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Il agresse un restaurateur avec une clé à molette

Mis à jour le 10/07/2017 à 11:57 Publié le 10/07/2017 à 05:19

Il agresse un restaurateur avec une clé à molette

Un Antibois de trente-deux ans mécontent de devoir éteindre son cigare, frappe un restaurateur monégasque sur la tête par trois fois avec une clé à molette. Huit mois de prison ferme avec sursis ont été requis. Verdict ce mardi après-midi.

Une simple remarque sur l'interdiction de fumer à l'intérieur d'un restaurant a failli tourner au drame.

Le directeur du "Bagatelle", dans la galerie Charles-III, a été frappé à coups de clé à molette sur la tête par un client mécontent de devoir éteindre son cigare.

Les violences reprochées à cet Antibois de trente-deux ans, célibataire et sans profession, remontent au mardi 4 juillet, vers 14 h 15.

Interpellé dans la foulée par les policiers devant "Le Métropole" et placé en garde à vue, l'agresseur a comparu, menotté, devant le tribunal correctionnel.

Les juges ont ordonné une expertise psychiatrique avant de reporter l'affaire à demain mardi, 14 heures.

Comment être rationnel face à l'irrationnel ? Peut-on imaginer pareil acharnement pour un mobile aussi futile ? Que s'est-il véritablement passé dans ce lieu très fréquenté de Monte-Carlo ? Dans le box, le détenu semble assez à l'aise pour répondre aux interrogations de la présidente Magali Ghenassia.

S'il regrette les faits et les assume, il laisse transparaître, en revanche, une mentalité complotiste. En clair, tout est de la faute du directeur, dont ce paranoïaque ne cesse de rappeler la volonté de lui nuire.

"Je souhaitais déjeuner dans un restaurant, explique-t-il. Je me suis installé à la table avec un cigare. Le responsable me regarde d'un air pas du tout agréable. Suffisamment pour ressentir de l'insécurité, une menace. J'ai d'abord tenté de quitter l'établissement en cherchant une issue et une arme. J'ai trouvé une clé à molette sur la banquette et je suis allé aux toilettes. Au passage, ce dirigeant m'a demandé d'arrêter de fumer, je lui ai jeté le cigare dessus et je l'ai frappé. J'ai ensuite renversé table, chaises et verres à l'arrivée des employés. J'ai mal agi. Je le reconnais."

"Insécurité maladive?"

La présidente veut connaître les éléments objectifs de la peur.

"C'est d'emblée le sentiment d'insécurité, prétexte-t-il. Avec un supérieur qui tournait autour de moi. Son regard était désagréable et hautain. Je sentais l'agression venir… On m'avait mis dans un coin, sans nappe ni couverts…"

La juge estime que le fautif aurait pu repartir et s'inquiète de la présence de l'outil glissé entre les coussins. "Peut-être ai-je envenimé dans ma tête ce qui pouvait se passer? Mais la clé était bien là!" Arguments probants ?

Pour justifier son insécurité maladive, le prévenu raconte l'agression subie à l'âge de dix-sept ans.

"Après deux jours de coma, je me suis réveillé à l'hôpital, annonce-t-il les yeux rivés dans le vague, et j'ai perdu la première phalange de l'annulaire. Cela m'a traumatisé…"

La partie civile, représentée par Me Thomas Giaccardi, jugera les explications du prévenu peu convaincantes avec une irresponsabilité pénale et un comportement inquiétant.

"Il y a une volonté de porter atteinte à l'intégrité physique de mon client. Et même de la préméditation, car il choisit un établissement et rentre avec une clé à molette. Heureusement qu'il n'y avait pas de couteau sur la table. On aurait eu un assassinat. La victime a une fracture du crâne et une ITT de trente jours. Nous réclamons une provision de 5.000 euros et la nomination d'un expert. Plus 5.000 euros à valoir sur le dédommagement."

Concernant la clé à molette, l'explication reste nébuleuse pour le procureur Cyrielle Colle.

"Toute cette histoire d'insécurité est fausse. Ce Monsieur est venu armé ! C'est un règlement de compte et il essaie de se faire passer pour fou. Il ne veut pas nous dire la vérité: le certificat médical exclut la démence. Il tape par trois fois avec la clé. Il en résulte un enfoncement de la boîte crânienne! Il aurait pu le tuer! Huit mois ferme!"

La défense s'élèvera contre la théorie du Parquet général.

"La préméditation ne tient pas. Mon client ne connaissait ni le lieu ni le personnage. Aucun élément ne peut affirmer qu'il est venu avec cet outil. Cet homme ne tente pas de vous tromper et ne nie rien ! C'est un individu fragile qu'il faut aider avec des soins obligatoires. Une peine de prison n'apportera aucune amélioration."

La justice donnera sa réponse demain après-midi à partir de 14 heures.


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