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Ils jetaient de la moutarde sur leurs victimes pour leur voler de l'argent

Mis à jour le 02/11/2019 à 08:44 Publié le 02/11/2019 à 08:44
Illustration.

Illustration. Photo Jean-François Ottonello

Ils jetaient de la moutarde sur leurs victimes pour leur voler de l'argent

Dans l’enceinte du musée océanographique, des voleurs ont utilisé une parade courante: le vol à la tache. L’objectif est d’asperger la victime afin de détourner son attention pour lui voler de l’argent.

Les techniques de vol sont légion. Toutefois, une parade utilisée par les pickpockets fait florès: le vol à la tache. Rien à voir avec un travail déterminé aux horaires obligés. Il en est tout autre.

Pendant les grandes périodes touristiques en Principauté, cette méthode a du succès! Il s’agit de maculer le vêtement d’une personne par inadvertance, avec un liquide bien onctueux. Peu importe si l’on utilise d’autres ingrédients!

La tâche est toujours la même. Une complice s’empresse aussitôt de nettoyer la salissure avec une assistance excessive afin d’éviter des frais de teinturier.

Manipulation subtile pour dérober l’argent

Mais cette attitude de componction revêt ces fourbes d’une livrée hypocrite qu’ils savent prendre à merveille pour délester les vacanciers de leur argent et autres moyens de paiement électronique.

Le procédé parait peut-être empirique, mais il fait recette aux fins de journée. Cette infraction de vol, rapportée en détail par le président Jérôme Fougeras Lavergnolle en l’absence de la prévenue, met en scène une certaine Rebecca aux multiples identités, âges et professions.

En fait, il s’agit d’une femme de 27 ans, connue pour se livrer à la prostitution en Espagne. "Elle est venue à Monaco en voiture depuis l’Italie, annonce le magistrat, en compagnie de deux hommes que l’on voit descendre du véhicule sur les enregistrements de la vidéosurveillance. Dans l’enceinte du musée océanographique, un des contrevenants asperge un touriste turc d’une préparation à base de moutarde. Une femme arrive et se propose de le nettoyer."

S’ensuit une manipulation subtile afin de dérober l’argent placé dans ses vêtements, par un transfert de poches en général. D’après la victime, 2.800€, 900$ et 170 livres turques, lui auraient été dérobés.

Un deuxième plaignant, originaire d’Anatolie, déplorait le vol de 870 euros et 3.000 livres turques. Enfin, une touriste japonaise était délestée de sa carte bancaire et de 25.000 yens, soit 190 euros. L’enquête de police a démontré que les délinquants utilisaient un véhicule de location.

"Une fois le larcin commis, poursuit le magistrat, le trio fuyait pour changer leurs vêtements. Au cours de sa garde à vue, on n’a rien retrouvé sur l’intéressée. Ni espèces ni carte bancaire. Elle a affirmé être âgée de 15 ans et forcée par ses deux tortionnaires de voler et de se prostituer.

Certainement pour bénéficier d’une éventuelle reconduite à la frontière. Au vu des images, cette femme ne semblait pas contrainte d’agir sous de tels ordres. Incarcérée le 18 mars 2018, elle a été libérée en mars dernier après une année de détention préventive."

"Du chantage pour amoindrir son action"

La décision du tribunal doit prendre en considération le retentissement de cette infraction pour Monaco, clame le premier substitut Olivier Zamphiroff.

"Vous êtes dans le cadre d’un réseau où la prévenue n’a fait que mentir, dissimuler, camoufler, jusqu’à se prétendre mineure. Du chantage pour amoindrir son action délinquante. Je regrette qu’un mandat d’arrêt n’ait pas été délivré pour un second personnage français qui a été identifié. Prononcer une condamnation de dix-huit mois plus mandat d’arrêt."

La défense n’est pas d’accord. "Son seul mensonge, relève Me Clyde Billaud, c’est d’avoir dissimulé son identité. À part cela, ma cliente a reconnu son seul rôle de distraire les personnes visées. Sa participation est mineure. Dans un contexte difficile pour élever ces deux petites filles, Madame avait certainement subi des pressions... Ne suivez pas le ministère public!" 

Le tribunal a opté pour huit mois ferme. Et symbolique, déduction faite de sa détention préventive.


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