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Il insulte des policiers et se défend en évoquant "son stress"

Un Monégasque de 34 ans est jugé pour avoir injurié les agents de police, qui allaient le verbaliser pour stationnement anarchique. Le prévenu se défend en évoquant un état de stress.

Jean-Marie FIORUCCI Publié le 01/02/2021 à 06:30, mis à jour le 01/02/2021 à 09:07
La quadragénaire a reconnu à l’audience avoir acheté deux flasques de vodka qu’elle a bues aussitôt dans sa voiture. Photo Jean-François Ottonello

À chaque affaire délit d’outrage à dépositaire de l’autorité publique, évoqué devant le tribunal correctionnel, c’est l’incompréhension du comportement. Pourquoi cet injustifiable déni entre des personnes civiques et des agents de police, attitude propice à la rusticité incurable? Pourquoi cette agression où l’offenseur ne situe plus la limite entre la liberté d’expression et l’affront ? Est-ce une fatidique évolution des mentalités?

Avec beaucoup d’insistance, la présidente Françoise Barbier-Chassaing a voulu connaître les raisons de ce refus de l’autorité ministérielle commis le 12 septembre dernier par un Monégasque de 34 ans.

"Vous avez outragé quatre policiers parce qu’ils vous verbalisaient pour un stationnement anarchique dans le cadre d’un déménagement. Au lieu de vous expliquer, vous avez eu un comportement arrogant, insultant. Vous trouvez cela normal?" Cet administrateur de société, avec un sentiment d’indifférence, fait part de son énervement.

"Je n’ai jamais menacé personne"

"Je devais vider l’appartement de ma mère pendant le week-end. De m’interrompre, me faire déplacer et ne me proposer aucune solution, cela m’a fait péter les plombs. De plus, je n’avais pas mes papiers sur moi. J’étais d’accord pour leur fournir tous les documents le surlendemain afin qu’on n’emporte pas ma voiture. Je reconnais les faits. En revanche, je n’ai jamais menacé personne..."

Très rapidement, les parties civiles, par la voix de Me Hervé Campana, sollicitent 300 euros de préjudice pour chacun. "Si ce n’est pas agréable de se faire verbaliser, souligne l’avocat, on ne jette pas les clés sur le balcon de l’immeuble. Vous ne pouvez pas l’ignorer..." Combien la procureure Alexia a raison à l’heure des réquisitions. " Cette procédure aurait pu être évitée si Monsieur avait déplacé son véhicule qui gênait la circulation. Alors, injures et tutoiements ne justifient pas ses propos. Un Monégasque doit être plus encore reconnaissant envers la police de son pays. Ce sera 1 000 euros d’amende".

 

Toutefois, pour la défense, il faut donner une juste place à ce regrettable comportement.

"Ni colérique, ni grossier"

"Mon client n’est ni colérique ni grossier, affirme Me Olivier Pasturel, du Barreau de Paris. Sa mère a 90 ans. Dans ce contexte, il a été obligé de déménager l’habitation face aux différents séjours à l’hôpital. C’est un état de stress. Un malentendu qui devait se régler simplement. Or, on voulait lui mettre son véhicule en fourrière sans présentation des papiers. Quel contexte émotionnel ! Écoutez ses regrets et ne portez pas sa condamnation sur son casier judiciaire."

À l’issue d’un très court délibéré, le tribunal a demandé au prévenu de revenir à l’audience du mardi 23 mars 2021 avec la preuve des versements réclamés, afin de prononcer une éventuelle dispense de peine.

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