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Il se réfugie au Maroc et ne paie plus la pension alimentaire pour cause de la crise sanitaire: un ingénieur rattrapé par la justice monégasque

Parti vivre au Maroc après sa séparation, cet ingénieur a vu ses ressources financières se tarir avec la crise sanitaire jusqu’à ne plus verser de pension alimentaire.

JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 31/03/2022 à 09:19, mis à jour le 31/03/2022 à 08:42
Pour le parquet, la volonté du prévenu de ne pas payer était bel et bien volontaire. Photo Sébastien Botella

"Le Covid a bon dos! Le prévenu aurait perdu 75% de sa clientèle avec la pandémie. Or, il fournit les documents qui l’arrangent et il dissimule volontairement ses ressources réelles. Quel prétexte fantaisiste et fallacieux afin de se désintéresser de ses deux enfants! Quatre ordonnances ont fixé sa part contributive totale à 700 euros mensuels. À part des versements erratiques, Monsieur ne s’est jamais acquitté de ses dettes de 2020 à 2021. Pourtant son tribut à l’obligation familiale reste modeste. Mais il préfère privilégier ses conditions de vie après avoir émigré au Maroc. Les arriérés cumulent une somme de 5.572 euros. Ajoutez 10.000 euros pour le préjudice subi par cette bataille!"

"Il n’a pas pu être entendu"

Voix claironnante de la partie civile dans ce dossier d’abandon de famille, Me Jean-Charles Gardetto aligne tous les éléments afin de prouver que le prévenu est demeuré, en connaissance de cause, plus de deux mois sans s’acquitter du montant de la pension alimentaire. Une résistance fautive après sa condamnation à verser 350 euros par enfant à la suite d’une décision de justice?

Si le président Florestan Bellinzona confirme cette obligation pour l’entretien et l’éducation des enfants, il regrette l’absence de ce chef d’entreprise de 52 ans à la barre du tribunal. "Il n’a pas pu être entendu. Aucun élément ne vient à l’appui de la mauvaise situation financière de son entreprise causée par la crise sanitaire."

Du côté du parquet, on relève un art du spécieux de se contorsionner entre dirhams et euros. "Cet ingénieur a-t-il un loyer de 750 euros à Marrakech comme il le prétend? Ou plus vraisemblablement en devise locale, comme le relève le premier substitut Valérie Sagné. Il est alors riche au Maroc, surtout avec une somme de 1.811 euros relevée sur son compte. Sa volonté de ne pas payer est affichée."

 

"Il ne roule pas sur l’or"

Pour la parquetière l’élément intentionnel de l’infraction ne fait aucun doute en raison de l’absence de justifications sérieuses par le prévenu afin de prouver son impécuniosité. Il est requis un mois d’emprisonnement ferme.

Sollicitation insupportable pour la défense qui revendique d’emblée la relaxe. Et Me Hervé Campana s’explique. "On critique mon client parce qu’il n’a pas les moyens de faire le déplacement. C’est un consultant informatique. Il a besoin de travailler. Il ne roule pas sur l’or. Outre des arriérés réglés depuis février 2020, ce père met à disposition de ses enfants des cartes bancaires pour leurs dépenses, environ 3.000 euros. La victime ne peut pas demander des arriérés. Si Madame n’a pas de moyens financiers suffisants, pourquoi réside-t-elle encore à Monaco? Sa demande est vindicative. Ramenez ses exigences à de plus justes proportions."

Le tribunal s’en tiendra à trois mois avec sursis, l’irrecevabilité du paiement des arriérés et 1.500 euros pour le préjudice moral.

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