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Elle se prostitue par amour puis, éconduite par son amant, se drogue jusqu'au malaise à Monaco

Une ressortissante espagnole de 25 ans a été condamnée à 1.000 euros pour consommation et détention d’une drogue hallucinogène de synthèse dans un bar de Monaco.

Jean-Marie Fiorucci Publié le 06/12/2021 à 12:33, mis à jour le 06/12/2021 à 12:24
La jeune femme avait été contrôlée par les policiers après avoir fait un malaise dans la nuit du 11 juillet dernier. Photo Jean-François Ottonello

L’affaire de stupéfiants évoquée devant le tribunal correctionnel en a rappelé bien d’autres aux conséquences identiques… Une ressortissante espagnole de 25 ans s’était laissée séduire par un homme à Dubaï. Tombée follement amoureuse et piégée par ce coup de foudre, elle se retrouvait entre les griffes d’un proxénète qui la persuadait de se prostituer…

Il lui donnait rendez-vous à Monaco, où elle devait exercer le plus vieux métier du monde...

"Je suis venue à Monaco parce que je suis amoureuse"

Comme son homme lui avait posé un lapin, la jeune femme, désappointée jusqu’au dépit, consommait à foison une drogue hallucinogène de synthèse, le 2C-B, dénommé parfois nexus. Jusqu’au malaise, vers 3h35, dans la nuit du 11 juillet dernier.

 

Au cours du contrôle, les policiers remarquaient la détention de trois pochons de cette même substance dans son sac et une quantité égale dans sa chambre. Soupçonnée d’usage de produits stupéfiants, elle avouait au cours de sa garde à vue l’achat de 30 grammes de drogue pour un millier d’euros en Espagne.

À l’audience, la prévenue est en pleurs pour expliquer son comportement à la présidente Françoise Barbier-Chassaing. Trop pressée d’embrasser le bonheur conjugal, elle avait noué un lien à la fois profond et fragile avec son amant de rencontre.

Jusqu’à se laisser convaincre par l’exaltation de vivre une histoire d’amour dont elle n’avait jamais prévu le penchant éphémère. Agrippée à la barre, la jeune femme éconduite, en plein deuil sentimental, a reconnu qu’elle attendait son souteneur ce soir-là.

"Cela m’a rendu malade", perçoit-on dans ses propos ponctués de gros sanglots.

"J’étais rentrée en Espagne pour aider ma mère financièrement. C’est d’ailleurs pour des raisons alimentaires que je m’adonne à des actes sexuels tarifés. Je suis venue à Monaco parce que je suis amoureuse et là j’ai compris que mon mec m’avait déjà abandonnée…"

D’autres mots font revivre les fantômes de l’intimité et des éclats de bonheur qui ont rapidement fait place à l’angoisse et à l’absorption démesurée de substances hallucinogènes. "Vous étiez complètement out, rappelle la magistrate. Votre activité professionnelle ne vous est pas reprochée. C’est votre consommation de drogue dans le cadre d’une grande fragilité physique et psychique…"

 

Sur les faits concernant ce duo des plus dissemblables, la présidente indique avoir contacté le personnage en question. "Il a admis avoir eu une aventure avec vous à Dubaï. Mais il ne vous connaît pas plus que cela…"

In fine, la jeune femme emmetra un dernier avis pour expliquer comment un ticket pour le paradis a dérivé sur un voyage en enfer. "Si c’était un homme correct, il aurait répondu au moins à mes messages. Je n’aurais pas été dans cet état à Monaco, ni devant votre tribunal…" Tribunal qui suivra les réquisitions du ministère public.

Cyrielle Colle quitte le ministère public

Certes, le premier substitut Cyrielle Colle concentre uniquement ses réquisitions sur l’infraction d’usage du 2C-B, « un dérivé de l’ecstasy, reconnait-elle, qui fait des ravages dans toutes les couches sociales ». Mais on ressent de l’émotion dans sa voix. Car à l’issue de cette audience, la parquetière quittera le ministère public. Reconnue comme une pièce maîtresse de l’équipe de Sylvie Petit-Leclair, procureur général, la magistrate assurera les fonctions de juge de paix à la place de M. Michel Soriano, arrivé en fin de détachement en Principauté.

Et d’espérer que la prévenue retiendra la leçon. « Malaise et comparution doivent convaincre cette jeune personne qu’elle ne trouvera jamais la moindre solution dans la drogue. C’est, d’une part, illégal et à Monaco on est très vigilant sur le sujet. Je propose de prononcer une peine de 1 000 € d’amende. »

Offre numérique MM+

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