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Elle avait tué une femme enceinte pour lui voler son fœtus, la Cour suprême autorise l'administration Trump à l'exécuter

Mis à jour le 13/01/2021 à 07:00 Publié le 13/01/2021 à 07:00
Cette photo de dossier fournie par le département du shérif du comté de Wyandotte montre la détenue du couloir de la mort Lisa Montgomery (photo publiée le 20 décembre 2004 à Kansas City, Kansas). Un juge a accordé un sursis à l'exécution à Lisa Montgomery, qui devait être mardi la première détenue exécutée par le gouvernement fédéral américain en 70 ans. Montgomery, 52 ans, a été emprisonnée pendant 16 ans après avoir tué une femme enceinte afin de lui voler son fœtus. Elle devait recevoir une injection mortelle le soir du 12 janvier dans un pénitencier fédéral de Terre-Haute, Indiana. Mais le 11 janvier, le juge James Hanlon du district sud de l'Indiana lui a accordé un sursis d'exécution.

Cette photo de dossier fournie par le département du shérif du comté de Wyandotte montre la détenue du couloir de la mort Lisa Montgomery (photo publiée le 20 décembre 2004 à Kansas City, Kansas). Un juge a accordé un sursis à l'exécution à Lisa Montgomery, qui devait être mardi la premi... Photo AFP / shérif du comté de Wyandotte

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Elle avait tué une femme enceinte pour lui voler son fœtus, la Cour suprême autorise l'administration Trump à l'exécuter

La Cour suprême des Etats-Unis a donné, dans la nuit de mardi à mercredi, son feu vert à la première exécution fédérale d'une femme en près de 70 ans, qui sera l'un des derniers actes de la présidence de Donald Trump.

La haute Cour a refusé à minuit (05H00 GMT) d'ultimes recours déposés par les avocats de Lisa Montgomery, 52 ans, malgré le désaccord de ses trois magistrats progressistes.

Détenue dans un pénitencier fédéral à Terre-Haute, dans l'Indiana, elle devrait donc recevoir dans la nuit une injection létale.

En 2004, elle a tué une femme enceinte de huit mois afin de lui voler son fœtus.

Dans l'incapacité d'avoir un nouvel enfant, elle avait repéré sa victime, une éleveuse de chiens, sur internet et s'était présentée à son domicile dans le Missouri sous prétexte de lui acheter un terrier.

Sur place, elle l'avait étranglée, lui avait ouvert l'utérus, avait pris le bébé -- qui a survécu -- avant de l'abandonner dans une mare de sang.

Sans nier la gravité de son crime, ses avocats avaient souligné qu'elle souffrait de troubles mentaux sévères, conséquences de violences et viols en réunion subis dans son enfance.

Lundi soir, un juge fédéral avait ordonné de surseoir à son exécution, le temps d'évaluer son état mental.

"Mme Montgomery est si éloignée de la réalité qu'elle ne peut pas comprendre rationnellement le motif de l'administration pour son exécution", avait estimé le juge Patrick Hanlon.

Une cour d'appel, saisie par le ministère de la Justice, avait toutefois annulé cette décision mardi, et la Cour suprême, profondément remaniée par Donald Trump, a validé sa décision.

Le temple du Droit américain, qui avait été saisi de deux autres recours distinct, a à chaque fois donné raison aux avocats du gouvernement.

Fervent partisan de la peine capitale, comme ses électeurs les plus conservateurs, Donald Trump a par ailleurs ignoré une demande de clémence adressée par les soutiens de Lisa Montgomery.

"Course folle"

Malgré le recul de la peine capitale aux Etats-Unis et dans le monde, son administration a renoué en juillet, après 17 ans de pause, avec les exécutions fédérales et les enchaîne depuis à un rythme jamais vu.

Dix Américains ont reçu depuis l'été des injections létales à Terre-Haute et l'administration Trump prévoit, outre Mme Montgomery, d'exécuter deux hommes noirs cette semaine: Corey Johnson jeudi et Dustin Higgs vendredi.

Là encore, une bataille judiciaire féroce est engagée. Un tribunal fédéral a décidé mardi de reporter leur exécution de plusieurs semaines au motif qu'ils ont été contaminés par le Covid-19.

D'anciens gardiens de prison ont de leur côté demandé au ministère de la Justice de reporter ces exécutions "jusqu'à ce que le personnel pénitencier soit vacciné" contre ce virus.

Entre les bourreaux, les gardiens, les témoins, les avocats... une exécution mobilise des dizaines de personnes dans un environnement clos, propice à la propagation du virus. Pour cette raison, les Etats américains, y compris le très répressif Texas, ont suspendu les exécutions depuis des mois.

A contre-courant, l'administration de Donald Trump a au contraire affiché sa détermination à procéder au maximum d'exécutions, avant de quitter le pouvoir.

"Dans les dernières heures de la présidence Trump, il y a une course folle pour exécuter des gens qui sont dans les couloirs de la mort depuis des années voire des décennies. C'est insensé", a dénoncé sur NPR le sénateur démocrate Dick Durbin, en annonçant l'introduction d'une loi visant à mettre un terme aux exécutions fédérales.

Les démocrates ayant repris le contrôle du Sénat, il est possible qu'elle soit adoptée une fois que Joe Biden aura pris ses fonctions.

Le président élu, qui prêtera serment le 20 janvier, est un opposant à la peine capitale et a promis de travailler avec le Congrès pour l'interdire au niveau fédéral.


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