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Il avait installé des caméras dans les toilettes d'un loueur de voitures de l'aéroport de Nice

Mis à jour le 15/05/2021 à 07:38 Publié le 15/05/2021 à 07:00
C’est un agent d’entretien qui a découvert une caméra miniaturisée dissimulée sous une vasque des toilettes publiques d’un loueur de voitures.

C’est un agent d’entretien qui a découvert une caméra miniaturisée dissimulée sous une vasque des toilettes publiques d’un loueur de voitures. (Photo d’illustration Frantz Bouton)

Monaco-Matin, source d'infos de qualité

Il avait installé des caméras dans les toilettes d'un loueur de voitures de l'aéroport de Nice

Pendant quatre mois, grâce à une caméra miniaturisée installée dans les toilettes d’un loueur de voitures de l’aéroport de Nice, il filmait ses collègues. En tout, ce sont 84 femmes qui ont déposé plainte et des fichiers pédopornographiques ont été découverts chez lui.

Il a fallu déplacer le tribunal correctionnel dans la salle des assises tant le nombre de victimes était conséquent ce vendredi matin au palais de justice de Nice. Des dizaines de jeunes femmes se sont constituées parties civiles, demandant réparation de leur préjudice, de l’euro symbolique jusqu’à 6000 euros. Pendant des mois, elles ont côtoyé Sébastien L., 35 ans, gestionnaire de parc d’un loueur de voitures de l’aéroport Nice-Côte d’Azur depuis 2014.

L’homme est élégant et discret. Elles n’ont pu imaginer une seconde la face sombre de cet inconnu des fichiers judiciaires. Il a fallu la découverte fortuite, par un agent d’entretien, d’une caméra miniaturisée dissimulée sous une vasque des toilettes publiques d’un loueur pour lever le voile sur une personnalité inquiétante. Le personnel féminin de cinq sociétés de location utilisait au quotidien ces vastes toilettes, notamment en guise de vestiaire.

Chaque matin, le voyeur méthodique mettait en route son système pirate de vidéosurveillance via son téléphone portable. Un détecteur de mouvements déclenchait l’enregistrement et classait ensuite avec soin ses vidéos.

Des fichiers pédopornographiques

Le suspect a tenté de dissimuler sa nouvelle adresse aux enquêteurs mais les policiers de la Sûreté départementale ont découvert dans le matériel informatique trouvé à Nice-Nord 35.000 fichiers pornographiques et... pédopornographiques en plus des images volées à l’aéroport. "D’après l’enquête, vous aviez déjà placé un dispositif au premier étage pendant deux mois puis vous avez changé le lieu d’implantation", résume le président Guillaume Saint-Cricq. " Dans quel but?" "A la base, c’était pour vérifier une relation extraconjugale entre deux collègues", répond sans convaincre le prévenu.

Alors qu’il sait que son matériel découvert, Sébastien L. garde d’innombrables fichiers dans ses supports informatiques Inconscience ou obsession maladive? Manifestement, le président privilégie la seconde hypothèse: "Jamais vous ne vous êtes remis en question?" "Si, souvent, mais l’obsession prenait le dessus", affirme le prévenu, titulaire d’un master en commerce international. Seule consolation pour les victimes, ce voyeur pathologique n’aurait pas diffusé ses vidéos. Quant aux films insoutenables de viols d’enfants, il affirme qu’il ne les a jamais téléchargés sciemment.

Jamais on aurait pensé qu’il avait ce côté pervers. On a toutes été très choquées

Me Céline Astolfe, au nom de deux sociétés de location et dix-sept salariées victimes, en doute: "Les explications de Monsieur ne sont pas satisfaisantes. Il prétend vouloir vérifier une relation entre deux salariés alors que tout le monde connaît cette relation. A l’écouter, il tombe par hasard sur de la pédopornographie..."

Me Gravereaux, autre conseil de la partie civile, le soupçonne d’avoir visionné certaines scènes des toilettes en direct. Ce qu’il conteste également.

Laure (*), la voix tremblante, est l’une des 84 femmes filmée dans son intimité. "Je suis beaucoup moins à l’aise que lui devant vous, pardonnez-moi", dit-elle en préambule "On le voyait tous jours. Il était calme et posé. On l’appréciait. On n’a vraiment pas compris d’autant qu’il n’était pas seul, qu’il avait une amie à l’époque. Jamais on aurait pensé qu’il avait ce côté pervers. On a toutes été très choquées."

Le parquet demande de la prison ferme

La procureure Clémence Bravais ne croit pas au hasard au sujet des fichiers mettant en scène des enfants. La magistrate note que Sébastien L. utilisait un logiciel qui lui garantissait l’anonymat lors des téléchargements illégaux. Les réquisitions sont, selon la procureure, à la hauteur de la gravité des faits: deux ans de prison ferme à exécuter immédiatement, deux ans avec sursis et une période de probation renforcée de trois ans.

Une sévérité que ne comprend pas Me Morgane Oleksy, avocate de la défense, alors que son client a toujours été libre durant les douze mois d’enquête. "Il vient ici chercher condamnation. Si ses explications ne sont pas à la hauteur des attentes des parties civiles, c’est qu’il n’a pas encore toutes les réponses. Il est en phase de soins pour traiter une véritable addiction à la pornographie."

Quant aux films pédopornographiques, l’avocate niçoise rappelle que les mots-clefs (Teen 12, Teen 14, abréviation anglaise signifiant "adolescent", ndlr) sont entrés par les enquêteurs, pas par son client. "Il n’y a pas de démonstration, selon les analyses techniques, que Simon L. recherchait ce genre de fichiers."

Le jugement est attendu lundi.

 

 

(*) Le prénom a été volontairement modifié.

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