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Elle traite son livreur de sale nègre : prison avec sursis

Mis à jour le 26/05/2016 à 05:16 Publié le 26/05/2016 à 05:16
Lundi soir, le tribunal de Nice a condamné la retraitée une peine de prison. Elle devra aussi verser 2 000 euros à sa victime.

Lundi soir, le tribunal de Nice a condamné la retraitée une peine de prison. Elle devra aussi verser 2 000 euros à sa victime. archives N.-M.

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Elle traite son livreur de sale nègre : prison avec sursis

Agacée par un retard de livraison de son canapé, une retraitée suisse résidant à Menton s'était déchaînée contre l'employé en tenant des propos racistes

Eva, 54 ans, une commerçante à la retraite, de nationalité suisse, possède une résidence secondaire à Menton, en l'occurrence un appartement. Agacée contre une grande enseigne de l'ameublement après avoir attendu pour rien la livraison d'un canapé, elle s'est déchaînée contre le livreur de la pire des manières.

Le jeune homme venait, avec son collègue, de grimper huit étages avec le canapé sur le dos, quand il a subi, à l'arrivée, un tombereau de grossièretés racistes.

« Vous n'avez pas à me parler comme ça », lui a rétorqué, choqué, Mamadou, un solide jeune homme aux épaules de déménageur.

Quand les deux employés du livreur sous-traitant ont quitté l'immeuble, Eva vociférait encore ses propos racistes depuis son balcon. « Sale nègre, va te faire enc… » « Va travailler, sale nègre… »

« En Suisse, ça n'a pas la même signification… »

D'où les poursuites par le parquet de Nice pour « injure publique envers un particulier en raison de sa race, de sa religion ou de son origine ».

Pas très à l'aise à la barre, la prévenue, ancienne tenancière de bar en Suisse germanophone, a du mal à justifier de tels propos orduriers. « En Suisse, "nègre" n'a pas la même signification » bredouille-t-elle présentant de timides excuses.

La présidente, Annie Bergougnous, lui suggère de les présenter directement à Mamadou en le regardant. Mamadou, assis sur le banc des parties civiles, préfère ne pas croiser son regard. Licra, Mrap, Ligue des Droits de l'Homme et SOS Racisme sont parties civiles dans ce procès.

« On peut se fâcher contre un livreur de canapé mais que vient faire ici la couleur de peau ! », s'indigne Me Cohen-Seat. « Ce n'est pas seulement Monsieur qui est attaqué, mais les valeurs de notre société », renchérissent Me Houam et Me Gerbi.

« L'infraction d'injure raciale existe aussi en Suisse », remarque Me Julien Prandi, conseil du jeune livreur. L'avocat note que le retard du canapé n'était pas dû à la société de livraison mais au magasin d'ameublement.

Le procureur Annie Brunet-Furster fustige « des propos insupportables, réitérés ». Le magistrat requiert « une peine à portée symbolique », pour « signer la gravité de ce qui s'est passé » : trois mois d'emprisonnement avec sursis et 800 euros d'amende.

Me Robert, pour la défense de la cliente mal embouchée évoque « un propos malheureux » : « Elle était tenancière d'un bistrot, elle use d'un langage populaire qui traduit davantage son énervement dû à un manque de professionnalisme, plutôt que du racisme. »

Le tribunal a suivi lundi soir les réquisitions en condamnant Eva à trois mois de prison avec sursis, ramenant l'amende à 300 euros. Elle devra verser 2 000 euros à sa victime. Les associations antiracistes obtiennent l'euro symbolique de dommages et intérêts (alors qu'elles réclamaient au total 8 000 euros) et 2 000 euros pour leurs frais de justice.


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