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Il relie Monaco à Saint-Tropez en taxi... et sans payer!

Mis à jour le 12/10/2020 à 18:50 Publié le 12/10/2020 à 18:47
Le client doit toujours 1.800€ au taxi.

Le client doit toujours 1.800€ au taxi. Photo J.-F.O.

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Il relie Monaco à Saint-Tropez en taxi... et sans payer!

Le client avait-il vraiment oublié son chéquier dans un hôtel de la cité du Bailli ? Deux ans plus tard le chauffeur réclame toujours son dû, en l'occurrence 1.800€. L’affaire reviendra à l’audience du 2 mars 2021.

Avec vingt et une mentions sur son casier judiciaire, dont quatorze pour filouterie, c’est un as de la resquille qui a comparu devant le tribunal correctionnel pour grivèlerie de voiture de place.

Absent à l’audience du 4 mai 2019, ce quinquagénaire avait fait opposition au jugement qui le condamnait à six mois d’emprisonnement ferme et au versement de 1.500€ à la partie civile.

On efface tout et on recommence.

Les faits se déroulent le 1er septembre 2018. Dans la nuit, l’individu hèle un taxi au niveau de l’hôtel de Paris pour rejoindre Nice. Une fois dans la limousine, il demande de faire un détour par un hôtel du Larvotto afin de récupérer des bagages. Finalement, il souhaite rejoindre Saint-Tropez. Le chauffeur lui précise le montant de la course: 1.200€. Qu’importe le montant, quand on n’a pas l’intention de s’acquitter de la somme réclamée!

Un professionnel de la grivèlerie?

"Cet homme était d’accord pour régler la note une fois à destination, car il avait oublié son chéquier dans un établissement de la cité corsaire, explique le plaignant à l’audience. Il m’avait mis en confiance: il présentait bien et démontrait un niveau de vie élevé."

Impossible pour le chauffeur d’exiger la moindre preuve sur le règlement de la course avant qu’elle ne soit effectuée. Dans la profession, il faut agir avec tact.

"Arrivé à destination, poursuit le demandeur, il a ouvert sa valise. Puis il s’est absenté en m’indiquant son retour imminent. Au bout de deux heures, toujours personne. Il avait disparu ! Comme ses bagages et passeport étaient encore dans le véhicule, je n’avais aucune raison de m’alarmer. J’allais me coucher. Je savais que je le retrouverais pour le paiement grâce à ses papiers d’identité. Je sollicite la somme de 1.800€ pour le préjudice causé."

La version du prévenu diffère sérieusement.

"Le chéquier était dans le coffre de l’hôtel. Je ne pouvais pas le retirer. Le responsable de la sécurité n’était pas encore sur son lieu de travail. J’ai rejoint mon domicile pour récupérer des affaires. Au retour le taxi n’était plus là. Je comptais payer la course", raconte-t-il avant de s’embourber dans des explications.

"Pour l’établissement, vous aviez laissé votre chéquier en garantie. Vous êtes un professionnel de la grivèlerie", le coupe aussitôt le président Jérôme Fougeras-Lavergnolle.

La défense plaide la relaxe

Même si le prévenu dément, le procureur général adjoint Olivier Zamphiroff reprend : "Pourquoi ne pas avoir versé le moindre euro depuis 2018 ? Quand réglerez-vous ? Rapportez la preuve ! Vous êtes un gros routier de la filouterie. Un complément d’information est nécessaire : en face on va plaider la relaxe. L’argument d’avoir de l’argent est un écran de fumée."

La défense, par la voix de Me Arnaud Cheynut, répète inlassablement que son client "n’a pas refusé le paiement. Pourquoi lui reprocher son passé ? Les pièces démontrent qu’à l’époque, il avait la possibilité de s’acquitter de cette dette. L’intention de s’y soustraire ? Comment est-ce possible d’y croire ? L’utilisateur de ce moyen de transport n’aurait pas laissé ses affaires dans le véhicule. Son activité professionnelle l’oblige à se déplacer dans l’exercice de ses fonctions, sans avoir de résidence fixe. C’est donc un malheureux concours de circonstances. Il est de bonne foi". Et de réclamer la relaxe.

Le tribunal a décidé le retour de l’affaire le 2 mars 2021. Ce qui n’empêche pas le prévenu de rembourser le taxi d’ici là.


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