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Ils s'étaient fait passer pour des clients et avaient dérobé une montre à 47.000€ à Monaco

Mis à jour le 11/04/2019 à 08:29 Publié le 11/04/2019 à 08:04

Ils s'étaient fait passer pour des clients et avaient dérobé une montre à 47.000€ à Monaco

Un seul des trois auteurs du vol d'une montre de luxe dans une bijouterie de la Principauté, le 8 janvier 2016, était à la barre du tribunal correctionnel de Monaco, ce mercredi. Il écope de 18 mois de prison ferme. L'un des deux complices écope de la même peine, le troisième est relaxé au bénéfice du doute.

C’était le 8 janvier 2016. À 16h45, trois individus entraient dans la bijouterie Ciribelli du Metropole Shopping Center, pour acheter un bijou. À 16h57, ils repartaient avec une montre de luxe volée, en or rose, sertie de diamants, d’une valeur de 47.000.

À l’issue d’une longue enquête pour identifier les malfaiteurs, tous de nationalité roumaine et aux multiples alias, un seul a comparu, mercredi , menotté dans le box. Il s’agit de Traian Anghel, 29 ans, arrêté et extradé des États-Unis le 15 juin 2018. Incarcéré à la maison d’arrêt dès son arrivée en Principauté, le 29 août 2018, il a été condamné à 18 mois de prison ferme.

Une peine identique a été prononcée par défaut contre Milos Anghel. Ce quinquagénaire, désigné comme l’auteur principal du vol, était absent à l’audience.

Enfin, le troisième larron, un gaillard de 35 ans, également absent, a été relaxé.

Outre les réserves du magistrat instructeur, il n’avait pas été reconnu formellement sur les photos présentées aux témoins à la suite de la concordance des traces ADN relevées sur les lieux de l’infraction avec le fichier d’Interpol.

Vol avec subtilité

Au cours de la longue instruction de l’affaire, le président Jérôme Fougeras-Lavergnolle a analysé tous les points du dossier afin d’aboutir aux véritables responsabilités de chacun des prévenus. À commencer par l’audition des vendeuses et témoins, l’examen des enregistrements de la vidéosurveillance, autant publique que privée, le circuit de la Volkswagen utilisée par les voleurs pour rejoindre Monaco et immatriculée en Grande-Bretagne.

"Dans la bijouterie, raconte le magistrat, plusieurs modèles horlogers sont présentés. Le dénommé Milos en profite pour prendre la montre dans l’écrin et le refermer. Une manière de faire croire qu’elle est toujours à l’intérieur. Afin que l’employée ne reprenne pas le boîtier à main, car le poids est différent, vous la perturbez en voulant payer une partie par carte bancaire et l’autre en espèces. Comme il s’agit de dollars, une des préposées à la vente vous conduit dans un bureau de change. Là, vous disparaissez tous les trois. Cette attitude alerte la jeune femme. De retour dans la boutique, elle ouvre aussitôt l’écrin : la montre s’est volatilisée."

Le président signale aussi la présence du trio chez le vendeur de téléphone de luxe Atelcom. Mais les accessoires en plaqué or ne les intéressaient pas…

Puis, le 14 janvier 2016, un correspondant au fort accent italien appelle la bijouterie pour se renseigner sur le prix de la montre volée…

"J’ai seulement distrait la vendeuse"

Toutes ces assertions ne déstabilisent pas le prévenu. Dans le box, il reconnaît les faits mais rejette toute la responsabilité sur Milos. "Je vis en Allemagne. Comme deux amis allaient au pays, j’ai profité d’une place dans leur véhicule. J’ai donné 50 euros. Le vol était occasionnel. Je gagne peu en tant que mécano. Mon ami m’a promis de l’argent si je participais. J’ai simplement distrait la vendeuse. Milos a vendu la montre 8.000€. J’ai eu 1.800€."

Le président évoque un sacré détour « pour aller d’Allemagne en Roumanie en passant par Monaco. De plus, vous n’êtes jamais allé chez vous dans les Carpates. Que veniez-vous faire en Principauté ? » À part la visite d’un ami commun à Milan et la volonté de Milos de retourner en Allemagne, l’intéressé débite des explications alambiquées et peu crédibles.

Enfin, les casiers judiciaires roumains sont surchargés de nombreux vols, fraudes et escroqueries.

"On vous raconte n’importe quoi!"

À son tour, le premier substitut Cyrielle Colle dissèque parcours et comportements.

"On vous raconte n’importe quoi ! L’opportunité ? Les responsabilités étaient bien réparties. Notez combien ils sont calmes et efficaces au moment de voler. Ce sont des pros spécialisés dans les vols par ruse et ils font partie d’une famille au sens le plus large. Nous avons fait les frais de l’argent et du luxe présents à Monaco. Pour les deux personnages aux profils de délinquants, une peine de deux ans et mandat d’arrêt pour Milos. Le doute doit profiter au troisième prévenu : vous le relaxerez."

Pour la défense, un mode de vie itinérant n’est pas un indice pour commettre une infraction. "Mon client a succombé à cause de son existence précaire, prétend Me Stephan Pastor. Il n’intervient pas dans le vol. Son casier est rempli, mais par de petites condamnations. Quant aux alias, il faut savoir que chez les gitans roumains, au moment du mariage, l’homme prend le nom de l’épouse. Il a quatre enfants. Il ne demande qu’une chose : accomplir son devoir de mari."

Le tribunal conclura sur dix-huit mois ferme et la relaxe pour le troisième.


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