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"Il prétendait être le descendant de Napoléon!": A Seborga, le faux-prince français n'est pas passé inaperçu

Mis à jour le 18/06/2019 à 21:00 Publié le 18/06/2019 à 20:16
La principauté de Seborga, près de Vintimille, s'est retrouvée au cœur d'une histoire à dormir debout.

La principauté de Seborga, près de Vintimille, s'est retrouvée au cœur d'une histoire à dormir debout. T.D.

"Il prétendait être le descendant de Napoléon!": A Seborga, le faux-prince français n'est pas passé inaperçu

Il y a trois ans, un Français s'était autoproclamé prince de Seborga, principauté folklorique près de Vintimille. Dans la commune, sa récente mise en examen pour escroquerie n'étonne personne.

À Seborga, les murs parlent français. Devant plusieurs maisons, on lit : "Direction générale de la sécurité intérieure"; "Direction des affaires financières". Curieux pour ce village italien de 300 âmes, perché au-dessus de Bordighera.

D'où viennent ces insignes ? Elles sont l'oeuvre d'un Français, Nicolas Mutte. Autoproclamé prince de Seborga en 2016, il vient d'être mise en examen par le tribunal de Lisieux pour escroquerie et production de fausse monnaie

Dans la principauté pourtant, peu l'ont vu en vrai. "On l'ignore complètement. Il n'est personne ici", soupire Giorgio, à l'ombre du palais princier. C'est là que vit Marcello Ier, prince élu, lui, par le peuple. 

La mis en examen du Français n'étonne personne. Ici, Nicolas Mutte est désigné comme le "truffatore", comprenez l'escroc, le filou. "Il prétendait être le descendant de Napoléon !", s'exclame Gianluca. Dans une boutique de souvenirs, Maria Carmela, s'en amuse:

"Il faut reconnaître, cet homme est très fort pour faire croire des choses fausses..." 

Marcello Ier, le prince élu de Seborga.
Marcello Ier, le prince élu de Seborga. T.D.

Rencontre avec le président du Togo

Il faut revenir en arrière pour tout comprendre. En 2016, Nicolas Mutte se présente à Seborga, commune revendiquée principauté depuis les années 1960. Une revendication surtout folklorique, pour attirer les touristes. Le Français affirme vouloir y bâtir une maison de retraite, appuyé par des investisseurs suisses. 

Quelques mois après, il crée un site Internet où il s'autoproclame prince de Seborga. Son frère Martial devient chancelier. Blason, photo officielle, insignes: rien n'est laissé au hasard. Le stratagème marche jusqu'au Togo, où il est reçu par le président pour une visite "diplomatique". 

Dans les ruelles, sur la place centrale ou au café, les habitants de Seborga relativisent. "Cela nous a plus amusé qu'autre chose", sourit un local devant ses pâtes. Mis en examen, Nicolas Mutte devrait désormais se tenir éloigné de la principauté.  

"Il ne va plus mettre les pieds ici"

Mauro Cassarale, secrétaire d'État de la principauté de Seborga, a répondu à nos questions. 

Comment en est-on arrivé là ? 
"Nicolas Mutte était venu nous soumettre le projet de maison de retraite en 2016. Il présentait bien, promettait des millions d'euros... Et rien n'arrivait. Personnellement, je ne l'ai jamais cru. Nous étions en déplacement en Inde avec le prince Marcello Ier, lorsqu'il s'est autoproclamé prince sur un site Internet. Il a copié notre blason pour tromper son monde." 

Pourquoi a-t-il fait ça selon vous ? 
"Il voulait faire de l'argent sur le dos de la Principauté et sa renommée. Ce n'est pas le premier: il y a quelques années, une femme allemande s'était proclamée princesse de Seborga. On a eu plusieurs situations de ce genre." 

Que va-t-il se passer maintenant ? 
"Il ne va plus mettre les pieds ici sans doute. Toute cette histoire n'a pas vraiment dérangé le village. Cela nous a aidé même: en 2016, nous avions eu un regain du tourisme. Avec ce nouveau rebondissement, on espère que cela va continuer!"


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