“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Il tend la photocopie d'une fausse attestation d'assurance, un réfugié syrien condamné à une amende avec sursis

Mis à jour le 08/08/2017 à 10:46 Publié le 08/08/2017 à 05:27
« C'est un étranger et on profite de son ignorance », a plaidé la défense.

« C'est un étranger et on profite de son ignorance », a plaidé la défense. Photo C.D.

Il tend la photocopie d'une fausse attestation d'assurance, un réfugié syrien condamné à une amende avec sursis

En avril dernier, un jeune réfugié syrien de vingt-et-un ans est contrôlé par la police monégasque. Au moment de présenter ses papiers, il tend la photocopie d'une fausse attestation d'assurance comportant le nom d'une femme. Le fautif écope d'une amende avec sursis.

Manque de chance pour ce ressortissant syrien de vingt-et-un ans. Le 4 avril dernier, il est contrôlé à l'entrée Ouest de la Principauté par une patrouille de police. Quand les agents lui demandent de s'arrêter et de présenter ses papiers, il tend aux forces de l'ordre la photocopie d'une attestation d'assurance où est mentionné le nom d'une dame. Les fonctionnaires contactent aussitôt la compagnie concernée afin de vérifier la validité du document. C'est un faux !

Pour cette infraction, ce natif d'Alep, distributeur de prospectus et marié sans enfants, a comparu devant le tribunal correctionnel. Au regard de sa situation très précaire, les juges l'ont condamné à une peine de 1.000 euros d'amende avec sursis. C'est-à-dire qu'il ne réglera pas le montant s'il ne commet pas un autre délit d'ici cinq ans. À l'audience, le président Florestan Bellinzona le somme de se justifier.

"Ce document, raconte le prévenu, a été acheté 300 euros pour économiser sur le paiement de la prime." Le magistrat, étonné, considère "qu'à peu de chose près, c'est le prix normal d'une police d'assurance".

Le fautif rectifie: "Oh non ! Je paye beaucoup plus car je suis dans la catégorie jeunes conducteurs…"

Quel qu'en soit le motif, le président rappelle à juste titre: "Si vous renversez quelqu'un, même en tant que bon conducteur, les frais à votre charge seront énormes. C'est d'ailleurs pour cette raison que ces contrats sont obligatoires!"

Un message d'humanité

La lourde situation humaine pour commencer sa vie en France sera évoquée par le procureur Alexia Brianti.

"Mais cet homme a fait le mauvais choix en ne mesurant aucunement les risques et conséquences. Il a même aggravé sa situation en produisant une fausse attestation. 300 euros c'est bien cher pour une assurance bidon ! Alors, l'intérêt de cette procédure tient à ce que Monsieur ne recommence plus : huit jours avec sursis."

À son tour, la défense rappellera la dimension humaine de ce dossier. "C'est un jeune homme martyrisé! Matraqué! Il poursuit ses études et s'investit. Il travaille en tant que manutentionnaire afin d'aider sa famille en Turquie qui a très froid. C'est un étranger et on profite de son ignorance. Montrez la plus grande clémence au regard de son profil."

Le tribunal aura compris le message.


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

La suite du direct