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Ils étaient repartis avec 6 millions d'euros de butin, les braqueurs de la bijouterie Cartier à Monaco jugés jusqu'à lundi

Mis à jour le 12/12/2019 à 09:07 Publié le 12/12/2019 à 09:00
Le procès de deux des quatre braqueurs a débuté, ce mercredi, devant le tribunal criminel de Monaco.

Le procès de deux des quatre braqueurs a débuté, ce mercredi, devant le tribunal criminel de Monaco. Photo JMF

Ils étaient repartis avec 6 millions d'euros de butin, les braqueurs de la bijouterie Cartier à Monaco jugés jusqu'à lundi

Depuis ce mercredi et jusqu’à lundi prochain, Walid Bekkada et Sofiane Gallah sont jugés devant le Tribunal criminel. Ce mercredi, la présidente a reconstitué le scénario de cet incroyable vol à main armée.

Pléthore de policiers en état d’alerte et sécurité accrue dans le périmètre du palais de justice, hier matin, sur le Rocher. Ces forces de l’ordre apportaient protection au Tribunal criminel pour l’ouverture de la première des quatre journées consacrées au procès de deux braqueurs présumés de la bijouterie Cartier de Monte-Carlo : Walid Bekkada et Sofiane Gallah, respectivement 25 ans et 19 ans au moment des faits.

Deux autres malfaiteurs sont à ce jour incarcérés en France - ils seront jugés par la Cour d’assises des Alpes-Maritimes.

Dès l’arrivée des accusés, menottés dans le box, la présidente Françoise Carracha a orienté d’emblée les débats sur la reconstitution très précise du scénario de cette attaque à main armée digne des méthodes du grand banditisme.

Le 25 mars 2017, en plein après-midi, vers 15h45, une bande de malfaiteurs originaires des Hauts de Vallauris pénétraient avec les plus mauvaises intentions dans la luxueuse boutique de la place du Casino. Sept minutes plus tard, 127 bijoux pour un montant de 6 millions d’euros étaient dérobés - seules trois montres manquaient au moment de l’inventaire.

Les services opérationnels de la Sûreté publique déployaient aussitôt le plan de bouclage de la Principauté et de nombreux policiers convergeaient vers la place du Casino. De fuite en poursuite sur le territoire monégasque, les fonctionnaires maîtrisaient deux individus connus pour leurs lourds antécédents judiciaires en France.

Leur interpellation s’effectuait sans effusion de sang malgré deux des trois bandits armés de revolvers. Il n’y a eu ni tir de balles ni blessés, ni prise d’otage. Seulement sept personnes très choquées: les employés de chez Cartier.

Les quatre braqueurs sont repartis avec 127 bijoux d’une valeur de 6 millions d’euros.
Les quatre braqueurs sont repartis avec 127 bijoux d’une valeur de 6 millions d’euros. Photo archives M.A.

Au point de ne pas venir témoigner en personne à l’audience, ce mercredi, par peur de revoir ceux qui ont mutilé leur volonté de vivre normalement aujourd’hui. La crainte de représailles, les menaces de mort, les mots très durs prononcés le temps de dévaliser la boutique à l’époque ont altéré à tout jamais leur plaisir de vivre.

Seul l’agent de sécurité, à force de thérapies propices à redonner confiance en soi, a eu la force et le courage de venir témoigner à la barre. De raconter son calvaire gravé dans ses chairs à tout jamais. Ce samedi-là, il pleuvait fort. L’agent de sécurité voit apparaître devant la porte un homme sans cagoule, les cheveux longs. C’est Walid Bekkada.

"J’ouvre et, aussitôt à l’intérieur, il est extrêmement agressif avec un pistolet. Je me suis retrouvé au sous-sol où j’ai passé sept minutes à genoux. C’est énorme avec des braqueurs très stressés. Ils m’ont demandé le nombre d’employés présents dans le magasin. J’ai répondu sept, car je n’avais aucune envie de me prendre un coup de crosse dans la tête. Ils voulaient simplement des diamants et savoir où se situait le coffre. Ils étaient vindicatifs, agressifs. Le meneur m’a averti: “Si jamais je retourne en prison, j’envoie quelqu’un pour vous tuer !” Un seul a eu de l’empathie (c’est Sofiane Gallah, ndlr)"

L’agent de sécurité ajoute: "Ce braquage a eu des conséquences catastrophiques sur ma santé. Il n’y avait aucun client au moment de cette action. La police a agi avec un grand professionnalisme en restant au dehors de la boutique pendant tout le temps du braquage."

Le procès reprend ce jeudi matin à 9h30.

"L’intervention était musclée avec des armes de poing chargées"

Dossiers et pièces à conviction bien en place à l’ouverture du procès.
Dossiers et pièces à conviction bien en place à l’ouverture du procès. J.-M.F.

Le commandant de police, interrogé en premier par la présidente Françoise Carracha, a apporté à la barre, ce mercredi tous les éléments et les preuves récupérés sur les lieux.

"L’interpellation a été des plus mouvementées avec des coups de feu en direction des pneus du véhicule des braqueurs afin de les contraindre à s’arrêter. Puis, il y a eu l’incendie d’une Mégane sous le tunnel du Larvotto. Les occupants essayaient de dérober d’autres véhicules en menaçant les occupants. En vain!"

Les images de vidéosurveillance procurent des informations précieuses. Elles dévoilent le parcours sinueux des voleurs a travers les artères monégasques. S’ils arrivent à se dissimuler dans le flot de la circulation, l’importance des forces humaines déployées dans la Principauté permettra d’interpeller deux individus et découvrir les caches où les bijoux Cartier avaient été dissimulés.

"Au terme d’une enquête de voisinage méticuleuse et des auditions des témoins, le scénario du braquage est reconstitué avec les repères horaires. Au cours des interrogatoires, le premier personnage interpellé, Sofiane Gallah, évoque une participation réduite à l’attaque à main armée. Il avait rejoint l’équipe pour payer une dette grâce à l’argent promis. Le second, Walid Bekkada, s’est abrité derrière son droit au silence. Il est rentré le premier dans la bijouterie en brandissant, une fois à l’intérieur, une arme de poing et le chargeur engagé. Un troisième personnage également armé, Antonio Bova, a été interpellé sur le territoire français après avoir erré à Monaco. Le quatrième est identifié grâce à un client de la SBM. Les vidéos urbaines nous ont aidés à retrouver la trace de Selin Baroudi. Il a été mis en examen par le juge d’instruction français."

Pour le commandant, cet acte criminel "était prémédité avec un repère des lieux à deux reprises par le véhicule utilitaire emprunté par les malfaiteurs. Mais des erreurs ont été commises, comme la durée anormale du braquage et les fausses plaques apposées avec un simple morceau de ruban adhésif sur des véhicules volés. Ils ont été pris à leur propre piège".

Des images vidéo terrifiantes

Tous les faits et gestes des braqueurs ont été enregistrés sur les bandes de la vidéosurveillance de la boutique Cartier. Le tribunal a longuement observé ces images, hier. Elles viennent conforter les déclarations du commandant de police et le témoignage de l’agent de sécurité.

Une fois entré, le premier malfaiteur fait ouvrir la porte aux autres bandits en menaçant le vigile avec un pistolet. On voit ensuite les employés descendre au sous-sol, les mains sur la tête, puis s’agenouiller face contre terre.

Au moindre mouvement de tête, un voleur avec une casquette bien enfoncée sur le crâne, et le visage dissimulé par une grande écharpe, donne des ordres formels en appuyant ses propos de gestes verticaux du bras avec une arme à feu dans la main.

Pendant ce temps, les vitrines sont ouvertes et un voleur fait glisser les bijoux dans les sacs habituellement réservés à contenir les achats des clients. Un court instant, un couple de clients sonne. Walid Bekkada ôte son pardessus pour mimer un employé de la sécurité et indiquer par un geste des deux mains que la boutique est fermée.

Entre-temps, un vendeur panique et s’enferme dans les toilettes. Un autre, révolté par l’esprit de soumission, prend un coup de crosse dans le dos…

 


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