Elle avait tenté de kidnapper son fils une seconde fois, une Russe condamnée après un scénario rocambolesque à Monaco

Une mère, avec la complicité de son frère, avait l’intention de reprendre son fils de 7 ans, dont la garde avait été confiée au père par la justice italienne...

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JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 07/03/2022 à 08:21, mis à jour le 07/03/2022 à 11:33
Le petit garçon âgé de 7 ans avait déjà été soustrait à la garde de son père par sa mère il y a trois ans en Italie. Celle-ci a tenté de récidiver à Monaco, accompagnée d’un homme qu’elle a présenté comme étant son frère. La Sûreté publique est intervenue et a empêché ce rapt. Photo Sébastien Botella

Trois ans de prison ferme, dont douze mois avec sursis. Le tribunal correctionnel a condamné deux ressortissants russes pour le rapt manqué d’un garçon de sept ans, le 10 août 2019, au sortir du 31, boulevard Princesse-Grace. La peine a été assortie de 5.000€ d’amende avec mandat d’arrêt.

A l’audience, ni prévenus ni partie civile. Leurs avocats respectifs sont là pour les représenter. Dans cette affaire, le président Florestan Bellinzona associe une paire de coupables étranges, adeptes de la tergiversation et de la cachotterie. Sont-ils frère et sœur? Mari et femme? Deux amis? Ou un couple incestueux? L’ambiguïté pourrira les débats. Car le duo avait l’intention de soustraire par la ruse l’enfant que Madame a eu avec son concubin italien et placé sous protection monégasque.

La mère avait déjà enlevé une première fois l’enfant

Ce détournement de mineur verse ses premières pièces au dossier dès la séparation entre ce Florentin et sa compagne slave. A l’époque, la justice toscane avait confié la garde du bambin au père. La mère s’y était opposée et elle avait fui avec son petit hors du pays.

Toutefois, l’ex-concubin entreprenait de longues investigations pour retrouver son fils. Trois ans plus tard, il est informé que son ancienne compagne russe vivrait recluse avec l’enfant, le "frère" et la grand-mère dans un deux-pièces au Château-Périgord, à Monte-Carlo. Toute tentative de contacter le logement des lacets Saint-Léon est un échec.

Mais le père ne s’avoue pas vaincu. Il rencontre un avocat aux fins de saisir le juge tutélaire et dépêcher les services sociaux sur les lieux. La porte reste close. C’est au tour de la Sûreté publique d’intervenir. Les trois adultes font barrage aux policiers. Mais les agents pénètrent enfin dans l’habitation et conduisent le garçonnet de force au Foyer de l’Enfance Princesse-Charlène.

 

L’enfant confiné dans l’appartement et déscolarisé

Triste constat: le gamin, longtemps confiné dans l’appartement, n’est pas scolarisé. Il est atteint de trouble moteur. Et la mère refuse de se plier aux règles de protection de la jeunesse en Principauté. Elle met au point un subterfuge particulièrement habile pour récupérer son fils coûte que coûte.

Le dessein? Demander au Foyer d’amener son petit chez le coiffeur habituel où cette dame a pris rendez-vous et prié le personnel de la prévenir dès l’arrivée du garçon dans le salon du Larvotto. C’est chose faite. La mère est là et devance son "frère" qui tente d’enlever l’enfant afin de l’installer dans un van immatriculé en Espagne pour quitter ensuite Monaco. La manœuvre échoue. Les policiers ramènent sous escorte l’enfant au Foyer.

La mère russe en situation irrégulière

S’ensuit un méandre d’incohérences: les trois adultes sont en situation irrégulière; ils n’ont plus le droit de résider dans l’Espace Schengen; le plaignant essaierait de leur soutirer de l’argent car il ne serait pas le père biologique du garçonnet…

Le couple russe passera quatre mois en détention à la maison d’arrêt. Quelle situation paranoïaque pour le premier substitut Valérie Sagné, avec "l’installation complètement clandestine de la famille à Monaco, des traces d’un projet mafieux insensé et prémédité pour soustraire l’enfant afin de le priver de relation paternelle." Il sera requis trois ans d’emprisonnement, dont douze mois assortis du sursis, 3.000 euros d’amende et mandat d’arrêt international.

 

Le tribunal en tiendra compte.

Aucune tentative d'enlèvement à Florence

La partie civile, représentée par Me Bernard Bensa, s’étonne que les prévenus accusent le Foyer de l’Enfance coupable de cet enlèvement et de maltraiter le garçon.

Or, cette division de la DASS a effectué "un travail remarquable afin que l’enfant renoue un lien avec son père. Condamnez Madame pour cette tentative d’enlèvement. Une fois pris, le gamin pouvait voguer vers la Russie. On ne sait qui est qui dans cette affaire. Les deux coupables n’ont jamais produit de papiers d’identité. En revanche, une fois libérés, ils sont retournés à Florence où le père de l’enfant à une villa, et ils ont renouvelé une tentative d’enlèvement. Ce couple fait d’ailleurs l’objet de poursuites en Italie. Avec un mandat d’arrêt international, il cessera toute autre tentative. Nous demandons l’euro symbolique."

Côté défense, Me Clyde Billaud était dans l’impossibilité de fournir de nouveaux arguments. L’avocat est toujours sans nouvelle de son client, le "frère", depuis sa libération. Il note cependant "une fragilité certaine de sa personne au travers de l’expertise psychiatrique et la contestation du rapport par cet homme, sous la coupe complète de sa sœur ou de son épouse."

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