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Il vole 7 bouteilles de grands vins à Monaco pour 1.213€

Mis à jour le 08/04/2018 à 12:57 Publié le 08/04/2018 à 13:45
Le voleur cachait les bouteilles dans son blouson.

Le voleur cachait les bouteilles dans son blouson. Photo archives Patrice Lapoirie

Il vole 7 bouteilles de grands vins à Monaco pour 1.213€

Le tribunal correctionnel de Monaco a prononcé une peine de deux mois d'emprisonnement avec sursis à l'encontre d'un sexagénaire qui avait volé cinq bouteilles de grands vins le 27 mars, puis deux autres mardi dernier. Le voleur échappe de peu à la prison ferme.

Vendredi 6 avril, à l’audience de flagrance, les juges du tribunal correctionnel ont condamné un sexagénaire monténégrin à deux mois d’emprisonnement avec sursis pour le maraudage de sept bouteilles de vins au "Marché U" de la Principauté.

Pourtant, le parquet avait requis un quantum identique mais ferme pour ce personnage visiblement surpris de se retrouver dans le box, menotté et encadré par le personnel pénitentiaire. Une petite victoire appréciée par son avocat, Me Clyde Billaud, quand la formation collégiale, à majorité féminine, a décidé de ne pas prolonger l’incarcération de son client.

7 Bouteilles cachées dans le blouson

La justice reprochait à cet individu, sans profession, deux vols de bouteilles des meilleurs crus dans le supermarché du boulevard Princesse-Charlotte, à Monte-Carlo.

Un premier larcin, le 27 mars 2018, avait éveillé les soupçons du gérant en constatant que cinq bouteilles de grands bordeaux, pour un montant de 865€, avaient disparu des rayons.

Un visionnage particulièrement attentif des images de vidéosurveillance permettait d’identifier le voleur et de révéler sa manière de procéder.

L’homme mettait les bouteilles de vin dans un panier, raconte le président Florestan Bellinzona, avec un demi-pack d’eau et une canette de bière. Puis, il se dirigeait vers une allée en retrait où il dissimulait dans son blouson les fameux vins fins.

Enfin, il se présentait aux caisses pour régler uniquement l’eau et la bière. Le signalement de l’aigrefin était fourni aux employés…"

"Je prends les bouteilles au hasard"

De tels errements allaient perdre le fautif lors de sa prochaine apparition dans ces mêmes lieux.

Mardi dernier, vers midi, une personne vient faire des emplettes dans la supérette. Elle correspond au profil du sexagénaire suspecté. Le gérant le surveille alors comme le lait sur le feu. Quand il sort, il le suit et lui demande d’ouvrir son blouson. Deux bouteilles de vin, pour un montant de 348€, étaient dissimulées dans ses poches intérieures. Les policiers sont alertés et le coupable reconnaît les faits.

Le voleur affirme que c’était sa première visite dans le libre-service. Mais quand on lui projette les images antérieures, il ne peut plus nier l’évidence. Alors il parle vaguement de deux ou trois visites…

À l’audience, le magistrat interroge le prévenu. Ce dernier, avec une grande économie de paroles, indique vivre dans l’indigence. "Je suis hébergé dans un foyer niçois et je n’ai pas d’emploi. Je subsiste difficilement avec quelques petits boulots au noir sur les chantiers qui me rapportent au plus 1.000 euros par mois."

Et les bouteilles? "Je les prends au hasard. Je n’ai pas fait attention aux prix. Elles ne sont pas destinées à la revente mais pour ma propre consommation, car je bois. J’ai une maladie qui me fait perdre la tête. Je regrette…"

Le président n’est pas dupe. "Pourquoi venir jusqu’à Monaco pour voler et plus spécialement dans ce supermarché?" L’intéressé, évasif: "Je ne sais pas. Je suis descendu du bus à Monte-Carlo et ça m’a pris sans raison."

Rectification du magistrat: "Peut-être parce qu’il n’y a pas d’antivol au Marché U. Je suis surpris que les produits n’aient pas d’étiquettes tarifaires, car la bouteille dérobée la moins chère coûte 135€. Votre casier monégasque est vierge mais le français comporte quatre condamnations pour vols et une interdiction de territoire pour trois ans, notifiée le 15 janvier 2016. En 2018, vous êtes toujours là!"

Deux fois ferme requis, sursis prononcé

Le procureur Alexia Brianti rappelle le modus operandi bien rodé du Monténégrin "qui se cache derrière un pilier et évite de se retrouver face aux caméras. Vend-il les bouteilles? Ou les boit-il? On ne le sait pas. Mais il est venu à Monaco pour voler. Avec treize pages de mentions sur son casier, il faut deux mois de prison ferme".

La défense trouve la peine bien trop sévère. "Ce sexagénaire vit seul, dans le dénuement, et il est tombé dans le piège de l’alcool. Il ne conteste rien. Pour assouvir sa soif, il fauche. Le gérant n’est pas là et mon client se propose de rembourser par de petits prélèvements…"

Il sera libéré, avec une peine de prison avec sursis.


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