“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Soutenez l’info locale et Monaco-Matin > Abonnez-vous

Il émet 70.000 euros de chèques pour ses associés alors qu'il n'a que 923 euros sur son compte

Mis à jour le 12/03/2020 à 15:28 Publié le 12/03/2020 à 15:10
Le prévenu avait 923 euros sur son compte professionnel lorsqu’il a signé trois chèques à destination de ses anciens associés pour un montant total de 70 000 euros.	(Illustration J.-F. Ottonello)
Soutenez l'info locale et Monaco-Matin

Il émet 70.000 euros de chèques pour ses associés alors qu'il n'a que 923 euros sur son compte

À Monaco, le promoteur et agent immobilier entendait rembourser les parts de ses ex-associés après la disparition de leur société.

L’instruction de l’affaire aura demandé un long et patient travail pour des faits situés entre le 28 février et le 8 juin 2016. Deux dates pour caractériser l’émission de chèques sans provision par un promoteur et agent immobilier. L’Italien, quasi sexagénaire, avait trouvé cette solution de facilité afin de rembourser les parts de la SARL créée en Principauté au cours de l’année 2015 avec l’appui financier de deux associés.

À l’époque, chaque intervenant avait engagé la somme de 50.000 euros pour finaliser sa participation au projet. Au demeurant, l’opération financière n’aura profité à personne. Car un an plus tard environ, les trois partenaires décidaient de mettre fin à l’activité de leur société qui périclitait. Il était procédé d’un commun accord à la dissolution volontaire anticipée, où chacun reprendrait ses billes.

Il quitte Monaco après une tentative
de suicide

Mais comment rembourser les deux investisseurs quand les avoirs sur le compte bancaire du gérant étaient en deçà du millier d’euros ? Le Transalpin est perdu. Toutes ses participations financières sont dans le rouge ! Alors au moment de mettre la clé sous la porte, il fait trois chèques bancaires antidatés sans la provision suffisante sur un compte ouvert au Crédit Foncier : deux de 30.000 euros, plus un de 10.000 euros.

"Il espérait une éventuelle rentrée d’argent", précise son conseil. Cela n’arrivera jamais ! Présentés à l’encaissement, les ordres de paiement reviennent impayés. Les bénéficiaires patientent et présentent à nouveau les chèques, sans plus de chance de récupérer leur argent.

Quand le dirigeant de société a pris conscience des conséquences sur sa manière frauduleuse de rembourser sa créance, il déprime… "C’est pour cette raison, constate le président Florestan Bellinzona (*), que le prévenu est absent à la barre. À la suite d’une tentative de suicide, il a quitté la Principauté…"

Il est précisé à l’audience que la commission rogatoire en Italie n’a apporté aucune information complémentaire, car le promoteur a refusé de s’exprimer devant les policiers.

"L’intéressé n’a jamais eu d’argent"

Alors, pour les plaignants, Me Xavier-Alexandre Boyer refait le chemin financier avec les embûches. Avant de conclure : "Il faudra bien trouver un autre moyen de rembourser les sommes investies aux parties civiles. Nous demandons 30 000 euros, plus 3 000 euros de frais pour chacune."

L’instruction a écarté la mention d’escroc pour qualifier le prévenu. "Parce que l’intéressé n’a jamais eu d’argent ! Et il n’en aura jamais, souligne le premier substitut Cyrielle Colle. Avec 923 euros exactement sur son compte professionnel, il émet pour 70 000 euros de chèques. On se retrouve bien face à une personne confrontée à des difficultés financières. Vous le condamnerez à une peine d’amende."

"Il a fait preuve d’un excès de zèle"

C’est autour de son défenseur, Me Stephan Pastor, de refaire le parcours difficile de son client. "Il a démontré sa volonté d’effacer la dette. Il est venu en Principauté avec 10.000 euros en cash et la même somme en chèque pour les donner aux demandeurs. Il ne doit plus que 50.000 euros. Pas encore stabilisé à ce jour, cet homme est extrêmement désemparé d’avoir commis une infraction. Il a fait preuve d’un excès de zèle. Mais pas de bonne foi. Ne retenez pas les frais pour les préjudices subis…"

Le tribunal, après avoir retenu la culpabilité du gérant, l’a condamné à une amende de 5 000 euros assortie du sursis. Les juges allouent respectivement les sommes de 22.000 euros et 32.000 euros aux parties civiles.


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.