Dix jours ferme confirmés pour outrages à policiers

Un agent d’entretien, absent à une précédente audience et condamné par défaut, avait fait opposition au jugement. Défaillant une nouvelle fois, la peine a été appliquée.

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JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 31/01/2022 à 19:27, mis à jour le 31/01/2022 à 19:39

Quatre policiers avaient réclamé justice devant le tribunal correctionnel pour un comportement blâmable commis le 5 janvier 2020. Au cours de la première audience, le prévenu, un homme de 28 ans, avait brillé par son absence.

Il lui était pourtant reproché à l’époque des faits un délit d’outrages. Offense sévèrement punie par les juges. D’autant que l’infraction visait des personnes dépositaires de l’autorité publique. Une condamnation à dix jours de prison ferme et une interdiction de territoire monégasque étaient alors prononcées par défaut.

Certainement désireux de s’expliquer sur son comportement, ce salarié monégasque demeurant (à une fausse adresse) à Beausoleil, avait fait opposition au jugement.

L’affaire est revenue à l’audience il y a quelques jours. Elle était présidée par M. Florestan Bellinzona (*). Et une nouvelle fois, le prévenu était absent.

Un casier judiciaire bien fourni en France

Il est bon de rappeler toutefois que le prévenu avait été contrôlé vers 10h30 sur son trajet au niveau de la gare SNCF pour un comportement récalcitrant.

 

Arrogant et fanfaron sur les bords, il avait lancé à l’encontre des fonctionnaires: " Comme je suis originaire des Baumettes, à Marseille, je vais m’occuper de votre cas. Je ne vais pas tarder à vous retrouver à Cap-d’Ail…" Pendant sa garde à vue, l’agent d’entretien dénonçait un véritable chantage à l’outrage, à chaque vérification d’identité.

"Le contrôle est quotidien, soutenait-il dans sa déposition et un policier m’a parlé sur un ton désagréable. Puis j’ai subi une palpation. A aucun moment j’avais recherché l’affrontement…"

Toutefois, quand on déroule son casier judiciaire français, on peut en douter… Quatre condamnations pour vol, recels de vol, vol avec violences, violences. Rarement, Me Hervé Campana, pour les parties civiles, s’était autant emporté, confronté à cette comédie de faussetés. Il ne veut pas voir ses clients suspectés à tort et encore moins rapprocher sa plaidoirie des intentions de masquer des violences policières.

"Le comportement de cet individu est d’autant plus grave que les agents agissaient dans un simple contrôle et en plein jour. Outragés, menacés, provoqués, tutoyés… ils maintiendront l’ordre tout en conservant leur calme. Nous réclamons la somme de 500 euros€ pour chacun."

 

Comment appréhender et sanctionner à la fois ces foucades? Le représentant du parquet général tenait une piste sérieuse. "Ce sont des faits graves, inadmissibles de la part d’un individu qui a un casier encrassé."

Agacé, courroucé, crispé, le parquetier professait: "Non à une amende! Non à de la prison avec sursis! Oui à l’incarcération! Envoyez un signal fort avec dix jours de prison ferme et une interdiction de territoire monégasque."

Après un temps suffisant pour délibérer, la juridiction d’alors y consentait en suivant les réquisitions du ministère public sur le quantum de l’emprisonnement. Il était attribué aux parties civiles la somme de 500 euros à chaque agent.

Il y a quelques jours, quand l’affaire a été une nouvelle fois examinée, et face à l’absence du prévenu, la décision par défaut a été appliquée.

* Assesseurs: M. Morgan Raymond et Mme Virginie Hoflack.

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