mais que de variations dans les faits. Le magistrat est excédé par les différentes versions.

"Vous vous moquez du tribunal"


"Comment vous croire ? Qui dit la vérité ? Rien n’est cohérent dans vos comportements respectifs. Il y a la vidéo ! Vous vous moquez du tribunal !"

 


Le procureur général adjoint Olivier Zamphiroff n’en pensait pas moins. "À entendre les deux intéressés qui ne se connaissent pas, pas plus que le Luxembourg, ils espèrent la relaxe. Or, le local n’a pas pignon sur rue et le meneur se prétendait complètement saoul afin d’être dépossédé de son libre arbitre. Soyez ferme en prenant une décision lourde pour un vol ou l’on prétendait chercher des toilettes. C’était plutôt un lieu où il y avait un portefeuille. Policiers-pressions ? Vous connaissez l’équation. Il s’agit bien d’un délit très grave et d’une coaction dans la tentative de retrait. Même pour des primo-délinquants prévoyez de la prison ferme : six et trois mois."


Le tribunal condamnera les deux voleurs à la même peine : quarante-cinq jours ferme et le versement de 450 euros à la partie civile.

* Assesseurs : Alexia Brianti et Aline Brousse.

La défense plaide le sursis

La défense plaidera le contexte particulièrement confus, sans aucune intention de recel.
"Mon client (le serveur) ne faisait pas le guet, avance Me Maeva Zampori, et il n’avait pas plus de connaissance des faits commis par son ami. Traumatisé par le récent décès de sa mère, cela peut expliquer son comportement, sans pour autant l’excuser. Prenez en compte les quatre jours passés à la maison d’arrêt. Ne vous orientez pas vers une peine de prison ferme."


De son côté, Me Clyde Billaud s’est étonné que son client (l’étudiant) "n’ait pas pu bénéficier de l’assistance d’un avocat, même à 5 heures du matin. Sans plaider l’irresponsabilité pénale pour alcoolisation, il y a des mentions manquantes concernant le prévenu. Son casier est vierge ! Alors, comment expliquer une condamnation à l’identique d’un récidiviste ? Avec une lourde peine avec sursis, vous ne le reverrez plus…"

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