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Il cambriole un luxueux appartement avant de prendre la fuite vers un autre pays: prison ferme pour un voleur serbe extradé

Mis à jour le 05/11/2017 à 07:52 Publié le 05/11/2017 à 07:50
Direction prison pour le monte-en-l’air dont une partie de la peine a déjà été purgée

Direction prison pour le monte-en-l’air dont une partie de la peine a déjà été purgée Photo E. Dulière

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Il cambriole un luxueux appartement avant de prendre la fuite vers un autre pays: prison ferme pour un voleur serbe extradé

À l'annonce de sa condamnation, un ressortissant serbe, jugé libre pour une tentative de vol au « Patio Palace », le 20 janvier 2015, a quitté, déconcerté, stupéfait, le palais de justice encadré par trois policiers de la Sûreté publique et menotté afin d'être incarcéré.

À l'annonce de sa condamnation, un ressortissant serbe, jugé libre pour une tentative de vol au « Patio Palace », le 20 janvier 2015, a quitté, déconcerté, stupéfait, le palais de justice encadré par trois policiers de la Sûreté publique et menotté afin d'être incarcéré.

Le prévenu a écopé d'une peine d'un an de prison ferme avec mandat d'arrêt pour s'être introduit dans un appartement de la luxueuse résidence située au 41, avenue Hector-Otto. L'ancienneté et la gravité des faits auront pesé lourd dans la balance de la justice. Car le premier jugement remonte au 25 octobre 2016.

À cette date, l'auteur de l'infraction était absent au moment de sa condamnation par défaut à deux ans de prison ferme. Un mandat d'arrêt avait été lancé et les autorités bosniaques l'avaient extradé vers Monaco. À peine arrivé, l'individu faisait opposition au jugement. Dès lors, le tribunal devait se prononcer sur son maintien en détention ou sa libération. Les juges décidaient de libérer le détenu après le versement d'une caution de 12 000 euros. Tout en renvoyant l'affaire à la dernière audience correctionnelle afin de le juger de nouveau.

Identifié grâce à des prélèvements ADN

Les faits remontent à l'orée de la nouvelle année 2015. Dans cet immeuble imposant du quartier des Moneghetti, une alarme se déclenche. Le gardien sait que l'occupant est absent. Il s'approche des lieux et voit de la lumière. Il alerte les services de police. Quand les agents entrent dans l'appartement, il n'y aucune trace d'effraction. Mais il règne une pagaille épouvantable : objets et effets vestimentaires en sens dessus dessous, portes coulissantes sorties des rails, petit mobilier renversé…

Les enquêteurs passent la demeure à la loupe et relèvent des traces de chaussures. Une paire de gants et une casquette rouge et bleue abandonnées sur la terrasse complètent leur inventaire. La vidéosurveillance installée dans l'édifice voisin du « Bermuda » démontre trois personnes en train d'escalader le mur jusqu'à la terrasse… In fine, des prélèvements d'ADN permettront d'identifier et de retrouver au moins un des malfrats. C'est ce manutentionnaire de trente-trois ans qui est à la barre.

« C'est probablement des cellules d'un parent »

Interrogé par le président Florestan Bellinzona, le prévenu réfute toute présence à Monaco. « C'est probablement des cellules d'un parent. Je ne peux pas l'expliquer. Ou bien c'est peut-être une connaissance. Ou encore un membre de ma fratrie qui a emprunté mes affaires : nous sommes treize enfants ! » Le magistrat ne s'en contente pas : « Où étiez-vous le jour des faits ? », demande-t-il. « Dans un appartement de Barcelone avec ma famille ». Le juge s'étonne que ses quatre gamins ne soient pas à l'école et il trouve le personnel de l'établissement très tolérant. S'en suit un rapide calcul des ressources du couple pour vérifier la cohérence des allégations.

« C'est juste pour nourrir toute une famille ! », soulève le président. « Vous avez été condamné en 2004 pour vol, en 2013 pour recel de vol, en 2014 pour conduite en état d'ivresse… »

La partie civile, représentée par Me Yann Lajoux, s'attendait à cette stratégie de défense. « Avec la preuve irréfutable de l'ADN et un tel casier judiciaire, il n'y a aucun doute sur la culpabilité de ce personnage. Je sollicite toujours 4 000 euros de préjudice. » Les traces retrouvées sur les lieux de l'infraction seront le fil conducteur des réquisitions du procureur Alexia Brianti. Et d'apporter des indices de culpabilité supplémentaires : « Il faut avoir les moyens pour aller en Espagne ! Ces enfants devraient être scolarisés ! Cet homme ne justifie de rien ! Sans oublier ses antécédents ! » Une peine d'un an ferme et mandat d'arrêt est réclamée.

« Il y a la place pour le bénéfice du doute »

Pour la défense, Me Gérard Baudoux se lancera dans une tirade sur l'analyse génétique « dont les résultats ne sont pas toujours fiables ». Avec, en préambule de sa plaidoirie, quelques réflexions sur l'alibi de son client. « On le trouve surprenant ? Il n'a jamais été entendu… Dans les images captées par la vidéo, on parle de gens de forte corpulence et de grande taille. Aucune description ne correspond au prévenu. Rien ne prouve sa présence ! S'il ne se savait pas innocent, il n'aurait pas payé la caution ! Il y a la place pour le bénéfice du doute… »

Le tribunal suivra les réquisitions du ministère public. Avec la traditionnelle remise de peine et une partie de la peine purgée le monte-en-l'air serbe sera libre dans six mois.


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