Il blesse gravement un scootériste en démontant les tribunes du Grand Prix de F1 à Monaco: un cariste jugé

Un cariste, chargé du démontage des tribunes du Grand Prix de F1, avait percuté avec son engin un deux-roues route de la piscine. 1.000€ avec sursis.

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JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 10/10/2022 à 12:00, mis à jour le 10/10/2022 à 14:05
La victime de l’accident a dû subir quatre opérations suivies de 90 jours d’ITT. Photo archives N.-M.

C’était le 2 juin 2021, au port Hercule. Un cariste s’employait au démontage des tribunes du Grand Prix de F1 au niveau du stade nautique Rainier-III. Il transportait du matériel avec son chariot élévateur quand il percutait, vers 9h30, le pilote d’un scooter avec la fourche de son bardeur. La victime, gravement blessée, était transportée par les pompiers au CHPG où elle subissait quatre opérations suivies de 90 jours d’ITT.

Usage de stupéfiants

L’enquête de police, chargée de faire la part des responsabilités, était confrontée à l’absence de témoin. Mais elle révélait que le conducteur du chariot automoteur avait fumé un joint.

Il revenait au tribunal correctionnel d’instruire cette affaire de collision causée par un engin de manutention et de juger l’auteur des deux infractions : blessures involontaires, usage de stupéfiants. Le prévenu de 39 ans, à la barre, est encore confus et troublé par la faute commise. "Je pensais que le scooter avait suffisamment de place pour passer et mon appréciation sommaire de la distance n’a aucun lien avec le pétard fumé la veille. D’ailleurs, je travaille toujours pour la même boîte d’intérim à Monaco et je n’ai jamais été condamné."

Le président Jérôme Fougeras Lavergnolle a voulu entendre la version des faits du plaignant. "Je roulais à 40 km/h! Le conducteur du chariot automoteur était arrêté. Je n’imaginais pas qu’il allait redémarrer. Aujourd’hui, à l’issue des interventions subies au CHPC, je suis guéri à 80%."

 

Il est aussitôt suivi par son conseil, Me Clyde Billaud. "Outre une enquête bien menée, malgré l’absence de vidéo, mon client a eu une fracture ouverte puis quelques complications. Ce qui explique les 90 jours d’arrêt. Pour le préjudice corporel, nous sollicitions une provision de 5.000€ et une expertise."

Le parquet s’est interrogé sur l’aménagement inadéquat de la zone de travail avec la circulation. "Négligence? Inattention? La faute des stupéfiants y participe en tout cas, a convenu le premier substitut Valérie Sagné. Certes, le prévenu s’est senti concerné par la victime et il montre aujourd’hui une émotion contenue. Je ne veux pas le pénaliser pour ses infractions et le priver de son emploi en Principauté. Prenez le chemin de l’amende au vu de sa modicité."

Évidemment, la défense jouera son rôle en évoquant le manque de vigilance dans un contexte particulier. "La zone de travail n’était pas délimitée et aucune personne guidait mon client pour manœuvrer, a souligné Me Xavier-Alexandre Boyer. Les stupéfiants ont-ils joué un rôle? Depuis lors, cet employé a mis fin à sa consommation pour éviter d’éventuels ennuis à venir. Écoutez les réquisitions marquées par la compréhension du procureur. Avec quatre enfants et le versement d’une pension alimentaire, ce salarié mérite votre clémence."

Le tribunal a compris le message avec une peine de 1.000€ d’amende assortie du sursis. En revanche, le cariste devra verser une provision ramenée à 2.000€ pour la partie civile.

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