Il menace de mort deux policiers et trois pompiers à Monaco

Tribunal correctionnel Après avoir passé sa journée à boire, un résident monégasque faisait un coma éthylique. Policiers et pompiers appelés à l’aide avaient alors été submergés d’insultes.

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JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 09/03/2022 à 11:05, mis à jour le 09/03/2022 à 15:36
Le prévenu n’avait aucun souvenir des menaces le jour de son procès. Jean-François Ottonello

"C’est une personne agressive! Il a vociféré des insultes pendant son transport du Sass Café jusqu’au CHPG. Nous avons été choqués de recevoir des menaces de mort! Ce n’est pas acceptable de la part d’un résident de la Principauté. On a été obligé de le mettre en cellule tellement il se débattait..." Deux policiers témoignent à la barre du comportement désobligeant d’un homme de 47 ans, au cours d’une intervention dans l’établissement de l’avenue Princesse-Grace.

C’était le 9 octobre dernier, vers 4 heures. Les services de secours étaient alertés pour des complications après l’absorption importante d’alcool par un client. Quand les pompiers arrivent, le consommateur est entré dans un coma éthylique.

Interrogé par le président Florestan Bellinzona (*), le prévenu est amnésique. Incapable de fournir la moindre explication sur son attitude. Il se souvient uniquement de ses copieuses commandes de boissons entamées au déjeuner.

Pour les parties civiles, Me Hervé Campana trouve déplacé d’invoquer l’ivresse comme excuse. "L’alcool n’est pas une circonstance atténuante, mais aggravante. Outre les deux agents, trois autres fonctionnaires ont été également outragés et menacés. Mes clients ont subi un préjudice moral. Nous réclamons 600 euros pour chaque policier et 400 euros pour chacun des sapeurs-pompiers."

 

Il mimait un revolver pour les tuer

Comment soutenir encore à la barre qu’en étant alcoolisé on ne souvient de rien, s’indigne le premier substitut Valérie Sagné. "Que de verres de bière à foison, de vin, de vodka et finir cette beuverie dans un établissement jusqu’aux pertes de conscience et de motilité. Aucun des hommes en uniforme a l’obligation professionnelle d’être insulté et menacé. Le prévenu, en mimant avec sa main un revolver pour les tuer, atteint des proportions démesurées." Aucun facteur d’excuse n’est accordé: 5.000 euros d’amende.

La défense va plaider la détresse, le malaise. "Mon client était-il conscient de son comportement au moment des faits?" Me Sacha Nantas, du Barreau de Nice, évoque une situation de détresse qui a permis d’en retirer une très bonne leçon. "Portez votre réflexion sur l’élément intentionnel. Vous n’admettez pas la relaxe? Prononcez une peine a minima."

Le tribunal infligera une condamnation maximum à ce ressortissant étranger: 10.000 euros d’amende et fait droit aux demandes des parties civiles.

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