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Elle vole un bracelet à 45.000€ à Monaco et tente de le faire estimer... chez le joaillier de sa victime

Mis à jour le 24/10/2019 à 10:03 Publié le 24/10/2019 à 08:44
Illustration

Illustration Photo archives J.-F.O.

Elle vole un bracelet à 45.000€ à Monaco et tente de le faire estimer... chez le joaillier de sa victime

Après une soirée arrosée au Bar américain de l'Hôtel de Paris, une quadragénaire de Roquebrune-Cap-Martin a prétendu avoir trouvé le bracelet qu'elle avait en réalité dérobé à celle qui partageait sa table.

Les prières à saint Antoine de Padoue n’ont pas grande efficacité quand il s’agit de retrouver un bracelet Cartier à 45.000 €! D’autant que cette perte était en fait un vol. C’est le jeu de piste évoqué au tribunal correctionnel pour une affaire mettant en cause une rentière russe au patrimoine consistant, tentée par une nouvelle méthode pour accroître ses revenus.

Cette quadragénaire sans scrupule, domiciliée à Roquebrune-Cap-Martin, n’a pas hésité à jouer sur la proximité relationnelle avec un couple pour s’enrichir. À l’issue d’un concert en Principauté, dans la soirée du 7 septembre 2018, elle a rejoint les deux personnes au Bar américain de l’Hôtel de Paris.

Après avoir bu moult coupes de champagne, la compagne n’a plus le précieux anneau à son poignet. Le lendemain, plus lucide, elle pense l’avoir perdu… Pas pour tout le monde. Dans son scénario, la prévenue a cru qu’écouler ce bijou serait simple.

Quelque trois mois plus tard, le 29 novembre 2018, elle se présente chez un joaillier de la galerie du Métropole pour soumettre son butin à une expertise. Coïncidence, le professionnel avait vendu ce même bracelet auparavant à un client. Pas de bol…

Le juge pas dupe

À l’audience, le président Jérôme Fougeras-Lavergnolle (assesseurs: Florestan Bellinzona et Morgan Raymond, N.D.L.R.) entend la version étonnante de la quadragénaire russe.

"J’ai passé la soirée avec le couple, raconte-elle. En sortant, j’ai trouvé ce joyau de valeur sur les escaliers. Comme c’était 1 heure du matin, je ne l’ai pas remis à la police. Je l’ai rangé dans la boîte à gants de mon véhicule. Plus tard, je m’en suis souvenu et je l’ai fait estimer. Je ne l’ai jamais volé."

Remarque judicieuse du magistrat: "Si le joaillier n’avait pas fait la relation avec une vente précédente, vous l’auriez gardé. Toutefois, le couple prétend que vous avez quitté l’établissement avant leur départ. Il était impossible que vous découvriez ce bijou ! En plus, la victime vous a annoncé la perte de son bracelet le lendemain par téléphone. Motus ! C’est un joyau imposant. L’avez-vous vu au poignet de cette dame?"

À la barre, la rentière ne sait que répondre. Le tribunal s’intéresse alors au parcours judiciaire de la prévenue, qui a été condamnée en France, en 2004, pour vol avec violence. Il y a aussi une note de police de 2010 où elle est connue pour abus de confiance.

"Elle ment du début à la fin!"

Le premier substitut Cyrielle Colle, rationnelle, estime qu’il n’y a ni sens ni cohérence "dans la version totalement contradictoire de Madame. Alcoolisée, elle prend le bracelet Cartier, le fait expertiser dans une boutique en vue de le vendre et propose même d’amener la facture ! C’est du vol ! Car le personnel du palace est formel : le bijou a été perdu au Bar américain. Il fallait le confier aux autorités. C’est la loi. Tout est faux et cette personne ment du début à la fin. L’absence de partie civile est motivée par le retour de l’anneau au poignet de sa véritable propriétaire". Deux mois assortis du sursis sont requis.

Où est l’incohérence de la version de sa cliente pour Me Nikita Sichov, du barreau de Grasse? "C’est la seule personne qui ne varie pas dans ses déclarations. Quand on perd un tel bracelet, on le remarque. D’autant qu’il est impossible de définir l’instant où il est tombé. Alors, il y a un doute sur le port du bijou par la victime. A-t-il été soustrait frauduleusement? Non ! Il faut en rester là. La convocation d’aujourd’hui aura servi de leçon à la prévenue…"

Le tribunal la déclare coupable et dépassera les réquisitions du ministère public: trois mois assortis du sursis.


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