Il avait prétexté un malaise pour menacer de mort une infirmière à Monaco, un détenu à nouveau condamné

Incarcéré à la maison d’arrêt, il avait feint un malaise cardiaque pour attirer du personnel dans sa cellule, puis outragé un surveillant.

Jean-Marie Fiorucci Publié le 05/03/2022 à 13:00, mis à jour le 05/03/2022 à 13:02
Le tribunal correctionnel de Monaco. Photo MM.

Un détenu de 43 ans a comparu menotté devant le tribunal correctionnel, vendredi 4 mars à Monaco, pour avoir menacé de mort une infirmière et outragé un surveillant.

Incarcéré à la maison d’arrêt, où il purge actuellement une peine de six mois de prison pour vol et stupéfiants, il a été condamné à dix jours ferme supplémentaires.

L’affaire illustre bien les soupçons et défiances propres à toutes promiscuités carcérales et, plus particulièrement dans ce dossier, les rapports complexes avec le personnel soignant.

Un manque qui expliquerait sa ruse?

Le 8 novembre dernier, vers 11h30, le quadragénaire alertait un geôlier pour un malaise cardiaque. Une personne qualifiée intervenait aussitôt. Mais à peine l’infirmière s’approchait pour accomplir les premiers soins nécessaires, le détenu la menaçait de mort si elle ne lui remettait pas un coupe-ongles.

Une indisposition évidemment simulée au dessein d’attirer un gardien dans sa cellule, pour signaler sa situation de dépendance à la drogue. Suivait une mesure coercitive: quatorze jours de mitard.

 

D’après l’instruction menée par le président Jérôme Fougeras Lavergnolle, cela correspond à l’univers de privation qui s’avère déterminant dans le milieu carcéral. Au fil des questions-réponses transparaît, en effet, un comportement dû au sevrage. "Sujet volontiers provocateur et addict aux produits stupéfiants, cet individu vit uniquement du RSA", a souligné le magistrat.

Outre le refus de pratiquer une expertise psychiatrique, le détenu dans le box reconnaît une amélioration de son état mental. Surtout depuis qu’il a suivi un traitement à l’issue de cinq journées passées au CHPG. Mais il réfute les menaces de morts. Ses casiers judiciaires sont significatifs sur son comportement délinquant.

À la condamnation monégasque à six mois de prison, s’ajoutent sept mentions pour vols, violences, outrages, détention d’arme, stupéfiant et la dernière en date: trois ans de prison pour vol avec effraction.

"Je vais te saigner"

À l’heure des réquisitions, le premier substitut, Valérie Sagné, n’entend pas tolérer que le sevrage forcé du prévenu se répercute sur le personnel. "Ce personnage reconnaît les faits a minima. Pourtant des propos menaçants, 'Je vais te déchirer, te saigner', sont répétés pour interdire au surveillant de faire son rapport."

 

"Alors, quelle peine? Cette violence découlerait de l’arrêt des substances illicites dont le détenu faisait consommation. J’étais partie pour une peine de trois mois, car c’est grave pour le personnel carcéral d’être soumis à des menaces de mort…" Quarante-cinq jours de détention sont prescrits.

Le tribunal est allé en deçà des réquisitions du ministère public, avec une peine de dix jours ferme.

*Assesseurs: Florestan Bellinzona et Françoise Dornier.

De son côté, la défense décrit une prison où se côtoient deux mondes sociaux disjoints qui n’ont rien en commun. "La paranoïa de mon client est flagrante, confirme Me Régis Bergonzi. Il se plaint de micros dans sa cellule, de bruits inquiétants, des moqueries de codétenus depuis le début de son incarcération".

"L’hôpital lui a donné un traitement de substitution, car Monaco est hermétique aux stupéfiants. Il faut en tenir compte. D’autant qu’avec ce surveillant plus spécialement, il y a une tension réciproque."

L’avocat percevrait-il des soupçons, des doutes, sur le comportement du maton? "Son contrat a été reconduit pour un an au lieu de trois habituellement. D’ailleurs, cet incident a mis en exergue la parfaite tenue des autres surveillants pour maîtriser la sécurité disciplinaire. Avec une injonction de soins, on peut accorder à ce détenu un signe d’indulgence."

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.