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Ils organisaient la prostitution de jeunes filles à Nice, deux individus condamnés

Deux individus venus de la région parisienne ont été condamnés jeudi pour proxénétisme aggravé. Ils avaient organisé la prostitution de deux jeunes filles, début décembre, à Nice.

FRANCK LECLERC Publié le 13/01/2022 à 10:28, mis à jour le 14/01/2022 à 10:13
Les deux prévenus encouraient dix ans d’emprisonnement. (Photo F.L.)

Yanis Chirrane reconnaît l’intégralité des faits. Safir Madani nie en bloc. Ils marchaient pourtant côte à côte lorsque la police municipale les a interpellés, le 5 décembre dernier à 6h du matin, avenue Jean-Médecin. Stoppés dans leur fuite alors que deux jeunes filles qui se prostituaient en partie pour leur compte venaient de les dénoncer.

C’est un "business" qui a mal tourné, pour reprendre le mot de Chirrane, 34 ans. Bac +3, études de commerce, licence de droit & immobilier. Auto-entrepeneur, à la tête d’une activité de destruction de nuisibles…

Tout se noue en novembre. Quand, via un site d’annonces, le jeune homme propose à une Parisienne de 21 ans d’assurer sa sécurité pendant qu’elle se livre à des relations sexuelles tarifées. La jeune femme a commencé à 15 ans. Sur une suggestion de Chirrane, elle convainc une amie âgée de 19 ans de l’accompagner lors du séjour que l’apprenti proxénète projette d’organiser sur la Côte.

Le scénario est rapidement bouclé. Chirrane réserve un hôtel près de la gare de Nice et loue pour la semaine un trois-pièces, rue Durante. Il passera les annonces et organisera l’agenda, occupant avec son ami Madani l’une des chambres, l’autre étant dévolue aux clients.

"Un business"

Chirrane prend quatre billets de train, le quatuor s’installe et les rendez-vous s’enchaînent. L’argent doit être équitablement réparti: c’est 50/50. Au début, tout se déroule comme prévu.

 

Le rythme est soutenu. Six passes le deuxième jour pour l’une des prostituées, soit un gain de 580 euros. Le troisième jour, dix clients se succèdent, pour un millier d’euros. Mais les deux jeunes femmes ont pris la liberté de sortir pour acheter des cigarettes, ce qui n’est pas du goût des deux hommes. Ils gardent tout l’argent, promettant de partager à la fin de la semaine. Rien ne va plus. L’atmosphère devient lourde, l’accord conclu à Paris n’est plus respecté. Les deux copines se concertent et ont vite fait de boucler leur valise. Elles prennent le large, non sans alerter la police.

À l’audience, Yanis Chirrane admet tout. Jusqu’au carnet sur lequel il tient la comptabilité "pour être sûr de ne pas (se) tromper". Il fait profil bas, mais n’élude pas sa responsabilité. "Malheureusement, je me suis trouvé embarqué dans un business dont je ne maîtrisais pas les rouages."

"Au courant de rien"

Attitude opposée pour Safir Madani. Qui n’a rien vu ni rien fait. Lui est venu à Nice en vacances pour passer du bon temps et sortir en boîte de nuit. Victime d’une agression à Paris, il a touché 32.000 euros, une somme versée par le fonds de garantie au nom de la solidarité nationale. Dans cet appartement de la rue Durante, en substance, il était là, mais pas tant que ça, tente-t-il de convaincre.

"Je sortais faire les courses ou je jouais à la PlayStation 5." Il le soutient: "Je n’étais au courant de rien. Si ça avait été le cas, j’aurais pris mes affaires et je serais parti." À ces mots, on perçoit sur le visage de son ami une réaction de surprise. Perplexité insondable, rien ne devant filtrer quant à une éventuelle mésentente.

Leurs avocats font profil bas. Car la procureure ne paraît pas avoir la main lourde. Me David-André Darmon, aux intérêts de Madani, estime qu’il n’y a pas eu de concertation entre son client et Chirrane. Et rappelle que les deux jeunes gens sont normalement insérés, chacun ayant une compagne et une formation, sinon un métier.

Le tribunal suit les réquisitions et condamne Yanis Chirrane et Safir Madani à dix-huit mois et un an ferme. Avec maintien en détention. Ils encouraient dix ans d’emprisonnement.

Offre numérique MM+

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