“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez l’offre numérique > Abonnez-vous

En conflit avec son patron, l'architecte est accusé d'avoir effacé des fichiers "sensibles" de l'entreprise monégasque

Mis à jour le 19/02/2019 à 08:41 Publié le 19/02/2019 à 09:35
« Pour parvenir à ce qu’on me reproche, il faut avoir un autre niveau en informatique », s’est défendu le prévenu accusé d’avoir effacé des fichiers « sensibles ».

« Pour parvenir à ce qu’on me reproche, il faut avoir un autre niveau en informatique », s’est défendu le prévenu accusé d’avoir effacé des fichiers « sensibles ». Photo illustration S. Botella

Toute l'info locale + Des reportages exclusifs

En conflit avec son patron, l'architecte est accusé d'avoir effacé des fichiers "sensibles" de l'entreprise monégasque

En conflit avec son patron pour une histoire de salaire et de poste hiérarchique, un architecte était suspecté d'avoir effacé des fichiers "sensibles" avant de reformater l'ensemble des ordinateurs. L'accusé a vu les faits requalifiés en délit d'entrave par la justice monégasque.

C’est une sorte de "maître-chanteur 2.0" qui a comparu devant le tribunal correctionnel. Cet homme de l’art dans l’édification est en conflit avec son patron pour une histoire de salaire et de poste hiérarchique au niveau de l’encadrement dans un cabinet d’architecture de Monaco.

Comme son boss n’a pas cédé à ses demandes, l’employé s’est vengé. En juin dernier, il a perturbé le système informatique. Il a d’abord effacé deux fichiers sensibles, puis il a reformaté l’ensemble des ordinateurs.

À l’issue du dépôt de plainte, l’enquête fait vite référence à la vidéosurveillance. On voit le prévenu rentrer dans les locaux un dimanche soir, vers 20 h 30, quand le personnel est habituellement absent…

"Je travaillais en confiance"

Quand la menace vient de l’intérieur, voire de l’employé lui-même, les forteresses informatiques, peuplées de pare-feu, d’anti-virus et autre anti-malware ne sont plus de véritables murs infranchissables. Les protections du système d’information sont à la merci de l’agresseur.

Dès lors, le président Jérôme Fougeras Lavergnolle analyse rapidement la situation par la question primordiale posée à cet architecte résidant à Beausoleil: "Cherchiez-vous à nuire?"

Le prévenu reconnaît uniquement la manipulation sur son ordinateur de bureau, "où j’ai dû réinstaller deux fois le système. Pour parvenir à ce que l’on me reproche, il faut avoir les compétences requises. Donc un autre niveau en informatique…"

Le plaignant n’accorde aucun crédit à de telles affirmations. "Cet homme a effacé des projets en cours. J’étais en discussion d’une proposition d’augmentation. Je travaillais en confiance…"

"C’est une vengeance dans le but de nuire"

Plus virulent, Me Christophe Ballerio met en exergue "une sensation de trahison après dix-huit ans de vie professionnelle. L’employé procède à l’altération du système. Puis à la suppression de fichiers et données, avec une incidence pour entraver le fonctionnement de l’entreprise. C’est une vengeance dans le but de nuire. Pour le préjudice moral nous demandons l’euro symbolique. En revanche, sur le plan financier, les dommages sont importants: 4.200 euros."

Le premier substitut Olivier Zamphiroff ne croit pas au geste enfantin. "Ne vous laissez pas séduire par ce mot. Si ce personnage ne trouve pas son patron assez généreux, il doit aller voir ailleurs. Ce comportement à la fois de juge et partie est inacceptable. Appréciez les conséquences des entraves et altération! Pensez aux tracasseries! Historiques, mots de passe, codes… On est dans l’intentionnalité de faire du mal. Entre deux et quatre mois de prison assortis du sursis."

La défense admet le comportement stupide de son client.

"L’informaticien a été un excellent commercial"

"Cette bêtise d’avoir effacé et reformaté deux ordinateurs l’a conduit à son licenciement, admet sans craindre le blâme Me Hervé Campana. Il faut s’interroger sur les problèmes de pièces transmises par la partie civile à la veille de l’audience. Ne trouvez-vous pas étranges ces témoignages de l’épouse du patron et d’une salariée? Restons dans le dossier pénal. Si quelque chose a disparu, rien n’a paralysé le système informatique. Cet homme a même noté les nouveaux mots de passe afin de les porter à la connaissance du personnel. On évite d’agir de la sorte quand on veut faire mal. Je sollicite la relaxe. Enfin, l’informaticien a été un excellent commercial: 4.000 € pour changer deux ordinateurs…"

Après en avoir délibéré, le tribunal a requalifié les faits en délit d’entrave avec une peine de 2.000 € d’amende. Il a attribué à la partie civile 1 € pour le préjudice moral et 4.000 € pour les pertes financières.

Offre numérique MM+

...


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.