Ils avaient attaqué deux fois la même riche veuve dans sa villa de Cannes, les braqueurs jugés à Nice

En mars 2016, des hommes encagoulés avaient attaqué une riche veuve et son personnel. Après avoir vidé un coffre-fort, ils sont revenus le lendemain pour vider le second. Le procès a débuté à Nice.

Christophe Perrin Publié le 12/09/2022 à 21:50, mis à jour le 12/09/2022 à 21:55
Les malfaiteurs, très bien renseignés sur les habitudes de leurs victimes, avaient sévi avenue Sole Mio. (Photo Sébastien Botella)

Ils sont entrés dans la propriété avenue Sole Mio à Cannes grâce à une fourgonnette de La Poste volée trois jours plus tôt et équipée de fausses plaques d’immatriculation. Le matin du 26 mars 2016, des hommes encagoulés braquent le gardien, son épouse, puis l’auxiliaire de vie avant de débarquer dans la chambre de Paule, 78 ans, une retraitée aisée. Celle-ci hésite. Les malfaiteurs sont de plus en plus menaçants. Un coffre-fort est vidé de son contenu: bijoux, sacs de luxe et 11.000 euros en liquide. Paule explique à ses agresseurs qu’elle a égaré la clef du second coffre.

1 million d'euros de butin

Les malfaiteurs enferment le gardien dans le véhicule de la Poste et fuient à bord de la Mercedes de la propriétaire et de la Smart du personnel. Les deux voitures sont abandonnées à Vallauris.

Le lendemain, le 27 mars, Paule, à la santé fragile, tente de se remettre de ses émotions auprès de son fils. La police est venue relever les éventuelles incidences. Le soir, alors que la villa retrouve une certaine quiétude, deux braqueurs reviennent à la charge. Les mêmes. Ils ont manifestement trouver la clef manquante dans le premier coffre. Avec une audace singulière, ils reviennent attaquer Paule et son personnel et emportent de nouveau des bijoux de valeur. "Paule est malheureusement décédée pendant l’instruction mais le butin global est estimé par son fils à 1 million d’euros", confie Me Fabien Foucault, partie civile pour la famille de Paul et le couple de gardiens.

La brigade de répression du banditisme de la PJ de Nice a pu, après un an d’investigation et une étude poussée de la téléphonie, interpeller trois hommes de Cannes-La Bocca. Leur point de ralliement était un bar dans lequel le mari de l’aide-ménagère de Paule s’est montré beaucoup trop bavard. De quoi donner l’idée d’attaquer la retraitée, proie facile s’il en est, à son domicile?

Ce lundi, au premier jour du procès seul Emilio F., 31 ans, admet avoir participé au braquage de la vieille dame le 26 mars au matin. "Je reconnais le vol d’une plaque d’immatriculation, le vol de la camionnette mais pas le second vol du 27", précise cet ancien garçon boucher.

 

"Rien à voir avec les faits qu’on me reproche"

Son meilleur ami, Dylan F., 32 ans, ancien boucher également, dément, lui toute participation: "Je n’ai rien à voir avec tous les faits qu’on me reproche", affirme-t-il.

"Je conteste tout ce qu’on me reproche, tout", se défend à son tour Jean-Yves L., 51 ans, plutôt souriant et détendu dans le box des accusés. Crâne rasé, tatouages ostentatoires, il affirme sans ambages ne jamais avoir travaillé. Devant la présidente un peu surprise, le plus expérimenté des trois accusés s’explique: "Je n’ai qu’une jambe qui fonctionne. J’ai des femmes et des amis généreux. Pas besoin de voler." Son casier judiciaire qui comporte neuf condamnations, vient le contredire.

Le procès doit durer deux semaines. Deux femmes, accusées d’avoir encaissé de l’argent ou d’avoir vendu des bijoux provenant des deux vols à main armée, comparaissent libres. Le cas d’une troisième, très handicapée, a été disjoint.

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