Rubriques




Se connecter à

Il roule en deux-roues sans permis et renverse un piéton: un entrepreneur condamné à Monaco

L’accident s’est produit alors que le prévenu roulait en deux roues sans permis de conduire. Lors de la récente audience au tribunal correctionnel de Monaco, la défense n’a pas pu prouvé que le choc était involontaire.

JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 23/03/2022 à 05:02, mis à jour le 23/03/2022 à 13:38
Le prévenu a écopé de deux mois de prison avec sursis. Photo d'illustration Jean-François Ottonello

Le 21 août dernier à Monaco, un homme empruntait le scooter d’un ami pour retrouver son domicile. Vers 13h13, la tête tournée vers la gauche, il ne pouvait éviter une personne qui traversait la chaussée à l’opposé, en dehors du passage protégé.

L’accident se produisait sur le boulevard Princesse-Charlotte, à hauteur de l’immeuble "Le Victoria", peu après la rue du Berceau. Sérieusement blessée, la victime était transportée au CHPG.

Le pilote du deux-roues vient de comparaître devant le tribunal correctionnel pour blessures involontaires et défaut de permis de conduire.

70 jours d’ITT pour la victime

À l’audience, le président Florestan Bellinzona a commenté l’événement imprévu qui a entraîné une hospitalisation. "Vous avez déclaré aux policiers regarder les gens devant l’arrêt bus, sans vous préoccuper de voir si un piéton avait l’intention de traverser. Et vous n’aviez pas de permis! Si l’assurance ne couvre pas le sinistre, soixante-dix jours d’ITT ça fait mal au portefeuille." Le prévenu, âgé de 27 ans, a l’air contrit de sa maladresse et il a assuré les juges de prendre actuellement des leçons de conduite.

Cependant, Me Maeva Zampori, conseil de la partie civile, va vite réagir. "Monsieur essaie de se déresponsabiliser. Certes, ma cliente traversait à 3 mètres du passage protégé. Mais il ressort des images de la vidéosurveillance qu’il n’aurait pas vu la victime, même si elle avait traversé dans les clous: il regardait du côté opposé. C’est grave un traumatisme crânien, des maux de dos, des pertes d’équilibre... Nous sollicitions le versement d’une provision de 3.000 euros."

 

Faute d’inattention aggravée ou maladresse?

Cette vision de l’accident est partagée par le premier substitut Valérie Saigné. "On ne peut exclure la responsabilité du pilote. C’est bien une faute d’inattention aggravée par une conduite sans permis qui est reprochée à cet autoentrepreneur. La peine? Il faut prendre en compte les difficultés financières du prévenu. L’interdiction de conduire? Il n’a pas de permis! Prononcez une peine de deux mois avec sursis, la liberté d’épreuve pendant un an et l’obligation de réparer les conséquences de ces actes. Plus une amende de 150 euros."

La défense s’emporte et estime qu’une sanction assortie d’un sursis simple ou d’une amende est amplement suffisante. "Le comportement de mon client est tout à fait involontaire! Son regard a été détourné. C’est ce qu’il a expliqué avec maladresse. Il n’a pas de casier. Il a pris la mesure de son erreur. Je compte sur la sagesse de votre tribunal."

Tribunal qui a suivi les réquisitions du ministère public, sans la liberté d’épreuve, et l’obligation du versement d’une provision de 3.000 euros.

Offre numérique MM+

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.