Il décroche des drapeaux et s’en prend aux gendarmes à Saint-Martin-Vésubie

Un Saint-Martinois a écopé ce vendredi 28 mai d’un an de prison. Deux gendarmes féminins voulaient qu’il rende les drapeaux européens décrochés par bravade le 6 mai dernier quand l’homme s’est violemment rebellé.

Ch. P. Publié le 28/05/2021 à 19:34, mis à jour le 28/05/2021 à 19:34
Le sexagénaire rebelle a échappé de peu à l’incarcération. Photo Frank Muller

Pascal est né à Vittel il y a 64 ans mais il ne boit manifestement pas que de l’eau minérale.

Attablé avec des copains à partager des bières le soir du 6 mai, il n’a pas goûté l’arrivée d’une adjudante-cheffe et d’une maréchale des logis de la brigade de Saint-Martin-Vésubie.

Les militaires avaient été alertées alors que Pascal avait été vu, perché sur une échelle, en train de décrocher quatre drapeaux européens du fronton de la mairie.

Il aurait même tenté d’en brûler un, sans résultat, avant de poursuivre son apéro malgré le couvre-feu.

Pascal refuse de décliner son identité, répond à la cheffe de la brigade en l’apostrophant d’un "cocotte" à la fois sexiste et désagréable. Elle tente vainement de le menotter.

 

L’homme se rebelle et blesse légèrement les deux femmes, endommage le portable de l’une d’elle avant d’être interpellé par des militaires de Lantosque appelés en renfort.

"Cette époque ne me convient pas"

L’un des juges s’étonne: "Diriez vous cocotte au tribunal? Habituellement pour ce type de faits, ce sont soit des gamins, soit des personnes ivres, soit des individus qui agissent par idéologie. Dans quelle catégorie êtes-vous?"

"Plutôt par idéologie, cette époque ne me convient pas", répond le prévenu qui rappelle pêle-mêle le référendum rejeté de Maastricht, le taux d’abstention lors de la dernière élection présidentielle…

Devant le tribunal, le prévenu regrette tout de même son comportement, "une bêtise", "une pitrerie", se défend-il.

Pascal, sous contrôle judiciaire après avoir été impliqué dans une précédente affaire de violence, comparaît libre.

 

Lors de sa présentation début mai en comparution immédiate, il avait été par libéré par le tribunal parce que son épouse étant en soins palliatifs.

Me Audrey Giordan, partie civile, s’agace des arguments du prévenu: "Monsieur prétend que les gendarmes se sont jetées sur lui pour l’interpeller. En réalité, la cheffe de la brigade est négociatrice. C’est une femme de dialogue qui a tenté de parlementer pendant vingt minutes".

"Monsieur conteste tout"

Le procureur Ludovic Manteufel requiert une peine de deux ans d’emprisonnement ferme. "J’ai un point d’accord avec ce Monsieur: retirer des drapeaux du fronton est une pitrerie. Si Monsieur avait reconnu les faits devant les gendarmes, il n’y aurait même pas eu de suite judiciaire. Malheureusement, pour tout le monde, ça ne s’est pas passé comme ça et Monsieur conteste tout, même son alcoolisation."

En défense, Me Thierry Boufflers conteste l’état d’ivresse de son client. "Il a le sens de l’équilibre puisqu’il monte et descend d’une échelle". 

L’avocat estime que l’intervention des forces de l’ordre n’était pas forcément judicieuse même si les explications de son client restent "maladroites".

Le tribunal présidé par Alain Chemama condamne Pascal à un an de prison, une peine aménageable par le juge d’application des peines.

 

Une mansuétude qui ne se reproduira pas à la prochaine incartade, prévient le magistrat. Il devra rembourser le téléphone endommagé et verser 500 euros de dommages et intérêts à chacune des deux victimes.

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