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Il arrache le sac d’une femme pour se payer le train

Un jeune qui en voyant le sac d'une femme le lui arrache pour prendre de quoi se payer un billet de train en gare de Monaco vers Nice. L'homme n'a pas eu le temps de quitter le quai monégasque quand les policiers sont venus l'interpeller.

Jean-Marie Fiorucci Publié le 31/08/2018 à 07:20, mis à jour le 31/08/2018 à 07:23
Le voleur a été arrêté à la gare de Monaco. Photo Cyril Dodergny

"Je revenais de Roquebrune où j’avais visité un ami. Je voulais prendre le train en gare de Monaco pour rentrer à Nice. Au Larvotto, j’ai croisé deux dames, dont une avait un sac. Comme je n’avais pas d’argent pour retourner chez moi, j’ai profité de l’occasion car il devait contenir un portefeuille pour avoir suffisamment de quoi acheter un billet…"

Arrivé menotté, mardi, à l’audience de flagrance, le prévenu, à l’air encore juvénile et d’une stature imposante, décrit son délit avec franchise devant le tribunal correctionnel qui le condamnera à six mois ferme.

Retrouvé grâce à la vidéosurveillance

Dimanche, peu avant 23 heures, ce jeune homme de 28 ans a arraché le sac Dior avec son contenu, porté en bandoulière par une personne sur l’avenue des Champions, près du Grimaldi Forum.

La victime réagit aussitôt et poursuit le voleur. Elle le rattrape au bout d’une vingtaine de mètres. Devant l’insistance à récupérer son bien, le délinquant se débat et lui donne des coups de pied. Finalement, il rejette le sac et s’enfuit.

 

La description fournie par la plaignante permet d’interpeller le voleur à la gare SNCF. Même si, entre-temps, il a pu changer de vêtement. Grâce à la vidéosurveillance, les inspecteurs visualisent également le trajet et l’instant de l’agression ou le coupable dissimule son visage sous une capuche.

Devant les juges, le prévenu reconnaît les faits et détaille son comportement violent, sans avoir vraiment l’air de réaliser la gravité de son acte. Au cours de la phase d’instruction, le président Jérôme Fougeras-Lavergnolle cherche surtout à savoir si le détenu est passé par la Principauté avec l’intention de voler, car il y a une halte ferroviaire à Roquebrune. Et si le sweat avec capuche n’était pas l’élément intentionnel pour favoriser un repli identitaire.

"Cette gare est fermée la nuit, répond l’intérimaire manutentionnaire. Quant à la capuche, je l’ai ôtée parce que j’avais chaud…"

Le magistrat poursuit son idée et focalise cette fois sur la pochette: "Aviez-vous remarqué qu’il s’agissait d’un accessoire de luxe?" Réponse négative: "Je cherchais juste un portefeuille pour acheter mon billet de train…"

Côté personnalité, le président rappelle la condamnation "à 10 ans de réclusion, en septembre 2010, par la cour d’assises des Alpes-Maritimes, pour viol". "C’était mon ex…" "Vous avez été libéré il y a un mois. Qu’allez-vous faire de votre vie?", demande le président. "Je vais me calmer et quitter le 06. L’incarcération a été difficile et elle a aggravé mon comportement…"

Six mois de prison ferme

Alors, faut-il donner une chance à ce jeune homme? Le premier substitut Olivier Zamphiroff s’interroge et il a l’impression "que les traces laissées sont cabossées par la vie. Tout s’écroule parfois en prison. Mais les faits en Principauté sont graves. Projet? Préméditation? On ne le sait pas. Le sac a été récupéré. Mais la peine française doit résonner dans vos têtes.La plus juste doit être ferme et de quatre à sept mois."

 

Me Raphaëlle Svara s’efforcera d’envoyer des images et des messages forts à la formation collégiale. "C’est malheureux ce qui se passe. Mon client nous explique que pour manger il est obligé de fouiller dans les poubelles entre quelques missions d’intérim. La peine doit prendre en compte cette volonté d’intégration et la sincérité des propos. Clémence et réduisez sa peine."

Le tribunal s’en tiendra au quota du ministère public.

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