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Il fait la fête dans une discothèque huppée de Monaco sans payer, un sans domicile fixe condamné

Accompagné d’une femme et avec 40 euros en poche, un sans domicile fixe voulait jouer les grands seigneurs en commandant pour 1.000 euros de boissons au Jimmy’z Monte-Carlo. Il a été condamné par le tribunal correctionnel de Monaco.

Jean-Marie Fiorucci Publié le 13/07/2022 à 11:32, mis à jour le 13/07/2022 à 10:39
Le prévenu avait flambé avec 40 euros en poche et une carte de crédit qui ne fonctionnait pas. Illustration. Photo Jean-François Ottonello

Un homme est arrivé menotté à l’audience de flagrance pour sa comparution devant le tribunal correctionnel au motif de grivèlerie de boissons et d’aliments.

Il rêvait de bonheur ce 26 juin quand il invitait sa copine à consommer au Jimmy’z Monte-Carlo. Aucun veto sur la commande: grand cru et champagne incitaient aux libations, saturaient les esprits et gonflaient l’addition.

Mais au moment de régler la note de 1.000 euros, le malheureux amant avait tout juste 40 euros en poche et une carte de crédit qui ne fonctionnait pas. La direction alertait la Sûreté publique...

"C’est entièrement ma faute..."

Non sans une immaturité certaine, le prévenu, déjà connu des services de la police monégasque, a cultivé le goût de la singularité à l’audience. "Qu’est-ce qui vous a pris de commander autant?", s’est étonné le président Florestan Bellinzona.

 

Réponse d’une audacieuse témérité: "Les bouteilles étaient déjà sur la table. Je pensais que c’était gratuit..."

Comme il a poussé un peu loin l’exagération, le magistrat a taclé l’individu de manière expéditive. "Vous venez avec une somme de 40 euros dans un des établissements les plus chers de la Côte. Et au moment de payer, Madame n’est même plus là pour aider à régler. Vous êtes véritablement étrange. Dans votre première version en garde à vue, vous avez raconté que vous pensiez en avoir pour une centaine d’euros...

- D’ailleurs je n’ai pas bu beaucoup!

- Les consommations au Jimmy’z se payent à la bouteille et pas au verre...

 

- C’est entièrement ma faute; je croyais que ma carte fonctionnait.

- Vous ne vous êtes pas renseigné sur les tarifs des consommations?

- C’est une erreur. Je n’y ai pas pensé. Je voudrais rembourser...

- Avec une prime de réfugié de 430 euros, comment pouviez-vous entrer dans cette discothèque hors de votre portée financière? Combien de personnes qui gagnent beaucoup plus d’argent ne fréquentent pas ces établissements de nuit. Comme vous étiez accompagné, vous vouliez afficher une certaine assurance tout en étant sans domicile fixe!

- Il m’est déjà arrivé de passer dans ce même lieu sans consommer...

- Cette fois ce n’était pas le cas, avec un grand cru de Bordeaux à 450 euros et un "Don Pérignon" à 550 euros. Quelle est votre situation actuelle?

- J’attends la régularisation de ma demande de réfugié."

 

Au passage, le président a noté des antécédents judiciaires en 2019 et 2020, pour les vols de bouteilles d’alcool et des produits pharmaceutiques. Rien de bien grave pour le détenu: "C’est juste un accident!"

Injonction sévère du magistrat: "Non, c’est un délit quand on rentre dans un magasin et que l’on glisse des affaires dans ses poches."

Pour avoir vécu un moment de passion sans bourse délier, le sans domicile fixe a été condamné à dix jours ferme.

"Ce personnage est un sacré menteur"

Le parquet a été plus direct encore dans ses réquisitions: "Ce personnage est un sacré menteur. Il préfère aller à la plage et ne pas chercher d’emploi. On est passé du dérobement de vodka à siroter du champagne. Les consommations gratuites, de partout, sont liées à une information. Or, les bouteilles ont bien été commandées et elles ne se trouvaient pas sur la table à l’arrivée de ce bonhomme. Il avait été requis huit jours ferme lors d’une précédente condamnation. Ce sera quinze jours pour cette fois."

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