Rubriques




Se connecter à

"Il veut me buter": un père menace de tuer sa fille, la justice le rattrape à Monaco

Un père absent s’inquiète de la relation de sa progéniture. Dans ses messages, sous l’emprise de l’alcool, il la menace. Tout contact lui est dorénavant interdit pendant deux ans.

Jean-Marie Fiorucci Publié le 23/06/2021 à 15:21, mis à jour le 23/06/2021 à 15:00
Le prévenu était absent à l'audience. En garde à vue, il avait admis avoir eu ces mots sous la colère Photo d'illustration JFO

C’est l’épisode affligeant, attristant, d’un conflit entre un père et sa fille évoqué devant le tribunal correctionnel.

Rien n’est épargné à l’audience : les conséquences de la séparation, l’absence de consensus paternel, l’impact négatif d’une relation distante et sporadique, uniquement pas SMS.

Jusqu’à engendrer un climat de haine filicide.

Quelles sont les raisons d’un tel comportement de la part du géniteur? Il n’est pas présent à la barre pour en donner la véritable signification. Alors le président Jérôme Fougeras Lavergnolle veut faire toute la lumière sur cette causalité: est-ce le père qui fustige sa fille ou bien la fille qui provoque le père?

 

La fille: "Il était encore alcoolisé "

Le magistrat écoute la plaignante. "Nos rapports sont toujours compliqués. Il n’arrête pas de se vanter de s’occuper de moi. En fait, il raconte n’importe quoi. Je lui avais envoyé un message pour lui demander de ne plus mentir. Cela ne lui a pas plus. S’en est suivie une succession de menaces de sa part: je vais te casser les dents… Certes, il boit… Mais dans les deux derniers enregistrements audio, il veut me tordre le cou au fond d’une voiture et me buter. Il était évidemment encore alcoolisé…"

Pour pallier l’absence du prévenu, le président rapporte ses propos tenus en garde à vue.

"Votre père s’inquiétait de votre nouvelle relation. Il n’a rien contre vous. Mais il admet avoir eu ces mots sous la colère, en précisant qu’il ne mettrait jamais à exécution de telles menaces. Vous en seriez d’ailleurs consciente. Il s’excuse d’avoir pu prononcer ces violences verbales. Puis les contacts ont cessé. Cet homme a été condamné pour conduite en état d’ivresse à Monaco. À la même infraction en France s’ajoutent des sanctions pour outrages et agressivité."

Me Alice Pastor, conseil de la partie civile, fait part d’une opposition plus marquée.

 

L’avocat de la partie civile: "Le prévenu est violent et dangereux"

"Les parents se sont séparés quand ma cliente avait 6 ans. Si le père est totalement absent depuis sur le plan affectif et pour l’aider, en revanche il est omniprésent pour les désagréments. Depuis que sa fille est majeure, il se vante auprès de ses compagnes d’une bienveillance paternelle, alors que ses sentiments ne sont qu’une succession d’indifférences. Jamais un cadeau pour son anniversaire ni le moindre apport de tendresse. Le prévenu est violent, dangereux. Prévoyez 1.000 euros pour le préjudice moral et prononcez une mesure d’éloignement afin de ne plus craindre une éventuelle rencontre."

Dans ce genre de différend, il semble que les paroles ont dépassé la pensée.

"Les propos entendus ne sont pas ceux d’un père"

Pourtant, ce ne sera pas la piste retenue par le substitut Emmanuelle Carniello dans ses réquisitions. "Les propos entendus ne sont pas ceux d’un père. C’est clair: le respect n’est pas sa qualité première et ses antécédents démontrent un problème avec l’alcool et la violence. 

Offrez-lui une dernière chance: six mois d’emprisonnement avec obligation de soins pendant deux ans et l’interdiction de rentrer en contact avec la victime pendant une période identique."

Prison ferme et plus de contact téléphonique

Le tribunal sera plus sévère dans sa condamnation avec trois mois d’emprisonnement ferme. Les juges ont suivi le ministère public pour la période d’éloignement. Mais ils sont allés à l’encontre du bénéfice du sursis rattaché à l’obligation de soins et rajouté l’interdiction de tout contact téléphonique.

Offre numérique MM+

...

commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.