Rubriques




Se connecter à

Il tente d'étrangler son collègue de travail dans un parking à Monaco

Accusé d’avoir violenté son collègue dans un parking, le prévenu a évoqué des propos racistes pour justifier sa réaction épidermique. Revirement surprenant et vain

Jean-Marie Fiorucci Publié le 21/05/2021 à 11:03, mis à jour le 21/05/2021 à 11:01
Le fautif a été licencié après avoir frappé son collègue dans un parking. Photo JFO

Une affaire de violence a encore accaparé le tribunal correctionnel où il était question d’une relation tendue entre deux ouvriers du chantier de l’extension en mer. Le 21 décembre 2020, l’altercation verbale finissait en agression physique vers 16h30 au niveau -2 du parking du Larvotto.

Le salarié le plus coléreux frappait avec brutalité. Un témoin intervenait pour les séparer quand ce personnage, déchaîné, essayait de maîtriser son adversaire en pratiquant une clé d’étranglement.

À l’arrivée des policiers, la victime saignait encore du nez et des hématomes sur son visage attestaient de la puissance des coups de poing.

Quel différend a-t-il pu déclencher autant de haine avec six jours d’ITT? Un excès d’amour-propre!

 

"J’ai regretté. J’ai été licencié"

À la barre, en réponse aux interrogations du président Jérôme Fougeras Lavergnolle, le prévenu n’a pas accepté d’être sous-estimé, déprécié en vertu de son âge. "La relation conflictuelle avait débuté sur le chantier. Dans le parking, ce jeune homme m’a manqué de respect. Puis il a proféré des insultes racistes. Alors je l’ai frappé avec l’intention de l’étrangler. Ce n’est pas mon supérieur. Juste un collègue de travail. Cela étant, j’ai regretté. J’ai été licencié…"

Le plaignant a repoussé toute compensation financière à l’audience malgré une fracture du nez et une dent cassée. Mais il ne comprend toujours pas cette réaction comportementale violente pour une banale histoire de sémantique.

"Quand on travaille, pour aller plus vite je ne ponctue pas mes demandes par s’il te plaît, ou merci. Habituellement, on est complémentaire. Je ne lui ai jamais mal parlé et surtout pas insulté par rapport à sa couleur de peau. J’ai juste dit “dégage” sans connotation raciste. D’ailleurs, j’ai conservé mon emploi…"

Un autre étonnement a trouvé place dans les réquisitions du premier substitut, Julien Pronier. "À aucun moment il est fait mention d’insultes racistes dans l’audition du prévenu. C’est nouveau! Et le témoin n’évoque aucune problématique de cet ordre. De plus, la victime est présente à l’audience dans un souci d’apaisement. On est dans une incompréhension hiérarchique, liée à une différence d’âge qui n’est pas compatible avec un coup de poing. Sur un chantier, on sait comment cela se passe. L’absence de formule de politesse ne signifie pas un manque de respect. Cet homme est défavorablement connu en France pour son comportement violent. La peine doit être pédagogique: un mois avec sursis."

 

"La peine doit être pédagogique"

L’incompréhension dans ce dossier fait référence à une situation d’ancienneté pour la défense. "Oui, il y a des disproportions, a reconnu Me Pascal De Souza, du Barreau de Nice, et une incompréhension des mots. Je viens pour vous demander une clémence. Mon client est au chômage. Il a commencé une formation pour être chauffeur poids lourd. Il a pris conscience d’avoir donné un sens conflictuel à des mots et de s’être énervé. Adaptez votre peine à sa personnalité afin que sa condamnation ne l’empêche pas de retrouver son permis de travail."

Le tribunal a prononcé une peine quasi symbolique de dix jours avec sursis.

Offre numérique MM+

...

commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.