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Il s'en prend aux parties intimes du nouveau compagnon de son ex-femme et écope d'une amende

Au sortir d’une audience pour décider du droit de garde entre parents séparés, le père a eu ce geste déplacé envers le compagnon de son ex-épouse, à Monaco.

JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 18/03/2021 à 06:36, mis à jour le 18/03/2021 à 09:49
Au tribunal correctionnel, c’est une altercation musclée qui a été jugée sur fond de divorce et droit de garde. (Archive N.-M.)

Nouveau drame de la séparation dans un couple où l’importance des testicules était au centre de l’infraction évoquée devant le tribunal correctionnel. C’était au sortir d’une audience avec le juge tutélaire pour définir un droit de visite dans un conflit de garde d’enfant.

Ce 2 décembre 2020, en fin de matinée, le ton monte. Les insultes fusent et les provocations suivent. L’ex-concubin, mécontent du choix de la résidence habituelle pour son garçon, empoigne les parties intimes du nouveau compagnon de Madame au cours d’une rixe devant le palais de justice. Pour lui faire lâcher prise, afin d’enrayer la progression de la douleur, ce dernier lui administre une bonne gifle.

"Dès qu’il m’a aperçu, il a foncé vers moi"

La police intervient et les deux individus sont placés en garde à vue. À l’audience, ils sont à la fois cités comme prévenus et victimes. À la demande du président Jérôme Fougeras Lavergnolle, un quadragénaire monégasque, artisan chaudronnier s’approche de la barre. Il endosse le statut de plaignant car son adversaire a attenté à ses symboles de virilité.

Le magistrat l’interroge sur les raisons de sa présence ce jour-là après avoir retracé les faits.

 

"C’était à la demande de mon amie car elle craignait un comportement agressif de son ex-conjoint. Dès qu’il m’a aperçu, il a foncé vers moi, craché dessus, menacé de mort pour me provoquer. Dès qu’il m’a saisi les parties, j’ai fait le geste de la gifle…»

Ce mouvement du bras aurait eu pour effet d’arrêter la douloureuse pression sur la zone concernée de son anatomie.

Comment contrer ces propos, le second querelleur est absent. Puis les déclarations d’un témoin oculaire ne correspondent pas avec la description de la scène.

Quelle est la part de culpabilité de ce ressortissant italien de 37 ans, sans profession et refoulé de la Principauté dans ce « châtiment boursier « ?

 

Le président se réfère aux affirmations de cet autre plaignant, dont il détaille ses antécédents : non-présentation d’enfant, outrages à agent, violences.

"Vous l’auriez poussé et donné un coup par-derrière avec des traces rouges sur son visage", note le magistrat. Le Monégasque réfute cette version.

Vengeance ou légitime défense?

"Comme il a voulu éviter la gifle, il est tombé et il s’est cogné. Tout s’est passé très vite. Je ne lui ai jamais couru derrière. Je n’ai jamais été condamné…»

S’il est dommage de ne pas avoir les explications du prévenu absent, le Premier substitut Julien Pronier regrette que le second personnage n’exprime pas les faits avec franchise. Sa compagne a vu la saisie des testicules, puis plus rien car la suite concerne la partie adverse. Ajoutez le témoignage, et vous comprendrez que l’on est dans le désir de vengeance et pas du tout dans la logique de la légitime défense.

 

Le premier certificat mentionne un seul jour d’ITT. Puis, un second fait état de huit jours. Ce n’est pas sérieux. Vous prononcerez une peine d’un mois de prison ferme pour l’ex-concubin et une amende de 800 € euros pour le nouveau compagnon. Le tribunal sera plus clément avec une amende de 1.500 euros€ pour le premier prévenu plus le versement de 1 500 € euros à la partie civile. 500 euros d’amende pour le second et l’euro symbolique à l’autre partie civile.

* Assesseurs : M. Morgan Raymond et Mme Carole Delorme-Le Floch.

 

C’est "une atteinte à la dignité", estime Me Thomas Brezzo, conseil du Monégasque.

"Serrer les testicules d’un rival est un geste d’humiliation ! On voulait le faire sortir de ses gonds. Lui faire mal ! Pensez au calvaire de mon client. Il en est venu aux mains pour stopper cet acte odieux. Il est devant vous pour une gifle. C’est amplement mérité. La personne doit s’estimer chanceuse. Tapoter les parties génitales tient-il du cadre amical ? On est dans la concomitance. Non dans la vengeance. L’hématome est apparu plus tard. Le second certificat médical de huit jours n’a rien de complaisant. Relaxez mon client. Nous réclamons un préjudice total de 7 600€".

"Les réquisitions sont disproportionnées"

« On veut faire porter tout le poids de la faute à mon client », en déduit Me Sarah Filippi.

"Cela me gêne. Vous jugez un homme en détresse. Son ex-femme ne respecte pas les décisions de justice et prive la grand-mère de ses droits. Il ne supporte pas de voir le nouveau compagnon vivre avec son fils.

 

Les propos sont contradictoires. Si tout le monde avait été honnête on ne serait pas à cette audience. Il n’y a pas d’ITT : ces deux personnes ont eu la même réaction : courir chez un docteur. Les réquisitions sont disproportionnées. Déboutez l’autre partie civile et accordez-nous en tant que demandeur un euro…»

 

Les versions différentes de la défense

C’est "une atteinte à la dignité", estime Me Thomas Brezzo, conseil du Monégasque.

"Serrer les testicules d’un rival est un geste d’humiliation! On voulait le faire sortir de ses gonds. Lui faire mal! Pensez au calvaire de mon client. Il en est venu aux mains pour stopper cet acte odieux. Il est devant vous pour une gifle. C’est amplement mérité. La personne doit s’estimer chanceuse. Tapoter les parties génitales tient-il du cadre amical? On est dans la concomitance. Non dans la vengeance. L’hématome est apparu plus tard. Le second certificat médical de huit jours n’a rien de complaisant. Relaxez mon client. Nous réclamons un préjudice total de 7.600€".

"Les réquisitions sont disproportionnées"

"On veut faire porter tout le poids de la faute à mon client", en déduit Me Sarah Filippi.

"Cela me gêne. Vous jugez un homme en détresse. Son ex-femme ne respecte pas les décisions de justice et prive la grand-mère de ses droits. Il ne supporte pas de voir le nouveau compagnon vivre avec son fils. Les propos sont contradictoires. Si tout le monde avait été honnête on ne serait pas à cette audience. Il n’y a pas d’ITT: ces deux personnes ont eu la même réaction: courir chez un docteur. Les réquisitions sont disproportionnées. Déboutez l’autre partie civile et accordez-nous en tant que demandeur un euro…"

 

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