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Elle sème la panique avec ses chiens rue Biovès

Mis à jour le 17/05/2021 à 17:04 Publié le 17/05/2021 à 16:48
La prévenue a écopé de six mois de prison avec sursis.

La prévenue a écopé de six mois de prison avec sursis. (Photo archives Nice-Matin)

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Elle sème la panique avec ses chiens rue Biovès

Des policiers ont dû intervenir, en février dernier, avec un flash-ball dans le quartier Plati pour maîtriser les deux dobermans sans laisse d’une quinquagénaire qui apeuraient des riverains.

C’est une femme connue pour ses particularités comportementales, avec une aversion instinctive pour tous les interdits. En outre, ses troubles de la personnalité et ses traitements médicamenteux ont plus encore marginalisé cette esseulée jusqu’au ban de la société. Alors, ses deux chiens doberman, elle le reconnaît, "c’est tout ce qui me reste". Au point d’humaniser ses molosses de défense dissuasifs et de les sortir librement sans laisse. Comme le 9 février dernier.

Déjà connue pour "sa violence"

Vers 23 heures, un couple du quartier Plati croise avec leurs petits chiens la quinquagénaire accompagnée de ses animaux. Apeurés face au quiétisme de la propriétaire des chiens, ces riverains alertent la Sûreté publique. L’arrivée de trois policiers a aussitôt donné lieu à une altercation verbale plutôt musclée.

Pour comparaître devant le tribunal correctionnel, la prévenue avait délaissé son habituel vêtement de bure pour une tenue plus adaptée à la situation. À la barre, elle réfute toute responsabilité dans ce conflit. "J’ai mon franc-parler, admet-elle. Ce sont les chiens de cette dame qui n’ont pas arrêté d’aboyer. Quand elle m’a menacée et insultée, j’ai eu une réaction disproportionnée. Je n’avais ni bu ni pris de drogue. Ce qui m’a fait plus peur, c’est l’arme et le tutoiement des policiers. Je n’ai pas craché. Vu les gabarits, je ne les ai pas frappés, mais outragés. J’étais effrayée quand un des agents a visé mes dobermans et m’a dit je vais leur mettre une balle…"

Pour éviter toute zone d’ombre dans ce dossier, le président Jérôme Fougeras Lavergnolle (*) interroge le fonctionnaire. "Cette dame s’est rebellée et crachait, affirme-t-il. Elle est connue pour sa violence… On avait du mal à retenir ses chiens puissants. J’avais un flash-ball, arme non létale, pour réagir en cas d’attaque, car elle ne voulait pas tenir ses animaux menaçants en laisse."

Un second policier estimait "tout faire pour arranger l’affaire. On lui a dit plusieurs fois de rentrer chez elle avant de l’interpeller. Comme elle avait l’intention de nous porter des coups avec des menaces de mort, on l’a maîtrisée."

"Ce n’est pas l’uniforme que je visais. C’était l’homme"

Déduction du magistrat: "On a l’impression que vous cherchiez l’affrontement. Vous n’aviez pas de masque, ni vos chiens tenus en laisse. Des examens psychiatriques démontrent de sérieux troubles avec menaces. Vous avez été condamnée plusieurs fois pour ivresse au volant, violences, outrages, dégradations… Que peut-on faire pour stopper votre comportement agressif?"

Si les médicaments ne lui font plus aucun effet, reconnaît-elle, "les flics n’ont pas de compassion à mon égard. Je suis désolée d’avoir eu ces mots. Mais ce n’est pas l’uniforme que je visais. C’était l’homme!"

Voix des parties civiles, Me Hervé Campana "n’a entendu aucune excuse. Des chiens affectueux et une passante qui l’insulte? Les policiers connaissent bien ce personnage sanguin. Ils sont venus avec les précautions d’usage. Et les crachats? Les plaignants ont une famille et en pleine crise sanitaire, ils ont eu peur. Le flash-ball? L’arme aurait été inutile si Madame avait tenu ses chiens. 1.000 euros pour chacune des cinq personnes que je représente."

Outre le rappel des faits, le premier substitut Cyrielle Colle évoque "une prévenue qui veut un règlement particulier. Elle n’est ni inspecteur de la Direction de l’action sanitaire, ni conseiller de gouvernement pour décider de ce qu’il faut faire. Il y a le plateau de la Justice pour permettre à ses chiens de se dépenser. Et non la rue Biovès à 23 heures. Les infractions sont caractérisées. IL n’y a pas cinquante solutions pour mettre un coup d’arrêt à ce comportement. De l’emprisonnement ferme, car elle n’est plus accessible au sursis, avec l’injonction de soins. Prononcez une peine mixte dissuasive: six mois, dont cinq avec sursis; avec détention fractionnée pour quelques week-ends. C’est une solution pour la calmer."

Des amendes et du sursis

Me Christophe Ballerio va enchaîner les raisons pour épargner la détention à sa cliente. « Cette situation anodine a dérapé. Mais aucun chien ne s’est montré agressif. Il y a des remords face à son comportement disproportionné, parce qu’il ne lui reste plus que ses animaux. Est-ce une réaction au-delà de la morale? D’autre part, une arme non létale reste une arme quoi qu’on en dise. Ma cliente est accessible à la liberté d’épreuve. Personnalité borderline ou réaction émotionnelle en lien avec sa pathologie? Ne cherchez pas une logique. Forcez plutôt le quantum du sursis pour lui épargner la maison d’arrêt.

Le tribunal a offert une dernière chance à la quinquagénaire. Six mois avec sursis, liberté d’épreuve pendant deux ans avec des soins. Elle devra verser 1.000 euros au couple et 800 euros à chacun des trois policiers.

* Assesseurs: Geneviève Vallar et Aline Brousse.

Offre numérique MM+

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