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Il s'offre un repas à 3.274€ dans un palace de Monaco et refuse de payer la note

Mis à jour le 16/01/2018 à 14:44 Publié le 16/01/2018 à 14:42
Le Néerlandais avait consommé pour 3.274 euros de mets et de bons vins.

Le Néerlandais avait consommé pour 3.274 euros de mets et de bons vins. Photo Michael Alesi

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Il s'offre un repas à 3.274€ dans un palace de Monaco et refuse de payer la note

Le tribunal correctionnel de Monaco a jugé, vendredi, un Néerlandais de 34 ans accusé d'avoir refusé de payer une note salée à l'issue d'un dîner gastronomique au restaurant du Métropole. Le prévenu, déjà condamné pour des faits similaires en 2016, a écopé d'un mois ferme.

Peter, un ressortissant néerlandais, est un adepte de l'art de manger sans payer. Surtout en Principauté où, pour la quatrième fois, il s'est offert un pantagruélique repas.

Le 5 janvier dernier, en effet, il n'a pas déboursé le moindre centime pour une note de 3.274 euros au restaurant de l'hôtel Métropole. Pas question de prendre le plat du jour! Cet individu glouton a commandé potage, tartare, deux côtes de bœuf, des légumes…

Pour éviter une éventuelle dyspepsie, il a accompagné ces mets raffinés d'une orange pressée, de trois bouteilles de «Cristal Roederer 1970» (970 euros l'unité) et quelques verres de "Johnny Walker"!

Lundi, à la précédente audience de flagrance, son conseil avait demandé une expertise psychiatrique, le prévenu ayant été déclaré irresponsable dans un dossier similaire au début de l'année 2017.

"Hébergé" entre-temps à la maison d'arrêt, ce personnage affamé a comparu le vendredi suivant devant le tribunal correctionnel.

Dans le box, le détenu apprend par le président Florestan Bellinzona qu'il n'est atteint d'aucun trouble et donc responsable de ses actes.

"Vous aimez vous faire remarquer, lance le magistrat. À votre arrivée à Monaco, au CHPG, vous faites du grabuge. Les policiers, alertés, vous reconnaissent. Ils vous ramènent à la Sûreté publique où ils vous notifient l'interdiction du territoire datée d'un arrêté de refoulement du 28 mars 2017. Vous êtes ramené à la frontière à Saint-Roman. Dans la soirée, vous vous présentez quand-même au restaurant de l'hôtel Métropole… Quand il faut régler l'addition, votre carte ne passe pas! Pourquoi ce retour?"

"J’entends des voix et les écoute afin d’éviter les ennuis"

Par l'intermédiaire d'une interprète, l'imposant prévenu déclare qu'il entend "des voix quand il n'est pas sous médicaments. Je les écoute afin d'éviter les pires ennuis. Je suis confus que les rapports ne disent pas la même chose…"

Le président note qu'il s'agissait de troubles bipolaires à l'époque.

"Mais le meilleur des psychiatres ne peut entendre les voix qui résonnent dans votre tête. À l'issue de votre examen, il n'apparaît ni trouble de l'humeur ni le moindre signe de confusion mentale et aucune dimension aliénante actuelle…"

Ce célibataire de trente-quatre ans décrit le cocktail de médicaments qui le stabilise. Il se considère comme un alcoolique notoire.

"Alors, ce sont vos hallucinations qui vous ont conduit à Monaco ?, lui demande le magistrat. Ce sont les voix qui vous ont conseillé de consommer mets de luxe, accompagnements et alcools de qualité ? Même affamé, vous n'êtes jamais rentré dans la pizzeria du stade…"

"Je pointe mon doigt au hasard sur les lignes du menu"

La réponse est surprenante: "Les voix m'ordonnent juste de manger. Comme je ne comprends pas le français, je pointe mon doigt au hasard sur les lignes du menu… Je suis gestionnaire de comptes. Toutefois ma maladie ne me permet pas de travailler. Alors, je reçois des aides de l'État belge où je réside actuellement…"

Le président note, outre deux condamnations à Monaco, que le prévenu est responsable d'une société avec des revenus de 2.300 euros mensuels plus les bonus!

"Je n'ai jamais dit cela ! Les policiers ont dû recopier les P.V. précédents! Quand on m'a interrogé, j'étais très fatigué!".

Après avoir évoqué les voix qui dictent uniquement des grivèleries et un rappel des faits, le procureur général adjoint Hervé Poinot a souligné la particularité de cet homme "qui vit aux frais du prince. Par ailleurs, il était porteur d'une carte prépayée cachée dans sa chaussure. Il avait en fait les moyens de payer… Tout est prémédité, réfléchi. C'est un manipulateur, un menteur. Il invente et construit pour profiter! La sanction doit être lourde afin qu'il sache qu'il n'est plus autorisé à revenir à Monaco: six mois ferme!"

La défense s'étonne de l'incohérence des deux rapports établis à un an d'intervalle.

"L'alcoolisme, note Me Stephan Pastor, est ressenti par ce malade comme un médicament qui va l'aider à retrouver la paix intérieure. Au Métropole, il ne se rend même pas compte qu'il doit payer. C'est caractéristique de la bipolarité. Il est dans le déni! Déclarez mon client irresponsable avec un discernement altéré. Faites preuve de clémence et réfléchissez plutôt à des soins pour lui permettre de repartir dans la vie".

Le tribunal condamnera le prévenu à une peine d'un mois ferme.

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