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Il abuse et escroque une femme âgée: 30 mois ferme

Mis à jour le 11/02/2016 à 05:02 Publié le 11/02/2016 à 05:02
Monaco-Matin, source d'infos de qualité

Il abuse et escroque une femme âgée: 30 mois ferme

L'amour n'a pas d'âge! Mais quand une relation entre un quinquagénaire italien et une octogénaire suisse se poursuit au point de finir devant le tribunal correctionnel, du coup l'histoire perd de sa beauté et les émotions font place au pire et à la sanction.

L'amour n'a pas d'âge! Mais quand une relation entre un quinquagénaire italien et une octogénaire suisse se poursuit au point de finir devant le tribunal correctionnel, du coup l'histoire perd de sa beauté et les émotions font place au pire et à la sanction.

Pour avoir abusé de la vulnérabilité, de la dépendance et escroqué la victime, Giuseppe, un artisan dans le bâtiment, a été condamné à trente mois de prison ferme et au versement d'une provision de 82 649 euros pour la partie civile.

Les deux «amants» se sont rencontrés au Café de Paris en septembre 2014. Un établissement que l'Italien fréquente surtout pour assouvir son addiction au jeu. La Suissesse y vient étancher son ivresse.

Au printemps 2015, l'homme s'installe chez elle. Mais l'usage de la carte bancaire et du chéquier de sa nouvelle compagne atteint des proportions inquiétantes. Au mois d'avril, un ami de la victime fait part de ses craintes aux policiers. La femme leur assure que l'homme qu'elle héberge va bientôt quitter l'appartement. Une semaine plus tard, c'est au tour d'un avocat de contacter la Sûreté publique.

«Quand les agents retournent, lance le président Jérôme Fougeras Lavergnolle, vous alliez partir pour la Suisse. Ils vous fouillent et trouvent deux cartes bancaires au nom de la victime et une somme de 1 700 euros en espèces. Cette femme ne cache pas sa surprise aux fonctionnaires…»

Mais rien d'exceptionnel à ça pour le prévenu. «On vivait ensemble et je faisais les courses. Les retraits d'argent étaient destinés au fonctionnement du ménage. Notre départ était programmé afin que cette femme se repose dans sa grande propriété près de Lausanne.»

«Notre union, c'était pour rire, je suis déjà marié!»

Les dépenses ne se limitent pas à remplir le frigo pour le président. Et d'énumérer: «Un diamant de 50 000 FS, un virement de 70 000 euros, trois chèques pour acheter une voiture, une note d'hôtel, dédommager votre fille pour 10 000 euros et une montre à 20 000 euros… Et parlez-nous aussi du projet de mariage, du rendez-vous chez le notaire: c'était pour révoquer les dispositions testamentaires?»

L'Italien de Palerme réfute toute malversation et détournement de fonds. «Je ne connaissais pas son patrimoine et cela ne m'intéressait pas. Pourtant, cette personne avait été abusée auparavant par des escrocs suisses. Quant à notre union, c'était pour rire! Je suis déjà marié. Je m'occupais d'elle. Avec moi, cette dame avait réduit sa consommation d'alcool. Et vous m'avez mis en prison depuis le 30 avril 2015 pour qu'elle perde encore plus sa tête et la voir souffrir!»

Le président note au passage que le casier italien du prévenu comporte huit condamnations de 1987 à 2007. Réponse: «Je n'ai jamais été en prison dans ces affaires…»

Pour la partie civile, représentée par Me Régis Bergonzi, «sans la tâche exceptionnelle du Parquet et de la police, ce personnage aurait empoché une belle brochette de millions d'euros. S'il avait pu se marier et modifier le testament, c'était le jackpot! Il n'en est pas à son coup d'essai. Il est habitué à vivre au crochet des autres et multiplie les arnaques en Italie… À lui seul, il a détourné plus de 114 000 euros en deux mois. Il doit rembourser…»

L'avocat réfléchit à faire appel

Après un rappel des faits détaillés, le procureur Cyrielle Colle s'écrie: «Après dix mois d'instruction, j'apprends aujourd'hui que Monsieur est marié! Il a toujours dit qu'il était divorcé… On note aussi son absence totale de participation aux frais. Il est loin d'être l'ami serviable qui va sauver la victime de la solitude. Il est au courant de son patrimoine: appartements, propriétés, parts dans les sociétés, etc. Il a volé: l'argent a été utilisé à des fins personnelles. C'est un délinquant financier en Italie: trente mois de prison ferme.»

La défense vocifère de colère. «J'ai tout entendu, hurle Me Christian Di Pinto. Et si la victime avait voulu se payer un gigolo? Tout n'est que l'échafaudage d'une infraction. Ni tueur ni criminel. Mon client, s'il avait voulu voler, aurait pu tout prendre et partir. Or, on le garde dix mois en prison et on n'arrive même pas à avoir une confrontation avec cette femme ? À part des supputations, vous ne pouvez pas le condamner à trente mois…»

Le tribunal suivra toutefois les réquisitions du ministère public. Mais l'avocat réfléchit à un éventuel appel.

Offre numérique MM+

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