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Il violente son épouse depuis plusieurs années à Monaco: un quadragénaire alcoolique condamné

L’homme de 40 ans a été condamné par le tribunal correctionnel de Monaco à six mois avec sursis et à une obligation de soins. Il devra, aussi, verser 1.000 euros à la partie civile.

JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 05/07/2022 à 09:41, mis à jour le 05/07/2022 à 14:48
Aujourd'hui, le couple réside encore ensemble en Principauté Photo archives Sébastien Botella

Petite et frêle, l’épouse, stoïque, est venue dénoncer, devant le tribunal correctionnel, un lourd passé avec son conjoint violent, essentiellement à cause de la boisson. Un ensemble d’actes, de propos, de comportements qui l’ont blessée sont détaillés. Au propre, avec une ITT le 26 octobre 2020. Comme au figuré puisqu’elle a été insultée, rabaissée, bousculée, de l’automne 2017 jusqu’à la même saison qui précédait l’hiver 2020.

Sans faire référence à la Convention d’Istanbul sur l’égalité hommes-femmes, la plaignante ne veut pas pour autant briser cette union conjugale, scellée au Pakistan en 2016. Ni enfreindre la conception de deux enfants, devenus des bambins qui ne demandent qu’à grandir dans le bonheur familial. Aujourd’hui le couple tient encore et réside depuis deux années en Principauté dans l’appartement de la mère de la victime.

Trois mains courantes

D’emblée, la défense se montre prête à livrer une bataille judiciaire offensive, car le dossier est sensible et les conséquences extrêmes.

L’avocate évoque longuement plusieurs difficultés, comme la localisation de l’infraction, l’impossibilité de se défendre par manque de témoignages. Jusqu’à reconnaître une "citation à comparaître totalement nulle"!

 

Le président Jérôme Fougeras Lavergnolle ne semble pas perturbé par la logorrhée et poursuit l’instruction de l’affaire. "Trois mains courantes témoignent de la situation conflictuelle dans le couple à la suite d’imprégnations d’alcool. Il faut ajouter des documents médicaux établis par le CHPG: blessures, éraflures superficielles… Actuellement, vous vivez sous le même toit. Avez-vous discuté pour arranger les histoires d’ivresse?" La victime estime qu’il y a du mieux, à part quelques excès de boissons encore effectifs. "C’est désagréable, car il pique des colères…"

À sa droite, le prévenu, un homme de 40 ans, conteste aussitôt les violences physiques. L’épouse reconnaît qu’au cours des premières altercations, "il n’y avait pas encore d’échanges de coups". "J’appelais la police afin d’empêcher que la situation s’envenime. Car mon mari était trop insistant dans nos rapports sexuels. Il me harcelait! Oui, j’ai souvent cédé pour avoir la paix. J’ai même entrepris des démarches afin qu’il rencontre un psychologue… Mais il a rechuté le 31 mai dernier… Aujourd’hui, je veux qu’il se soigne, pour moi et pour nos enfants".

Obligation de soins

Le conseil du quadragénaire revient à la charge. "Soi-disant, mon client, ivre, était menaçant. Les insultes et disputes étaient réciproques. Les bleus? Des inventions de Madame…"

Très attentive aux propos tenus, le substitut Emmanuelle Carniello analyse ce drame familial. "Madame souffre. Monsieur conteste tout ce qui lui est reproché. Or, une médecin a constaté que la victime s’est plainte de douleurs. Pour ces faits, il faut entrer en voie de condamnation, quoi qu’en dise le prévenu. Les violences psychologiques dans un contexte d’alcoolisation sont corroborées par des témoignages, des photos."

 

Et de poursuivre ex abrupto: "Des deux paroles, quelle est la plus crédible ? Cette femme porte sa famille à bout de bras parce qu’elle a besoin d’un père. Que soutient-elle financièrement? Des soins! Elle n’est sûrement pas dans l’exagération. Faites que l’on ne les revoit plus devant ce tribunal. Condamnez ce personnage nocif, pernicieux, à huit mois d’emprisonnement intégralement assortis du sursis et la liberté d’épreuve principale."

Après avoir longuement délibéré, le tribunal a réduit la peine à six mois avec sursis, le placement sous le régime de la liberté d’épreuve pendant deux ans, avec obligation de soins.

Le coupable devra verser à la partie civile la somme de 1.000 €.

La mauvaise décision de rester ensemble

Dans sa longue plaidoirie, Me Myriam Houam, du Barreau de Nice, va battre en brèche le crédit de la victime. "Mon client, je le répète, n’a jamais battu sa femme. Vous n’avez aucune trace des atrocités dénoncées. Aux services de police, Madame a demandé que son époux quitte le domicile conjugal en permanence. Cela consiste à dire je ne veux plus vivre avec mon conjoint! Alors il ne pourra plus voir ses enfants. Ne vous laissez pas prendre! La victime est une rentière qui n’a pas besoin de travailler. Et elle n’hésite pas à se jeter sur lui avec des ciseaux. Vous avez un couple qui a quinze ans de différence, qui ne partage rien et il est difficile de savoir où il réside véritablement. Ces deux personnes ont pris la mauvaise décision de rester ensemble. Monsieur n’est pas violent de nature : il ne fait qu’encaisser. C’est plutôt Madame qui agresse son époux. L’ébriété ? C’est quatre cas sur quatre ans. En fait, cette dame veut que vous condamniez son mari afin de conserver ses enfants. Rendez la décision la plus juste, la relaxe"

Offre numérique MM+

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