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Elle réussit à voler plus de 14.300€ dans plusieurs magasins de la Côte d'Azur grâce à un mode opératoire très simple

Mis à jour le 23/02/2020 à 10:34 Publié le 23/02/2020 à 10:45
Anne-Marie avait ciblé, parmi d'autres enseignes, le Décathlon de Grasse.

Anne-Marie avait ciblé, parmi d'autres enseignes, le Décathlon de Grasse. Capture d'écran Google Street View

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Elle réussit à voler plus de 14.300€ dans plusieurs magasins de la Côte d'Azur grâce à un mode opératoire très simple

Pour s’être fait créditer sur sa carte bancaire près de 14.300 euros d’articles remboursés entre Antibes, Cannes et Grasse, elle a été condamnée à trois ans dont un avec sursis.

Pendant plusieurs mois, de grandes enseignes spécialisées comme Décathlon à Grasse, Cultura à Mandelieu, Castorama à Antibes et Leroy Merlin à Vallauris ont eu affaire à une bien curieuse cliente qui, semblant insatisfaite de ses achats, se les faisait rembourser.

Sauf que les articles en question étaient volés par ses soins. Les sommes récupérées illégalement étaient créditées sur sa carte bancaire à sa demande.

Le mode opératoire était simple. Il lui suffisait de se présenter à la caisse en prétextant qu’elle avait perdu le ticket d’achat.

Tour de France des succursales

Les vêtements et autres outillages dérobés provenant bien de leurs rayons, les commerçants, peu regardants au départ, acceptaient la transaction.

L’escroquerie dura du 1er mars au 31 octobre 2018, pour un montant de 14.298,84 euros. Ce stratagème se révélant efficace, Anne-Marie, Niçoise de 40 ans, allait faire le tour de France des succursales.

Trente magasins des enseignes citées en partie civile établis dans différents départements furent ciblés par l’escroc. Elle fit alors l’objet d’un signalement national émis par les victimes qui, finalement alertées, avaient découvert son manège très rémunérateur.

C’est dans les parkings de ces magasins à Cholet (Maine-et-Loire) et à Puget-sur-Argens qu’on repère la voiture qu’elle conduit et son immatriculation, l’une louée par sa sœur, l’autre appartenant à sa mère. Les soupçons de complicité familiale seront finalement écartés, mais ces éléments permettent de remonter la piste jusqu’à la voleuse.

23 mentions à son casier judiciaire

Appréhendée par les gendarmes le 19 mars 2019 et maintenue en détention provisoire, elle est formellement identifiée par des témoins.

Elle était présentée dernièrement devant le tribunal correctionnel de Grasse, présidé par Laurie Duca, pour répondre de faits d’escroquerie en récidive.

Anne-Marie, dans sa jolie robe à fleurs et s’exprimant d’une voix claire, mère de sept enfants, accumule pourtant vols, escroqueries et falsification de chèques. Elle a 23 mentions à son casier judiciaire.

Les premiers faits remontent à 1995. Elle a déjà passé plusieurs années de sa vie en prison.

Le président interroge la prévenue et lui demande de s’expliquer. "J’ai découvert cette facilité de se faire rembourser sans ticket de caisse. Ça a "tilté" dans ma tête. C’était de l’argent facile. Je ne pensais pas faire le mal, c’était de grandes enseignes. C’était de l’argent pour se faire plaisir, principalement pour les enfants, pour les loisirs."

"Que pensez-vous de cette situation aujourd’hui?", demande le magistrat. "C’est simplement effroyable", répond-elle. "À l’époque je ne voulais pas me réinsérer, j’avais accepté le prix à payer. Aujourd’hui, j’ai créé mon entreprise de wedding planner [organisation de mariages, Ndlr] et je fréquente régulièrement un psychiatre."

"Son purgatoire"

Un rapport d’expertise écarte d’ailleurs toute tendance à la kleptomanie dans cette affaire.

Pour le procureur de la République, Thierry Bonnifay, "la prévenue exploite une faille et instaure cette boulimie d’escroquerie en mode de vie". Il requiert trois ans de prison dont un avec sursis mise à l’épreuve, avec maintien en détention.

Aux intérêts de sa cliente, Me Christian Scolari plaide: "Je suis celui qui la connaît le mieux, c’est un véritable acte sacrificiel. C’était bien son nom qui figurait sur ses deux cartes de crédit. Cette fois, elle a dégusté, c’est son purgatoire".

Le tribunal condamnera finalement Anne-Marie à trois ans de prison dont un avec sursis, mise à l’épreuve pendant trois ans, avec maintien en détention et obligation de soins.


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