Il drague un sexagénaire pour l’attirer dans un guet-apens à Nice: trois jeunes sans-papiers condamnés

Trois jeunes sans-papiers algériens ont frappé et dépouillé la victime, après que l’un d’eux l’a attirée dans un parking, dimanche à Nice. Le tribunal leur a infligé de 18 à 24 mois de prison ferme.

Christophe Cirone Publié le 15/09/2022 à 09:45, mis à jour le 15/09/2022 à 10:40
La victime à la sortie de la salle d’audience correctionnelle, ce mercredi à Nice. Photo Christophe Cirone

"C’est la première fois que ça m’arrive. C’est dur... Depuis ce jour-là, je ne suis plus à ce que je fais. Je n’ai plus ma tête à moi."

D’une voix lasse, Michel (nous avons modifié son prénom afin de préserver son anonymat, ndlr) évoque face au tribunal ce qu’il a perdu, ce dimanche à Nice. Il y a ces bijoux, ces objets d’une valeur inestimable, puisqu’il les a hérités de ses parents "décédés dans un accident de voiture". Et il y a ce semblant de tranquillité, le temps d’un week-end à Nice, subitement évanoui quand Michel a été agressé.

Tout a commencé la veille, à la sortie d’un salon de coiffure. Michel, Cannois de 67 ans, fait la connaissance d’Ibrahim, un Algérien qui dit en avoir 25. Dimanche, ils se croisent à nouveau, font plus ample connaissance. Dans un bar, le jeune homme aurait fait des avances sexuelles explicites au sexagénaire, selon ce dernier. Tous deux se dirigent vers le boulevard du Mont-Boron. Michel suit l’attirant jeune homme dans un parking. C’est un guet-apens.

Deux acolytes rejoignent Ibrahim et s’en prennent au sexagénaire. "Ils lui tapent dessus, s’emparent de sa chaîne, de sa montre, de son sac, et profèrent des insultes à connotation homophobe", résume le procureur Marc Ruppert. Alors que leur victime crie "Au secours!", ses agresseurs s’enfuient sur deux trottinettes. Ils seront interpellés peu après.

"Je demande pardon"

Seule la Rolex que portait Michel au poignet a été retrouvée. "Je l’ai jetée", assure Ibrahim. "Hasard extraordinaire, on l’a retrouvée à côté de l’endroit où vous avez été interpellé...", ironise le président Christian Legay. Le prévenu bat sa coulpe: "Je demande pardon à ce monsieur."

 

En réalité, Ibrahim Hamza n’a pas 25 ans, mais 19. Ses acolytes, Youcef Rahma et Ilyes Traich, en ont respectivement 32 et 27. Tous trois sont Algériens, en situation irrégulière sur le sol français. Les deux acolytes assurent "n’avoir rien à voir avec ça". Leurs déclarations oscillent entre discordantes et peu crédibles.

"Une action concertée"

Difficile de comprendre s’ils se sont connus récemment, "au marché", ou de plus longue date. Qu’à cela ne tienne: le procureur Ruppert dénonce "une action concertée", préméditée, mise en évidence par les images des caméras de vidéosurveillance. Il requiert 30 mois de prison, ainsi qu’une interdiction de séjour en France pendant cinq ans.

Le tribunal le suit sur ce point, et ramène les sanctions à 24 mois pour Hamza, 18 mois pour ses acolytes. Tous restent en prison.

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