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Dix mois de prison ferme pour un voleur en série de 19 ans

Mis à jour le 31/08/2017 à 17:21 Publié le 31/08/2017 à 16:50
Le tribunal de Monaco.

Le tribunal de Monaco. Photo Jean-François Ottonello

Dix mois de prison ferme pour un voleur en série de 19 ans

Un Marocain de 19 ans a confessé un périple délictueux atypique devant le tribunal correctionnel. Les juges l'ont condamné à une peine de dix mois d'emprisonnement ferme !

Arrivé une première fois en territoire monégasque le 25 août dernier, en provenance de Paris, il a cambriolé, dès 15 h, un appartement situé au 3, rue Louis-Aureglia.

Ordinateur portable, huit chaînes en or, quatre montres de valeur, des écouteurs, un appareil photo, un téléphone portable, deux passeports, un couteau étaient dérobés. Le préjudice est évalué à 34.895 €. Il a revendu une grande partie du butin pour la somme de 300 €, dans le quartier Notre-Dame à Nice.

Trois jours après, le 28 août, vers 2 h, les policiers sont alertés : un vol a été commis au restaurant "Da Caterina", au Larvotto.

Une vitre a été brisée, le tiroir-caisse vidé de quelque 300 € en billets et de nombreuses pièces de monnaie. Un téléphone portable a également disparu. Dix minutes plus tard, les enquêteurs sont intrigués par un bruit de vitre fracturée au niveau de "La Rose des Vents". Ils remarquent un jeune homme qui déambule sur la plage. Il venait de jeter une bouteille sur la vitrine du commerce "La Licorne".

Les fonctionnaires trouveront sur lui de nombreux billets et des pièces encore en rouleaux pour un total de 1.162,40 €. Sans oublier quelques denrées alimentaires. Au cours de ce même jour, le responsable de l'établissement "La Bionda", rue Suffren-Reymond, déplorait la disparition de 250 € en numéraires et monnaie. Entendu sur ces infractions de vols au cours de sa garde à vue, le prévenu reconnaîtra l'intégralité des faits reprochés.

"C'était pour manger"

Méthodique, le président Jérôme Fougeras-Lavergnolle veut connaître les raisons d'un tel parcours. "Pourquoi êtes-vous venu à Monaco ? Par quels moyens avez-vous atteint le troisième niveau de l'immeuble L'Harbour Crest ? Où est passé l'argent volé?" Le détenu répond avec parcimonie. "J'étais venu visiter Monaco. J'ai pu grimper sur la terrasse de l'immeuble par une échelle et grâce à l'échafaudage. Les fenêtres étaient ouvertes. L'argent, c'était pour manger et me loger. Je suis revenu le lendemain, mais ce n'était pas pour voler…"

Le magistrat relève aussitôt: "Pourtant… Comme vous êtes SDF, vous avez squatté les escaliers Sainte-Dévote pour la nuit. Et le lendemain, entre 17 h et 18 h, vous avez dégondé la fenêtre du restaurant pour vider le tiroir-caisse et prendre l'argent des pourboires. Pas beaucoup plus tard, vous cassez la porte d'un commerce avec une pierre et vous volez au passage 400 €. Puis vous fracturez une vitre. On a retrouvé sur vous des billets et des pièces…"

Le prévenu s'embrouille un peu dans ses comptes: "600 € m'appartenaient ; plus les 300 € de la vente ; 272,40 € de monnaie. Tout ce qui a été volé je l'avais laissé dans ma poche!"

Ultime précision du président: "Vous avez été contrôlé en Suisse sous un patronyme différent. D'après Interpol, votre ADN correspond à l'auteur de vols par effraction à Zurich et vous avez été refoulé d'Allemagne où vous étiez en situation irrégulière. Comme en France d'ailleurs. Mais vos casiers sont vierges…"

De quoi faire bondir le premier substitut Olivier Zamphiroff.

"Je ne vais pas me laisser conter par une personne qui est primo-délinquante avec de multiples identités ! Vous jugez un homme qui se transporte facilement d'un pays à un autre et commet des délits. Ne retenez pas le montant de la revente de 300 €. Vous devez le condamner. La peine doit être forte et ferme car les faits sont graves. On a fini de plaisanter et de faire carrière dans une délinquance lucrative : douze mois de prison!"

La défense fera vibrer les cordes de la sensibilité. "Mon client a fui la misère de son pays à 16 ans, déclame Me Raphaëlle Svara. Il est sans papiers. Il ne veut pas vous apitoyer. Il a bien vendu son butin pour 300 € afin de manger. Laissez-lui sa chance…"

Le tribunal réduira légèrement les réquisitions du ministère public et attribuera la somme de 34.895 € à la partie civile.


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