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Deux Montpelliérains débarquent à Monaco avec 133g de cannabis: le conducteur envoyé en prison

Deux jeunes, contrôlés dimanche à la frontière ouest de la Principauté, écopent de 15 jours ferme pour le conducteur et 6 mois avec sursis pour son passager.

Jean-Marie FIORUCCI Publié le 11/12/2020 à 17:05, mis à jour le 11/12/2020 à 17:06
Dimanche, en arrivant à Monaco, deux jeunes Montpelliérains ont été surpris d’être arrêtés et renvoyés devant le tribunal correctionnel pour détention et usage de cannabis. Photo archives J.-F.O.

Deux étudiants montpelliérains, en visite sur la Côte d’Azur, se sont retrouvés en Principauté, dimanche, sans savoir qu’ils franchissaient une frontière. Au rond-point Wurtemberg, vers 15 h 55, ils sont contrôlés par la Sûreté, alors que des pochons de cannabis sont bien alignés derrière le pare-brise.

Les deux touristes de 21 ans, assez déconcertants dans leurs agissements, faisaient amende honorable. Ils sortaient deux autres petits sachets de leurs poches, d’environ 7 g de shit. Les fonctionnaires procédaient alors au test salivaire du jeune homme au volant. Sans surprise, celui-ci conduisait sous l’influence de stupéfiants.

Puis ils inspectaient le véhicule. Dans un recoin, ils dénichaient un sac contenant 126 g de cannabis. Soit 93 g de résine et 33 g d’herbe.

"D’habitude, je laisse la marchandise chez moi"

Les deux touristes ont comparu menottés à l’audience de flagrance. Le président Florestan Bellinzona (*) est effaré à la lecture du dossier. « Qu’est-ce qui vous prend de vous balader avec une quantité de 135 g de haschisch ? » Les prévenus font part de leur surprise. « On ne pensait pas que cela allait nous tomber dessus. On passait un week-end à Nice. La destination monégasque n’était pas prévue. Mais une copine a suggéré de faire un tour à Monaco pour voir les voitures. »

 

Peu importe pour le magistrat. « La personne au volant conduisait après avoir consommé. La loi l’interdit, ici comme chez vous ! » Le passager reconnaît une consommation « de 5 à 10 g par jour. Je suis un grand fumeur. D’habitude je laisse la marchandise chez moi. Mais je n’ai pas eu le temps de repasser à mon domicile pour déposer les provisions faites pour ce voyage ».

La possibilité de financer une dépendance chiffrée à 500 e par semaine par un étudiant, stupéfait le président. En réponse : « Je fais des petits boulots à côté… »

"On ne savait pas"

Côté casier judiciaire, le palmarès du conducteur affiche cinq condamnations pour vols, violences, recels, stupéfiants. « Je suis sorti de prison en mars 2019. Maintenant, je travaille et j’avance dans ma réinsertion. Je voulais juste passer un week-end tranquille. On ne savait pas… C’est par les policiers que nous avons su que nous étions à Monaco. On n’avait pas l’intention d’aller dans un autre pays. »

Le problème, ce n’est pas l’étranger mais la quantité. « Ce n’était pas fait pour vendre les pochons à la sauvette sur la place du Palais, ironise le premier substitut Cyrielle Colle. Mais conditionnés, avec poids et prix inscrits, je me demande si ces sachets étaient véritablement destinés à une consommation personnelle. Ces jeunes gens sont des dangers publics, surtout en pleine crise sanitaire. Il faut les obliger à réfléchir : un mois ferme pour le conducteur ; six mois avec sursis dont huit jours ferme pour le passager. »

 

"Des faits tolérés dans une France laxiste"

En défense, Me Alice Pastor est lassée d’entendre « des faits réprimés à Monaco mais tolérés dans une France laxiste. Votre tribunal doit chaque fois expliquer raisons et reproches. Vous voyez bien que malgré la qualité, mes clients ne sont pas venus ici pour revendre. Il y a eu une coopération directe et sincère de chacun pour définir la vérité. Ils ont reconnu spontanément leurs fautes et assument leurs responsabilités. Ils ont la volonté de se réinsérer. Ces jeunes gens méritent que nous les aidions ».

L’avocate poursuit : « Ces huit jours ferme ne sont-ils pas dangereux pour leur réadaptation dans la vie sociale ? Augmentez plutôt le quantum au niveau de l’ajournement ! Un mois passé à la maison d’arrêt n’apportera rien de plus ! Optez également pour du sursis. »

À l’issue du délibéré, le tribunal requalifiera les faits de transport et importation de stupéfiants en détention aux fins d’usage personnel, avec des peines de six mois avec sursis pour le passager et quinze jours ferme pour le conducteur.

* Assesseurs : Geneviève Vallar et Aline Brousse.

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