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Deux mois de prison ferme pour un voleur de vélos dans une résidence de Monaco

Mis à jour le 07/02/2018 à 19:51 Publié le 07/02/2018 à 19:48
Le voleur de vélos était absent à l’audience correctionnelle.

Le voleur de vélos était absent à l’audience correctionnelle. Photo Michael Alesi

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Deux mois de prison ferme pour un voleur de vélos dans une résidence de Monaco

Le tribunal correctionnel de Monaco a condamné, en son absence, un individu au casier judiciaire bien fourni à deux mois de prison ferme pour le vol de deux vélos dans une résidence de la Principauté.

C’est à se demander si voler des vélos, à Monaco, n’est pas devenu un sport local. La pratique est désormais classique et répétitive: les cycles disparaissent dans la rue ou directement dans les halls, caves, cours d’immeuble. Et les prévenus, s’ils sont condamnés, comparaissent rarement devant le tribunal correctionnel. C’était le cas à l’audience d’avant-hier. Dès lors, seule la plaignante était à la barre pour raconter sa mésaventure.

Dans son lieu de résidence, à Fontvieille, elle avait l’habitude d’attacher ses deux bicyclettes ensemble. Mais le 20 mai dernier elles n’y sont plus! Quand cette femme dépose plainte, les policiers, afin de confondre l’auteur des faits, visionnent les enregistrements de la vidéosurveillance. Vers 14h30, ils aperçoivent un homme qui emporte les deux cycles et il se dirige ensuite vers Cap-d’Ail.

Version bizarre et ridicule

Les inspecteurs monégasques vont faire un véritable travail de bénédictin. Très patients et accros au moindre indice, ils vont, au cours de leurs recherches, contacter la gendarmerie de La Trinité. Une perquisition suivra au domicile d’un ressortissant espagnol, à Saint-André-de-La-Roche, et apportera les preuves de son intention délictueuse.

Les militaires retrouvent, en effet, la même chemise et les chaussures qui concordent avec couleurs et empreintes relevées par les enquêteurs sur les images. Le coupable, cerné, est bien obligé de reconnaître les faits, mais avec une explication à la fois bizarre et ridicule.

"Il avait mal aux pieds"

La présidente Geneviève Vallar relate ces propos. "Cet individu, sans profession, retournait en France pour prendre le train. Il avait mal aux pieds. Quand il a vu les vélos, il a été obligé de les emporter tous les deux car ils étaient attachés…"

Et de poursuivre: "Arrivé à Cap-d’Ail et dans l’impossibilité de désolidariser les deux cycles, il les a laissés sur la plage Marquet. Il a pris cette fois un bus pour rejoindre la gare de Roquebrune-Cap-Martin afin de monter dans un train. Il a également précisé aux gendarmes qu’il avait des problèmes psychologiques et qu’il avait avalé ce jour-là le double des médicaments prescrits…"

19 condamnations à son casier

Quant aux bicyclettes, elles n’ont jamais été retrouvées. Si son casier judiciaire monégasque est néant, le mis en cause, en revanche, est particulièrement connu de la justice française avec 19 condamnations pour escroqueries, vols, recels, stupéfiants… La partie civile va juste demander le prix des deux vélos: 2.000€, plus 200€ de dommages et intérêts.

Avec une pointe d’humour caustique dans ses réquisitions, le premier substitut Olivier Zamphiroff trouvera étrange que "le prévenu fasse un détour par la Principauté pour venir au Musée océanographique pour s’intéresser aux espèces marines en danger. Je déplore son absence! Pour quelle raison se retrouve-t-il dans une propriété privée et protégée? Avec un casier aussi étoffé, une peine de douze mois d’emprisonnement ferme s’impose".

Le tribunal sera plus clément en réduisant la condamnation à deux mois ferme. Sans oublier le versement de 2200 € à la victime.


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