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Il jette le teckel de sa compagne du 4e étage, un homme condamné à de la prison ferme

Le tribunal correctionnel de Nice a sévèrement condamné mercredi un Mentonnais qui, lors d’une dispute, avait jeté Mala, le chien de sa compagne, par la fenêtre. Le laissant agoniser toute la nuit.

FRANCK LECLERC Publié le 13/01/2022 à 07:30, mis à jour le 13/01/2022 à 14:21
Le palais de justice de Nice. Photo Cyril Dodergny

C’est une sordide et lamentable affaire sur fond de mésentente conjugale et d’absorption irraisonnée d’alcool. Les faits remontent au 12 août dernier.

Ce soir-là, une violente dispute éclate entre Luigi L., 36 ans, et sa compagne Samira. Le couple, pacsé, réside à Menton, au 4e étage d’un immeuble. L’algarade est musclée. Les verres se succèdent, le vin coule à flots.

Le bruit, l’agitation, les cris font sortir le voisinage de la torpeur d’une nuit d’été jusqu’alors bien tranquille. À court d’arguments, l’homme menace de jeter le chien de sa concubine par la fenêtre. Elle proteste, hurle, tente de s’interposer, rien n’y fait. Il passe à l’acte et balance littéralement l’animal par-dessus le garde-corps.

Un homme sorti fumer sur son balcon filme la scène depuis un autre bâtiment. On peut y discerner le bruit sourd du choc sur le bitume, rapporte le témoin. La vidéo, on s’en doute, est insoutenable. Les gémissements du pauvre teckel s’y font également entendre. Mala agonisera durant une bonne partie de la nuit. Les policiers municipaux, alertés, procéderont à des recherches, sans succès. Ce n’est que le lendemain que le corps du petit chien martyr sera retrouvé sur le parking. Sans doute était-il allé mourir sous une voiture en stationnement.

 

Cinq bouteilles de vin…

Audience correctionnelle à juge unique, mercredi matin, dans une ambiance inhabituellement pesante. Luigi L. est poursuivi à la fois pour des violences à l’encontre de sa concubine et pour sévices graves envers un animal. Timides dénégations au début: il prétend ne se souvenir de rien. Mais finit par admettre l’évidence. Il faut dire que cet ouvrier du BTP, natif de Paris, aurait englouti dans la soirée du 12 août cinq bouteilles de vin, pas moins! Interpellé à 2h, il présentait encore au matin un taux élevé d’alcool dans le sang.

"Un cas d’école", explique en préambule Me Léger-Roustan, du barreau de Grasse, mandatée par quatre associations de protection animale, dont la Fondation Brigitte Bardot. Elle s’explique: "Des études sociologiques mettent en évidence des liens étroits entre les violences conjugales et les actes de cruauté sur des animaux domestiques."

Bracelet électronique

Me Elyes Ksia, aux intérêts de la Fondation 30 millions d’amis, ne se satisfait pas de cette excuse d’une consommation excessive derrière laquelle le prévenu tente de s’abriter. La procureure demande un an de prison dont six mois avec sursis et mise à l’épreuve. Me Claire Delmasse-Simoni, pour la défense, demande la relaxe pour le chef de violence sur concubine, il n’y a d’ailleurs dans le dossier aucune incapacité temporaire de travail.

Mais le tribunal ne suit pas et va même au-delà des réquisitions en condamnant Luigi L. à un an, dont neuf mois de prison ferme. Peine qui sera exécutée sous le régime du bracelet électronique. Le tout assorti de plusieurs amendes et d’une mesure d’interdiction de détention d’un animal de compagnie.

Quant à la jeune femme, qui n’est pas apparue à l’audience et n’a même pas pris soin de s’y faire représenter, elle aurait, depuis, quitté son conjoint.

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