Elle vole des habits et de la nourriture pour subvenir aux besoins de son enfant: une mère de famille condamnée

Une quadragénaire avait été retrouvée en possession de vêtements et denrées alimentaires qu’elle a fini par restituer. Absente à la barre, elle a été condamnée.

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Jean-Marie FIORUCCI Publié le 06/01/2023 à 08:00, mis à jour le 09/01/2023 à 18:04
Une ressortissante russe, sans emploi, restitue la nourriture qu'elle avait subtilisé dans un centre commercial de Monaco afin de nourrir son enfant. Photo DR

Absente à l’audience, on n’apercevra pas cette femme de 48 ans, cité à comparaître devant le tribunal correctionnel pour deux délits de vols commis dans les enseignes monégasques de Décathlon et Carrefour.

Avait-elle honte d’avoir commis ces infractions, avec l’obligation d’étaler ses petites misères et sa vie privée à la barre? Voulait-elle conserver son anonymat physique afin d’éviter une éventuelle identification sur le territoire de la Principauté?

Sans aller jusqu’à symboliser le procès de la pauvreté, cette ressortissante russe, sans emploi, semblait n’avoir pas d’autre solution pour s’équiper et nourrir sa fille, quand elle a dérobé des vêtements et des produits de consommation courante. "C’est d’ailleurs ce que cette résidente de Beausoleil a déclaré aux inspecteurs de la Sûreté publique,
lorsqu’elle a été placée en garde à vue", a commenté le président Florestan Bellinzona (*).

Contrainte de jongler avec l’impossible, la quadragénaire s’était fait remarquer, le 20 octobre dernier, quand elle passait le portique du magasin spécialisé dans les produits sportifs de Fontvieille. Les employés la voyaient poursuivre son chemin malgré le déclenchement de la sonnerie d’alerte. Ils informaient les services de police et la voleuse
concernée était retrouvée assise dans un bus de la ville.

"J’ai dissimulé tout ce que je pouvais prendre"

Quand les agents fouillaient son sac, ils découvrent une paire de baskets, une brassière, une veste de running, un pantalon de jogging et un legging. Des effets volés au préjudice de Décathlon et mêlés à divers autres produits: une bombe de laque, des paquets de sachets de thé, une boîte de coton-tige, des sachets de graines, un parfum, des masques de beauté, une paire de ciseaux et deux paquets de comprimés.

La mère de famille reconnaissait un état de nécessité indispensable pour aider sa fille. "Oui, déclarait-elle aux policiers, j’ai dissimulé tout ce que je pouvais prendre sur moi. J’ai bien volé ces affaires vestimentaires."

Puis elle dénonçait un second autre forfait, à la surprise des fonctionnaires. "Tout le reste, je l’ai soustrait frauduleusement au supermarché Carrefour de la galerie commerciale de Fontvieille. Car ma fille paie mon loyer et elle ne peut pas manger à sa faim en m’aidant de la sorte. D’autre part, comme je dois partir en cure de désintoxication, j’avais la nécessité de tous les autres produits."

Aucune partie civile présente au tribunal

L’accusation, c’est une évidence, n’a pu poser aucune question. Les parties civiles n’avaient pas fait le déplacement jusqu’au palais de Justice. Ni désigné un représentant. Donc pas de demandes de possibles préjudices. Et l’émotion en moins… Alors, pour cette mère sans casier judiciaire, à Monaco comme en France, le substitut Emmanuelle Carniello a très brièvement requis sans autre commentaire: "deux mois d’emprisonnement assortis du sursis puisque tous les effets et autres affaires avaient été restitués".

Le tribunal s’est aussi rangé au plus près du seuil de l’impunité afin d’éviter une scène de désespoir. Il a suivi, sans plus de précision, les réquisitions du ministère public en rendant son jugement.

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